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Une étude élucide le mécanisme de la perte d'odorat suite à une infection au Covid-19

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Une étude élucide le mécanisme de la perte d'odorat suite à une infection au Covid-19
L'anosmie est un symptôme fréquent lié au Covid-19. © Ruslan Zh/Unsplash

L'anosmie, ou la perte d'odorat, est un symptôme fréquent de la contamination au Covid-19 — en particulier chez les personnes ayant contracté une forme légère de la maladie. Elle peut également être accompagnée d'une altération, voire d'une perte du goût et des saveurs. Dans la grande majorité des cas, elle est passagère, mais il faut parfois plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour retrouver l'odorat. Le rôle du virus dans le processus d'anosmie était jusque-là mal compris, mais une équipe de chercheurs annonce avoir "élucidé les mécanismes impliqués dans la perte d'odorat" de patients infectés par le SARS-CoV-2.

L'étude, menée par des scientifiques de l'Institut Pasteur, du CNRS, de l'Inserm, d'Université de Paris et de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, a été publiée le 3 mai dans la revue Science Translational Medicine. L'Inserm explique dans un communiqué que le virus "infecte les neurones sensoriels et provoque une inflammation persistante de l'épithélium (tissu de cellules recouvrant les surfaces externes ou internes de l'organisme, ndlr) et du système nerveux olfactif".

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L'une des hypothèses admises jusqu'ici était qu'un "œdème transitoire au niveau des fentes olfactives empêchait le passage de l'air qui amène les molécules odorantes vers les cellules nerveuse olfactives" — la sensation de nez bouché ressentie lors d'un rhume. Or, l'Inserm précise que "cette étude montre de façon inattendue que les tests classiques RT-qPCR pratiqués sur les écouvillonnages nasopharyngés peuvent se révéler négatifs alors même que le virus persiste au fond des cavités nasales, dans l’épithélium olfactif". En clair, un brossage nasal peut révéler une infection là où le test PCR était revenu négatif.

Une porte d'entrée vers le cerveau

Les travaux de recherche ont identifié plusieurs étapes de la perte d'odorat, la première étant "la disparition des cils portés par les neurones sensoriels", qui "permettent la réception des molécules odorantes par les neurones sensoriels". La perte d'odorat est également la conséquence "d'une dégradation de l'organe sensoriel situé au fond des cavités nasales" : les neurones sensoriels peuvent être infectés, ainsi que le nerf olfactif et les centres nerveux olfactifs du cerveau, précise l'Inserm.

Des travaux réalisés sur des hamsters ont mis en avant le fait que "le virus, une fois entré dans le bulbe olfactif, se propage à d'autres structures nerveuses où il induit une importante réponse inflammatoire", expose Hervé Bourhy, de l'Inserm, co-auteur responsable de l'étude. C'est l'infection des neurones olfactifs qui pourrait expliquer pourquoi le SARS-CoV-2 peut provoquer des réactions psychologiques ou neurologiques — ces hypothèses doivent faire l'objet de nouvelles études. Quant à la durabilité de l'anosmie, elle peut être attribuée "à la persistance du virus et de l'inflammation dans la muqueuse olfactive", précise Marc Lecuit, co-auteur responsable de l'étude et responsable de l'unité Biologie de l'infection (Institut Pasteur, Inserm, Université de Paris, AP-HP).

Rééduquer son nez

Le processus n'est pas irréversible dans la majorité de cas. Un document de la Haute autorité de santé (HAS) indique que "la durée du processus de récupération dépendra de l'atteinte neurosensorielle et pourra aller de quelques mois à deux ans en moyenne", selon les typologies de virus déjà connues. La HAS précise qu'en cas de persistance 15 jours après le début des symptômes, le médecin peut proposer au patient des lavages de nez au sérum physiologique, "associés à une rééducation olfactive", qui doit être débutée "le plus rapidement possible". C'est, à l'heure actuelle, le seul traitement ayant prouvé son efficacité".

La rééducation olfactive consiste à solliciter la mémoire olfactive et en stimulant les narines en humant diverses senteurs caractéristiques (vanille, café, huiles essentielles…) deux fois par jour, associé à un cahier de suivi.

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