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Une forme de vie aurait pu exister sur Venus quand elle tournait aussi vite que la Terre

Une forme de vie aurait pu exister sur Venus quand elle tournait aussi vite que la Terre
© Centre de vol spatial Goddard de la NASA

Avec une température moyenne relativement constante de 462 degrés, jour comme nuit, Vénus est la planète la plus chaude de notre système solaire, selon Space.com. Pour rendre encore plus inhospitalier un environnement déjà hostile, l'atmosphère de la planète se compose principalement de dioxyde de carbone, selon des recherches publiées dans The Astrophysical Journal Letters. Cependant, Vénus n'a pas toujours connu de telles conditions extrêmes.

En collaboration avec la NASA et l'Université de Washington, des chercheurs de l'Université de Bangor ont découvert qu'il est possible que la surface de Vénus ait déjà été beaucoup plus froide et qu'elle ait même abrité des océans. Ils ont découvert que Vénus n'était peut-être pas aussi différente que la Terre après tout, ce qui s'expliquerait par la rotation de la planète. Vénus tourne maintenant dans la direction opposée à celle de la Terre, mais il est possible que Vénus ait déjà tourné dans la même direction que notre planète. Selon une théorie, l'impact d'un astéroïde aurait pu modifier la direction de la rotation de la planète, d'après Ask an Astronomer.

NASA

La planète tourne également à une vitesse relativement lente, réalisant un tour sur elle-même en 243 jours, selon Scientific American. C'est la lente rotation de la planète qui a empêché la formation de nouveaux océans liquides à sa surface. Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce seraient les océans de Vénus qui auraient été à l'origine de cette lenteur, selon l'océanographe de l'Université de Bangor, Mattias Green, et ses collègues de la NASA et de l'Université de Washington.

La friction entre un océan et son fond marin à marée basse et à marée haute agit comme une sorte de frein à la rotation d'une planète. C'est également le cas pour la Terre, mais de façon très limitée, ce qui fait que la journée moyenne est prolongée d'environ 20 secondes tous les millions d'années. Les chercheurs pensent que le "freinage" des marées pourrait avoir ralenti la vitesse de rotation de la planète, ce qui aurait fini par créer des conditions qui ont rendu la présence des océans sur la planète impossible.

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Pour confirmer ces idées, Mattias Green et ses collègues ont effectué une série de simulations sur un modèle numérique de marées. L'équipe a étudié comment les marées d'océans potentiels de différentes profondeurs ont pu influencer la vitesse de rotation de Vénus. Il semble qu'en l'espace de 10 à 50 millions d'années, les marées pourraient avoir ralenti la rotation de Vénus. Celle-ci serait passée d'une vitesse comparable à celle de la Terre à sa vitesse actuelle.

"Ce travail montre à quel point les marées peuvent être importantes pour remodeler la rotation d'une planète, même si l'océan n'existe que depuis quelques 100 millions d'années, et combien les marées sont essentielles pour rendre une planète habitable", a déclaré Mattias Green. D'après cette étude, il est tout à fait plausible que Vénus ait déjà été couverte par des océans et qu'une forme de vie ait même pu exister à un moment donné. La décélération de la vitesse de rotation de la planète aurait alors conduit aux conditions environnementales hostiles que l'on retrouve aujourd'hui sur Vénus.

Version originale : Ruqayyah Moynihan et Mischa Geörg/Business Insider Deutschland

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