A la fin de l'année dernière, le chercheur chinois He Jianku avait scandalisé la communauté scientifique en créant les premiers bébés génétiquement modifiés grâce à l'outil de modification de gènes baptisé "CRISPR-Cas9". L'objectif annoncé par le scientifique chinois était de rendre les jumelles résistantes au VIH, même si certains spécialistes le soupçonnaient d'avoir voulu augmenter les capacités intellectuelles des bébés. Une étude, publiée dans Nature Medecine et citée par Cosmos Magazine, indique que la mutation génétique introduite par He Jianku provoquerait un effet secondaire non voulu : un taux de mortalité plus élevé. 

Xinzhu Wei de l'université de Californie et Rasmus Nielsen de l'université de Copenhague ont déclaré que même si la mutation en question "protège contre le virus du sida et sans doute d'autres, comme celui de la variole", il semblerait "qu'elle réduise la protection contre d'autres maladies infectieuses telles que la grippe". Les raisons pouvant expliquer cette mortalité plus élevée ne sont pas encore connues.

Les scientifiques se sont basés sur les données de plus de 400 000 volontaires inscrits dans le registre britannique UK Biobank, qui sert de base à des études sur la génétique. Ils ont constaté que les personnes possédant naturellement cette mutation génétique avaient "20% de chances en moins d'atteindre l'âge de 76 ans". 

Les conclusions de cette étude rappellent la nécessité de mieux comprendre comment les conséquences non voulues de l'édition génomique pourraient impacter notre santé. Les chercheurs ont d'ailleurs conclu qu'"introduire des mutations chez les humains en utilisant des techniques d'ingéniérie génétique est considérablement risqué, même si ces mutations semblent présenter un avantage".

En Chine, la modification génétique des embryons humains n'est pas aussi strictement réglementée qu'en France, où l'utilisation de cette technique n'est autorisée "que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si elles n'ont pas pour but d'introduire une modification dans le génome de la descendance", d'après la convention d'Oviedo pour la protection des droits de l'Homme et de la dignité de l'être humain.

La peur générée par la technique CRISPR-Cas9 est qu'elle soit utilisée pour manipuler le génome humain à souhait — pour améliorer les capacités physiques ou intellectuelles de l'homme — et que ces changements s'inscrivent définitivement dans le génome des générations à venir. 

En janvier 2019, les autorités chinoises ont déclaré que le chercheur He Jianku était coupable de violations éthiques et devra en répondre sérieusement, rapportait l'agence de presse chinoise Xinhua. Mais le scientifique semble avoir disparu des radars depuis. 

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