Une nouvelle fonctionnalité de Facebook est détournée pour visionner des films piratés

Une nouvelle fonctionnalité de Facebook est détournée pour visionner des films piratés

Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook. AP Photo/Andrew Harnik

La nouvelle fonction de diffusion vidéo en direct de Facebook, Watch Party, a un grand succès et rassemble des utilisateurs du monde entier. Il y a juste un problème : certains l'utilisent d'une manière que Facebook n'avait pas prévu, et qui est certainement illégale. Lancé auprès de tous les utilisateurs en novembre, Watch Party permet d'organiser des événements pour visionner des vidéos avec des amis et d'autres personnes sur le site, leur permettant également de commenter ou de réagir en temps réel à ce qui se passe à l'écran.

Mais elle s'avère également extrêmement populaire auprès des pirates, a constaté Business Insider US, les internautes utilisant en masse cette fonctionnalité pour diffuser sur Facebook des films et des séries protégés par le droit d'auteur. Nous avons constaté que l'usage illicite de cette fonctionnalité était fréquent sur le réseau social, diffusant plusieurs contenus, allant de films relativement récents comme "Her", jusqu'à des classiques du cinéma comme "Mean Girls" ou des anciennes séries comme "La quatrième dimension".

Des utilisateurs de Facebook peuvent utiliser le chat pendant qu'ils regardent une retransmission de l'émission de cuisine de Gordon Ramsay. Capture d'écran Business Insider

Des groupes se sont créés spécialement pour organiser ces soirées, avec des noms comme "Super Film Club Watch Party" et "Watch Party Cinema", qui comptent souvent des centaines, voire des milliers d'utilisateurs et ne cherchent pas à cacher leur but. "Watch Party Central Movie Lovers Unite" s'est ouvertement présenté comme "un lieu où les cinéphiles peuvent regarder ensemble gratuitement des films et en discuter", tandis qu'un autre groupe a écrit : "Le jeu est simple. Chaque vendredi, un membre choisit un film et nous le regardons tous. Nous discutons ensuite sur le film et l'évaluons."

Les "Watch Parties" se sont également constituées à partir de groupes sans autre lien que de rassembler des membres. "It's 2005 and this is cool as hell" (en français "On est en 2005 et c'est trop cool") est un exemple de groupe qui a accueilli ces événements régulièrement, et dont les notifications de Facebook ont prévenu jusqu'à 119 000 membres. Facebook a depuis démantelé les groupes énumérés ci-dessus, après avoir été contacté par Business Insider US pour obtenir un commentaire.

Les utilisateurs de Facebook regardent illicitement un épisode de "Drake & Josh", la série de Nickelodeon. Capture d'écran Business Insider

Dans une déclaration à Business Insider US à propos du démantèlement de ces groupes, une représentante de Facebook, Carolyn Thomas, déclare : "Nous consacrons beaucoup de ressources à la lutte contre le piratage, et à la prévention du piratage de toutes les vidéos sur Facebook, y compris dans Watch Parties. Nous avons mis en place plusieurs mesures pour lutter contre les contenus contrefaits, y compris notre programme de signalement et de retrait, notre politique concernant les pirates répétés, notre gestionnaire des droits et l'utilisation d'Audible Magic."

Elle a ajouté : "Nous prenons rapidement des mesures contre les atteintes à la propriété intellectuelle dès que nous en prenons connaissance, et désactivons les comptes des pirates récidivistes le cas échéant. Dans ce cas, les groupes n'ont pas respecté nos normes communautaires en matière de propriété intellectuelle et ont été supprimés".

Néanmoins, tous les groupes de Watch Party ne cherchent pas nécessairement à violer le droit d'auteur : Facebook a le droit de diffuser les séries "Buffy", "Angel" et "Firefly" aux Etats-Unis, ce qui signifie qu'il est tout à fait possible d'organiser autour d'eux un visionnage de groupe — et au moins un groupe que nous avons vu est consacré à cela pour "Firefly".

Toutefois, Facebook a une longue histoire de violation du droit d'auteur sur la plateforme. En 2018, Business Insider US rapportait que les groupes étaient largement utilisés pour partager des fichiers piratés de films populaires. Certains pouvaient atteindre des centaines de milliers de membres. Et les créateurs de contenu se plaignent depuis des années du "freebooting", lorsque des utilisateurs malveillants obtiennent des copies de vidéos sur d'autres plateformes comme YouTube et les téléchargent ensuite sur Facebook sans leur permission.

Un utilisateur rappelle dans une publication qu'il prépare un "Watch Party". Capture d'écran Business Insider

La mission déclarée de Facebook est de "donner aux gens le pouvoir de construire une communauté et de se rapprocher les uns des autres", mais l'adoption de Watch Party par les pirates montre que les fonctionnalités de Facebook servant à construire une "communauté" ne sont pas limitées à des usages vertueux. Et plus encore, cela représente un changement notable dans l'évolution du piratage.

Historiquement, ce type de violation du droit d'auteur était, pour la plupart des gens, une activité fondamentalement solitaire — il s'agissait pour une personne de télécharger une vidéo spécifique ou de regarder un film en streaming. Tout forum ou groupe de discussion axé sur le piratage était en grande partie adjacent à l'activité illégale, plutôt qu'un élément central de celle-ci.

Mais Watch Party introduit un aspect social au piratage, sans exiger aucun savoir-faire technique de la part des utilisateurs. Il transforme le piratage une sorte d'expérience télévisuelle communautaire, où les utilisateurs parlent du contenu piraté qu'ils regardent, discutent les uns avec les autres dans les commentaires, ou même établissent des fils de discussion pour discuter de ce qu'ils devraient regarder ensemble ensuite.

Les utilisateurs s'envoient des messages pendant qu'ils participent à une soirée de films d'horreurs. Après avoir fini 'Insidious : la dernière clé', ils ont regardé 'Baba Yaga'. Capture d'écran Business Insider

Facebook a déjà nié sa responsabilité dans le partage de contenus illégaux. Lorsque Business Insider US a contacté l'entreprise en 2018 au sujet des groupes axés sur le piratage, elle a refusé de les démanteler, affirmant qu'à moins que les détenteurs de droits ne se plaignent, elle ne pouvait pas être certaine que les vidéos étaient partagées illégalement — même si elles étaient clairement enregistrées dans les salles de cinéma par des personnes utilisant des caméras portables.

Version originale : Rob Price/Business Insider

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  1. patric

    il y'a toujours des méthodes bien efficaces. je connais quelques techniques si vous avez besoin d'un petit services de piratage je suis au0666212086 . Après on reste gentil je trouve ce forum très utile a la culture des uns et des autres..

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