Une nouvelle planète géante a été découverte par des astronomes et elle fait près de 10 fois la masse de Jupiter

Vue d'artiste du système β Pictoris. Au moins deux planètes géantes, âgées de 20 millions d'années environ, orbitent autour de l'étoile (non visible). P. Rubini/A.M. Lagrange

On ne connaît pas encore son visage, mais on sait qu'elle existe. Une deuxième planète géante a été découverte dans le système β Pictoris, une étoile plutôt jeune, âgée de 23 millions d'années, et située à 63,4 années-lumière. C'est une équipe de chercheurs dirigée par Anne-Marie Lagrange, directrice de recherches au CNRS à l'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble, qui est à l'origine de cette trouvaille. Cette planète baptisée "β Pictoris c" (prononcé Bêta Pictoris C) pèse près de dix fois la masse de la géante gazeuse Jupiter, parcourt son orbite en 1200 jours et est située de son étoile à une distance équivalente à celle entre le Soleil et la ceinture d'astéroïdes.

"Pour l'instant, on sait qu'elle existe, mais on n'a pas encore d'image, car elle se trouve très près de son étoile", a indiqué Anne-Marie Lagrange à Business Insider France. En effet, β Pictoris c est située 3,3 fois plus près de son étoile que l'est β Pictoris b, l'autre planète de ce système. Et cette proximité a rendu sa détection difficile : "plus la planète est près de son étoile, plus on est aveuglé par la lumière de l'étoile et donc il devient difficile de distinguer la planète. C'est comme si on essayait de voir un grain de poussière situé à un mètre d'un phare lui-même situé à des centaines de kilomètres de l'observateur", a expliqué la scientifique.

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β Pictoris c a ainsi été détectée de manière indirecte, autrement dit en observant les effets produits par la planète sur son étoile. Et pour parvenir à ce résultat, il a fallu utiliser plus de 10 ans de données obtenues avec l'instrument HARPS à l'Observatoire de La Silla de l'ESO, au Chili. Mais les chercheurs ont encore beaucoup de travail devant eux. La prochaine étape consistera à raffiner son orbite, essayer de détecter la planète par imagerie directe pour dévoiler son visage, déterminer la composition de son atmosphère... Tout cela devrait prendre au moins cinq ans, a estimé Anne-Marie Lagrange. En tout cas, les deux géantes de ce système planétaire ne sont pas habitables, puisqu'il s'agit de gazeuses — il n'y a pas de sol physique comme sur les planètes dites telluriques. 

Un système planétaire incroyable

Le système β Pictoris dans lequel se trouve les deux planètes géantes est "le seul système aussi complexe que l'on ait jamais vu". "C'est un système monstrueux par rapport à notre système solaire, son étoile étant 1,5 fois plus massive que le Soleil. Et il s'agit d'un système incroyable avec un disque de poussières, deux planètes géantes, des exocomètes autour de cette étoile", a précisé la chercheuse du CNRS. C'est notamment les dynamiques entre les différents éléments composant ce système qui intéressent les chercheurs.

Par ailleurs, le fait que son étoile soit relativement jeune — 23 millions d'années — et qu'elle se situe "seulement" à une soixantaine d'années-lumière de la Terre est une chance unique pour les scientifiques. "Cela pourrait nous permettre de comprendre la façon dont les systèmes planétaires se forment et évoluent dans leur jeunesse", a expliqué Anne-Marie Lagrange. Ce qui pourrait nous en apprendre davantage sur la formation de notre propre système. Contrairement à ce qu'on pensait auparavant, les planètes peuvent bouger au cours du temps et ne se situent pas à l'endroit exact où elles se sont formées.

Les données du satellite Gaia de l'Agence spatiale européenne (ESA) et du futur Extremely Large Telescope, actuellement en construction au Chili devraient permettre aux scientifiques d'en apprendre davantage sur ce système planétaire complexe.

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