Publicité

Vaccin AstraZeneca : l'Allemagne suspend à son tour la vaccination

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Vaccin AstraZeneca : l'Allemagne suspend à son tour la vaccination
C'est au tour de l'Allemagne de suspendre la campagne de vaccination réalisée à l'aide du vaccin AstraZeneca. © Getty Images/picture alliance
Publicité

Le vaccin anti-Covid d'AstraZeneca est-il dangereux? Plusieurs pays l'ont d'ores et déjà suspendu après de graves problèmes sanguins chez des vaccinés. L'Allemagne est le dernier en date à le faire, "à titre préventif", après le signalement d'effets secondaires, a annoncé lundi 15 mars le ministère de la Santé. Depuis une semaine, il y a rarement une journée sans qu'un pays suspende le vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 : soit la mesure ne concerne qu'une partie des vaccins en circulation, soit elle est totale et bloque tout usage sur le territoire.

L'Autriche a lancé le mouvement le 8 mars dernier en suspendant un lot de vaccins après la mort d'une infirmière qui venait de recevoir une dose d'AstraZeneca. La femme de 49 ans est décédée à cause d'une mauvaise coagulation sanguine. Depuis, d'autres pays, dont l'Italie, ont suspendu des lots isolés. Plusieurs pays scandinaves — Danemark, Norvège, Islande — sont allés plus loin en suspendant tous les vaccins AstraZeneca, suivis dimanche par les Pays-Bas. Hors de l'Europe, la République démocratique du Congo, l'Indonésie et la Thaïlande ont reporté leur campagne de vaccination.

À lire aussi — L'UE autorise le vaccin contre le Covid-19 en une seule dose de Johnson & Johnson

Un principe de précaution qui divise les chercheurs

Mais rien n'indique un lien de cause à effet et l'emballement des autorités de santé divise les professionnels. "Ça n'a aucun sens (de) procéder à des arrêts de cette vaccination", s'étonnait lundi Bruno Riou, cadre de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), sur France Inter. "C'est comme si on disait: 'Il y a eu un accident de voiture chez un vacciné, on va interdire la conduite ou supprimer la vaccination' !"

À chaque fois, les autorités sanitaires réagissent à des cas, dans leur pays ou à l'étranger, où des personnes vaccinées ont développé des problèmes sanguins parfois mortels. Ce sont soit des difficultés à coaguler, comme en Autriche, soit la formation de caillots sanguins (thrombose). Mais les autorités concernées le reconnaissent : il n'y a aucun lien avéré entre ces problèmes de santé et le vaccin AstraZeneca, à part l'enchaînement chronologique. Si celui-ci est suspendu, c'est simplement le temps de s'assurer qu'un tel rapport n'existe pas.

C'est un classique principe de précaution qui a l'aval de certains chercheurs. "Quand on utilise un produit relativement récent comme tous ces nouveaux vaccins, on doit les surveiller comme le lait sur le feu et dès qu'il y a un signal, même si on n'y croit pas, il faut tout arrêter", estimait jeudi la vaccinologue suisse Claire-Anne Siegrist sur la RTS.

'On va trop loin en empêchant les gens de recevoir des vaccins qui peuvent leur éviter de tomber malade'

Mais l'approche laisse perplexe nombre d'autres professionnels, qui pointent que ces problèmes de santé ne semblent pas plus fréquents après le vaccin AstraZeneca qu'après les autres actuellement distribués en Europe, Pfizer/BioNTech et Moderna. C'est d'ailleurs l'argument employé par le groupe lui-même.

Dans un communiqué publié dimanche, AstraZeneca souligne que les cas de thromboses après avoir reçu son vaccin sont "similaires" à ceux de ses homologues. Ces affirmations sont appuyées par les chiffres officiels du Royaume-Uni, l'un des pays les plus avancés dans sa campagne de vaccination. Ils témoignent par ailleurs du caractère extrêmement rare des thromboses. Il y en a eu 35 sur les 9,7 millions de personnes ayant reçu une dose AstraZeneca — soit 0,0004% — et 24 sur les 10,7 millions de vaccinés Pfizer/BioNTech — soit 0,0002%. Dans chaque catégorie, il n'y a qu'un seul décès.

"Manifestement, la proportion (...) n'est pas différente", souligne dans un communiqué Stephen Evans, épidémiologiste à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, cité par l'organisme Science Media Centre, et qui regrette la suspension du vaccin dans de multiples pays. "C'est tout à fait raisonnable d'étudier attentivement les liens entre vaccins et problèmes de coagulation, mais on va trop loin en (empêchant) les gens de recevoir des vaccins qui peuvent leur éviter de tomber malade", insiste-t-il. Selon AstraZeneca, les cas de thromboses sont même nettement moins fréquents que la moyenne dans la population.

Plus d'effets indésirables pour le vaccin AstraZeneca

Cela ne veut pas dire pour autant que le vaccin est sans effet indésirable. En France, les données du régulateur des médicaments, l'ANSM, montrent qu'ils sont plus fréquents à être signalés chez des vaccinés AstraZeneca (0,66%) que Pfizer/BioNTech (0,19%) ou Moderna (0,12%).

Ils sont généralement sans gravité. Mais certains peuvent être très graves comme des réactions allergiques qui empêchent de respirer. L'Union européenne les a ajoutées voici quelques jours à la liste des effets secondaires potentiels du vaccin AstraZeneca, même si les cas sont exceptionnels : 41 sur cinq millions de personnes déjà vaccinées.

À lire aussi — Des autotests Covid-19 devraient être disponibles en vente libre dès cette semaine

Découvrir plus d'articles sur :