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'Vampires' sur Netflix : une série qui renouvelle (un peu) le genre

'Vampires' sur Netflix : une série qui renouvelle (un peu) le genre
Suzanne Clément et Oulaya Amamra dans "Vampires". © Emmanuel Guimier/Netflix

Après "Marianne" et "Mortel", Netflix continue d'explorer le genre du fantastique avec ses productions françaises. Ce vendredi 20 mars, la plateforme de streaming met en ligne "Vampires", une série en six épisodes qui, comme son nom l'indique, s'intéresse à ces créatures mythiques assoiffées de sang, déjà bien présentes sur les écrans ces dernières années, de "Twilight" à "True Blood". On pense aussi à "The Vampire Diaries", série s’adressant aux adolescents et jeunes adultes, comme ici. Ce n'est pas la première fois que Netflix s'intéresse au genre cette année : le service de streaming a co-produit la mini-série "Dracula" avec la BBC, mise en ligne début janvier.

Dans "Vampires", on est cependant bien loin de l'ambiance victorienne du personnage de Bram Stoker. Ici, l'action se déroule à Paris, dans le quartier de Belleville, de nos jours. Netflix a fait appel à Benjamin Dupas, auteur de plusieurs épisodes de "Kaboul Kitchen", "Dix pour cent" et "Vernon Subutex", pour endosser le rôle de showrunner. Il a co-créé la série avec Isaure Pisani-Ferry, elle aussi scénariste de "Kaboul Kitchen". Deux auteurs aux références plutôt moderne, qui donnent une idée de l’ambiance de la série.

Dans le premier épisode, on découvre que les vampires vivent parmi nous. La famille de Martha Radescu (Suzanne Clément) vit clandestinement. Ils ne peuvent pas sortir la journée, et se nourrissent de sang récupéré dans la boucherie où l'aîné Andrea (Pierre Lottin) travaille. Doïna (Oulaya Amamra), la fille cadette, est différente des autres : elle est à la fois vampire et humaine. Une situation qui devient rapidement difficile à tenir pour l'adolescente, qui doit à la fois gérer sa vie de lycéenne et ses pulsions de suceuse de sang.

La série réemploie de nombreux ressorts classiques des histoires de vampires. Doïna est une adolescente en pleine rébellion, qui désobéit à sa mère, et l'arrivée de ses capacités de vampire agit comme une métaphore de la puberté : son corps change, elle est de plus en plus attirée physiquement par son camarade Nacer (Dylan Robert). Mais la série a au moins une originalité par rapport à des œuvres comme “Twilight” ou “Vampires Diaries” : elle renverse le schéma de la jeune femme attirée par le mystérieux vampire. Ici c’est Doïna qui est un danger pour les autres.

Un teen show dans l'air du temps

L’intrigue principale reste assez classique. Elle oppose deux familles rivales. Entre Martha, la mère du clan Radescu, qui veut que ses deux plus jeunes enfants — Doïna et son frère Andrea (Mounir Amamra) — vivent une vie normale le jour, et la famille Nemeth, à la tête de la communauté de vampires qui vit secrètement à Paris, qui veut que les créatures restent entre elles. Mais tout n’est pas si binaire, puisque les deux ainés du clan Radescu, nés d’un autre père, jouent un jeu trouble.

La série assume les codes et le folklore des vampires avec un premier degré qui fait parfois sourire, et celle-ci alterne les scènes visuellement très réussies (souvent la nuit) avec des moments qui rendent beaucoup moins bien. Les scènes en extérieur la journée font notamment le pari d’une photographie très blanche pour souligner la présence du soleil, et le résultat est loin d’être agréable à regarder.

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Le principal intérêt de “Vampires” reste toutefois le décor. En plaçant sa série dans un Paris moderne et populaire, avec un casting diverse, Netflix offre un teen show dans l’air du temps qui, pour le coup, tranche avec les oeuvres américaines avec lesquelles on pourrait comparer la série.

La distribution aide aussi à faire de “Vampires” un bon divertissement pendant ses six épisodes. Oulaya et Mounir Amamra sont convaincants. Suzanne Clément surjoue peut être un peu, mais son rôle de mère hyper dévouée en demande beaucoup. Les personnages secondaires manquent cependant d’épaisseur. Difficile de trop en demander sur seulement six épisodes, espérons qu’une saison deux permettra d’aller plus loin.

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