Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Veolia et Suez annoncent finalement un accord en vue d'un rapprochement

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Veolia et Suez annoncent finalement un accord en vue d'un rapprochement
Les groupes Veolia et Suez viennent d'annoncer un rapprochement après des mois de bataille judiciaire. © Getty Images / Bloomberg

C'est une union qui aura eu du mal à se faire. Après plusieurs mois d'invectives, Veolia et Suez ont enterré la hache de guerre : les deux fleurons français de l'eau et des déchets ont annoncé lundi 12 avril un accord de principe pour leur rapprochement, qui donnera naissance à un "champion mondial de la transition écologique". "Toutes les parties prenantes des deux groupes sortent (...) gagnantes. Le temps de l'affrontement est terminé, le temps du rapprochement commence", s'est réjoui le PDG de Veolia, Antoine Frérot, cité dans le communiqué.

"Nous avions appelé de nos vœux une solution négociée depuis de longues semaines et nous avons aujourd'hui trouvé un accord de principe qui reconnaît la valeur de Suez", a souligné de son côté le président du groupe concurrent de Veolia, Philippe Varin, dans le même communiqué. D'un vaste désaccord initial, les deux entreprises sont parvenues à une série de compromis et espèrent conclure des accords définitifs d'ici au 14 mai. Veolia a notamment accepté de relever son offre à 20,50 euros par action Suez — il proposait initialement 18 euros, un montant jugé insuffisant par son rival qui exigeait 22,50 euros par titre.

À lire aussi — Accor, Air France... Les entreprises du SBF 120 qui ont subi la plus forte chute de leur chiffre d'affaires en 2020

Les actions de Suez et Veolia bondissaient lundi à la Bourse de Paris après l'annonce d'un accord en vue de leur rapprochement : à 11h, dans un marché atone, le titre Veolia grimpait de plus de 8%, tout comme celui de Suez. Ce dernier, coté à 19,94 euros, approchait ainsi du prix proposé dans le cadre de l'offre.

Un 'champion mondial de la transformation écologique' pesant 37 Mds€ de chiffre d'affaires

Le prix finalement retenu valorise l'ensemble de Suez à environ 13 milliards d'euros. Ce rapprochement doit permettre la constitution d'un "champion mondial de la transformation écologique" dans un marché de plus en plus concurrentiel, avec un chiffre d'affaires d'environ 37 milliards d'euros, selon le communiqué de lundi. Dans le même temps, un "nouveau Suez" doit être mis sur pied. Il sera détenu par des actionnaires majoritairement français comprenant des partenaires financiers des deux groupes— non précisés à ce stade — et les salariés.

Son périmètre intègrera les activités actuelles de Suez dans l'eau municipale et le déchet solide en France, ainsi que d'autres activités de l'entreprise "notamment dans l'eau" et dans plusieurs zones géographiques dont l'Italie, l'Afrique, l'Inde, la Chine et l'Australie. Décrit comme "cohérent et pérenne sur le plan industriel et social" avec "un réel potentiel de croissance", cet ensemble devrait afficher un chiffre d'affaires de l'ordre de 7 milliards d'euros.

'Un réel sentiment de trahison de la part du conseil d'administration' pour la CGT

Du côté des syndicats, on se réjouit beaucoup moins. Le secrétaire CGT du comité d'entreprise européen de Suez a exprimé son mécontentement, après l'annonce d'un accord intervenu avec Veolia. "On l'a appris par Twitter et communiqué de presse et on a un réel sentiment de trahison de la part du conseil d'administration, qui semble s'être couché face à la pression de Veolia alors que les moyens de négocier autre chose existaient", a déploré Franck Reinhold von Essen auprès de l'AFP.

"Nous voulons être partie prenante par rapport à toute négociation en cours. Or, c'est très flou. De prime abord, le périmètre ne nous satisfait pas car on parle de 6,9 milliards qui constituerait le 'nouveau Suez', ce qui ne fait pas la taille critique qui permettrait de garantir la pérennité des emplois par le développement de l'entreprise", a-t-il ajouté. "Nous n'avons pas été associés à ce pré-accord, ce qui est frustrant. L'accord définitif serait le 14 mai, ce qui nous laisse penser que tout n'est pas fini. Nous allons essayer d'obtenir le détail de ce pré-accord", a-t-il conclu.

Une bataille de plusieurs mois

Multiplication des recours en justice, invectives par voie de presse, coups de pression et de semonce... Les deux groupes français s'affrontaient depuis l'année dernière, notamment depuis l'acquisition par Veolia en octobre de 29,9% de Suez auprès d'Engie. Veolia avait ensuite lancé une OPA sur le reste des actions Suez. En parallèle, chacun affichait régulièrement sa volonté de tendre la main à son rival, mais à ses conditions, donnant l'impression d'un dialogue de sourds.

L'affaire avait aussi pris un tournant politique, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, intervenant à plusieurs reprises, et encore fin mars, pour estimer qu'un accord restait "possible" entre les deux rivaux. La tension était montée d'un cran supplémentaire lorsque Suez avait annoncé la semaine passée avoir signé un accord pour vendre à l'australien Cleanaway son activité "recyclage et valorisation" dans ce pays, que Veolia considérait comme "stratégique".

L'accord annoncé lundi prévoit en outre la suspension des procédures juridiques en cours, ainsi que la désactivation d'une fondation néerlandaise prévue par Suez pour chapeauter ses actifs Eau France et en empêcher la cession. Veolia lui avait encore demandé d'y renoncer début avril.

À lire aussi — Alstom, Engie, BNP Paribas... Ces entreprises sortiraient du CAC 40 si elles devaient payer leur facture carbone

Découvrir plus d'articles sur :