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Veolia parvient à s'emparer de 29,9% de Suez mais va encore devoir batailler

Veolia parvient à s'emparer de 29,9% de Suez mais va encore devoir batailler
Camion de collecte des déchets de Suez. © Kevin. B/ Wikimedia Commons

Veolia a remporté une manche mais la bataille est encore loin d'être finie. Le groupe Suez a dénoncé mardi 6 octobre des "conditions inédites et irrégulières", au lendemain de l'accord sur le rachat par Veolia de 29,9% de son capital détenu par Engie, une opération qu'il continue de considérer comme "hostile". Lundi soir, le conseil d'administration d'Engie a décidé d'accepter l'offre de Veolia et de lui vendre ses parts, en dépit du vote contraire de l'Etat, actionnaire à hauteur de 22% d'Engie. L'Etat ne voulait pas cautionner une opération qui ne serait pas amicale.

Selon des sources proches du dossier, les deux administrateurs CFDT d'Engie n'ont pas pris part au vote, tandis que l'administrateur CGT aurait voté contre et que l'administrateur CGC aurait voté en faveur de l'opération, contre l'avis de sa fédération. Mardi matin dans un communiqué, Suez dit "prendre acte de la reprise par Veolia de 29,9% de son capital, d'une manière hostile et dans des conditions inédites et irrégulières", sans donner aucun détail supplémentaire. L'offre améliorée de Veolia, qui propose à Engie 3,4 milliards d'euros (18 euros par action) pour 29,9% de Suez, expirait lundi à minuit.

Le fonds d'investissement Ardian, dont Suez espérait le secours, n'a finalement pas déposé d'offre alternative.

Une OPA hostile au prix de 18 € par action

Le bras de fer entre les deux fleurons français de l'eau et du traitement de déchets agite la place de Paris depuis que Veolia a annoncé fin août son intention de créer un géant mondial en rachetant l'essentiel de la participation d'Engie dans Suez, avant de lancer une offre publique d'achat (OPA) sur le solde des actions. Veolia a confirmé lundi, dans un communiqué, son intention de lancer une OPA, au prix là encore de 18 euros par action. Et l'entreprise a précisé toujours vouloir céder les activités de Suez dans l'eau en France au fonds Meridiam, afin de garantir la "préservation de la concurrence".

Mais Suez a placé en septembre sa filiale Eau France dans une fondation aux Pays-Bas pour empêcher cette opération et l'OPA hostile de Veolia. Les prochains mois s'annoncent très tendus entre les deux groupes.

Le gouvernement appelle à la discussion

Lundi, l'intersyndicale CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, FO de Suez avait demandé à l'État de "surseoir à sa décision" et "la tenue d'une commission d'enquête parlementaire", "afin de comprendre ce qui se passe et surtout pour éviter en cette période de crise économique et Covid sans précédent, un massacre social cautionné par le ministre de l'Économie et le gouvernement".

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a appelé mardi Veolia et Suez à reprendre les discussions. L'opération de fusion "ne fonctionnera pas" sans accord entre les deux groupes, a-t-il estimé sur France Info. "Je souhaite que les discussions reprennent tout de suite", a ajouté le ministre, dénonçant "l'intransigeance" de Suez et "la précipitation" de Veolia.

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