Vous pensez que 12 CD pour un dollar, c'est trop beau pour être vrai? Eh bien, au milieu des années 90, cette offre représentait plus de 1,5 milliard de dollars de chiffre d'affaires pour l'industrie de la musique. Larry Miller, professeur à l'Université de New York, aide à comprendre comment les clubs de musique comme Columbia House et BMG Music Service ont gagné beaucoup d'argent avec ce modèle, dit de l'abonnement par défaut.

Voici une transcription de la vidéo.

Avez-vous déjà reçu des piles de CD à prix cassé?

Commercial: Columbia House, assez grand pour vous offrir le meilleur du divertissement

Columbia House et BMG Music Services proposaient des offres incroyables. environ 8 CD pour quasiment rien livrés chez vous, à condition d’en acheter un autre, au prix public et vous en aurez trois de plus gratuitement. C'est trop beau pour être vrai, non? Comment une telle chose peut-elle rapporter de l'argent?

Commercial: Rappelez-vous, c'est notre secret. Alors surveillez votre courrier pour ce paquet de Columbia.

Larry Miller: Vous pouviez souscrire à ces offres pour un penny, recevoir plein de musique pour presque rien, pourvu que vous ayez promis d'acheter une certaine quantité de musique dans l'année qui suit au prix normal pratiqué par les labels.

C'est Larry Miller. Il est professeur à l'Université de New York et vétéran de l'industrie de la musique avec un podcast sur l'industrie, Musonomics.

Larry: Le tarif normal auquel vous achetiez les CD était le prix public pratiqué dans le commerce, soit environ 17,98$, 18,98$, 19,98$ auquel il fallait ajouter les frais de port.

Ces prix et les frais d'expédition étaient la clé du succès du club. Columbia House, BMG Music et d'autres clubs pratiquaient ce qu'on appelle l'abonnement par défaut.

Larry: Les clubs proposaient de la musique aux consommateurs par le biais d'un catalogue tous les mois environ... En fait c'était plus souvent et dans certains cas, ils expédiaient 21 catalogues différents chaque mois. Et pour chaque catalogue, il fallait renvoyer une carte postale dans les dix jours suivant la réception de ce catalogue indiquant que vous ne souhaitiez pas la sélection du mois. Si vous ne le faisiez pas à temps, ou si vous l'oubliez tout simplement, vous receviez ce disque et, bien sûr, vous étiez facturé pour ça.

Si on oubliait de retourner la carte, il fallait payer environ 22$ au club pour un CD qu'on ne voulait pas au départ. Mais on ne vous prenait toujours que quelques dollars pour l'envoi de 11 autres albums. Cela ne semble toujours pas viable, surtout lorsque les magasins vendaient des CD à partir de 14$.

Larry: Ils signaient de contrat de licence avec les principales maisons de disque pour exploiter les masters sur des supports physiques. Et ils étaient en mesure de fabriquer ces disques au coût d'environ 1,50$ chacun. Dans bien des cas, c'étaient des pressages de qualité inférieure sur vinyle et CD et vous n'obteniez peut-être pas les paroles complètes ni les jolis encarts. Même les petits livrets inclus dans le CD n'étaient pas aussi beaux que ceux que vous trouviez très souvent dans le magasin. En pressant leurs propres albums, les clubs gagnaient entre 5$ et 6$ par album vendu. Même en tenant compte de tous les albums gratuits qu'ils ont envoyés.

Il s'est avéré qu'il s'agissait d'une marge suffisante pour exploiter ces entreprises qui, ensemble, généraient environ un milliard et demi de dollars de revenus, soit environ 15% du volume de l'industrie américaine du disque au sommet, vers 1996 environ
pour les clubs. Cependant, ce 1,5 milliard n'allait pas vraiment à tout le monde. 

Larry: Les CD que vous obteniez pour un penny comptaient comme des biens gratuits or il n'y avait pas de royalties sur des produits gratuits. On ne sait pas encore aujourd'hui exactement combien de ces royalties ont été versées aux artistes-interprètes. Elles n'ont été payées que pour les produits achetés, et même là, c'était à hauteur de trois quarts du taux régulier si le disque avait été acheté chez un disquaire.

La plupart des artistes et des compositeurs ne touchaient rien sur ces albums gratuits. 

Larry: Cependant, la vente des disques a compté dans le calcul de l'or et du platine
selon la place dans les charts.

Donc pas d'argent, mais vous pourriez vous retrouver avec un gros trophée. Aujourd'hui, les clubs de ce type ont disparu et des services comme Spotify et Apple Music ont pris leur place avec l'accès à presque toutes les chansons que vous voulez pour 10€ par mois. ces services sont-ils aussi une mauvaise affaire pour les artistes?

Larry: Je crois qu'au fur et à mesure que le streaming s'installe que la pénétration des smartphones continue de croître comme elle l'a fait et que les haut-parleurs intelligents et l'interactivité vocale commencent à s'installer, la consommation de musique va augmenter à un niveau que nous n'avions jamais connu auparavant.

Larry: Même si la somme d'argent par écoute est inférieure à ce que nous avions l'habitude à l'époque du CD ou du disque vinyle. 

Produit par Matthew Stuart et Clancy Morgan

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