L'ex-chef de la sécurité de Facebook réplique aux attaques de Tim Cook sur la vie privée et dénonce les pratiques d'Apple en Chine

Alex Stamos à la conférence de développeurs F8 en mai 2018. YouTube/JOM

Facebook s'est fait rosser verbalement, mercredi 24 octobre 2018, à Bruxelles, par Tim Cook. Le DG d'Apple a dénoncé vigoureusement devant les régulateurs européens la création de profils numériques à partir de nos "j'aime" et "j'aime pas" sur les réseaux sociaux et leur exploitation commerciale et politique.

Le discours de Tim Cook a poussé Alex Stamos, responsable de la sécurité de l'information chez Facebook de 2015 à 2018, à lui répliquer sur Twitter et mettre Apple face à ses contradictions. Il avait de quoi être piqué au vif: si Alex Stamos ne travaille plus chez Facebook, il était en fonction pendant la campagne électorale américaine, au cours de laquelle le réseau social a été exploité par des agents russes à des fins de propagande.

Alex Stamos a dénoncé les pratiques d'Apple en Chine, a relevé CNBC:

"Je suis d'accord avec presque tout ce que Tim Cook a dit dans son discours sur la vie privée aujourd'hui, ce qui explique pourquoi il est si triste de voir que les médias rapportent ses propos sans les placer dans le contexte des actions d'Apple en Chine."

Alex Stamos poursuit ensuite en détaillant les différentes "failles éthiques" qui pèsent sur Apple en Chine — des utilisateurs qui ne peuvent pas installer de VPN sur leurs terminaux pour échapper à la surveillance de l'Etat, au fonctionnement d'iCloud en Chine, en passant par les conditions de production des iPhones:

"Nous ignorons les conditions de travail dans lesquelles nos beaux appareils sont fabriqués, la censure et la surveillance nécessaires pour y expédier des applications, les conséquences environnementales des fermes à Bitcoin chinoises alimentées au charbon", a-t-il ajouté sur son fil Twitter.

Alex Stamos a quitté Facebook en août 2018 après un différend avec la direction du réseau social au sujet de la transparence de l'entreprise à l'égard des utilisateurs qui ont été manipulés pendant la campagne présidentielle américaine. 

Il est désormais chercheur et professeur à l'université de Stanford, en Californie, à quelques encablures du siège de Facebook de Menlo Park.

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