Marre des taux bas qui plombent le rendement de vos placements ? Du livret A et de sa rémunération annuelle de seulement 0,75% ? Envie de donner du sens à votre épargne ? Il existe tout un tas de placements alternatifs, plus ou moins originaux ou méconnus, qui permettent d'investir dans des projets concrets et l'économie réelle. Parmi eux, plusieurs donnent droit à des réductions d'impôt, qui peuvent être substantielles, comme lorsque vous contribuez au financement de la production cinématographique. D'autres offriront des avantages en nature, si vous investissez dans des exploitations viticoles par exemple. 

Ces différents investissements représentent en tout cas un moyen de diversifier votre épargne et d'éviter de placer tous vos oeufs dans le même panier. Il faut toutefois garder à l'esprit que ces placements sortant de l'ordinaire restent risqués, souvent sans garantie sur le capital investi. Le rendement et la réalisation d'une plus-value ne sont pas non plus assurés. "Il faut être extrêmement vigilant avant de se tourner vers des classes d'actifs exotiques", insiste Bertrand Tourmente, fondateur d'Althos Patrimoine.

Tout bon conseiller en gestion de patrimoine vous recommandera de ne pas investir plus de 5% de vos ressources financières dans ce type de placements, qui présentent toutefois l'avantage de ne pas être corrélés à l'évolution des marchés financiers, et donc de ne pas être directement affectés par un éventuel plongeon des cours de Bourse. 

Voici 10 placements atypiques que nous vous proposons de découvrir : 

Le vin, un placement pour les connaisseurs

"Le vin n'est pas un placement de néophyte", prévient d'emblée Angélique de Lencquesaing, cofondatrice d'iDealwine, un site spécialisé dans la vente aux enchères de vin. Investir dans ce domaine demande de s'intéresser au produit, de l'apprécier, au risque sinon d'acquérir des bouteilles qui ne prendront pas de valeur. "C'est un placement à moyen terme, minimum 6 à 10 ans", précise-t-elle, d'où l'importance de choisir des vins "de garde", qui vieilliront bien.

Il faut également disposer d'une cave présentant de bonnes conditions de conservation — une température contrôlée, une humidité suffisante pour éviter l'assèchement des bouchons. Pour empêcher que l'humidité n'abîme les étiquettes, "auxquelles la clientèle asiatique est particulièrement attachée", vous pouvez entourer les bouteilles de film transparent.

Côté sélection, il est important d'acheter des vins issus des vignobles de Bordeaux, de Bourgogne et de la Vallée du Rhône, qui représentent à eux trois "80% des ventes aux enchères". Le Bordeaux représente notamment une valeur "père de famille" (prudente), qui se revendra facilement. Dans la Vallée du Rhône, le Croze-Hermitage, le Côtes-Rôtie et le Saint-Joseph sont par exemple très recherchés.

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Vous pouvez compléter votre cave avec des vins de la Vallée de la Loire et du Languedoc, "où le rapport qualité-prix peut être intéressant", ainsi que des vins du Jura ou encore des Champagnes millésimés. Les gains à la revente peuvent être élevés. Rien que sur les 12 derniers mois, l'indice d'iDealwine 100, comprenant "les vins les plus représentatifs du vignoble français", a bondi de plus de 19%.

Les Sofica, pour financer le cinéma

Pour contribuer à la production de films et de séries, vous pouvez placer vos deniers dans des Sofica. La souscription d'une part au sein de ces Sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel vous permet d'accéder à une réduction d'impôt pouvant aller jusqu'à 48% du montant investi, si la Sofica consacre au moins 10 % de ses investissements à la réalisation de séries ou à l'exportation des œuvres françaises à l'étranger.

Pour bénéficier de cet avantage fiscal, vous devez conserver votre part pendant au moins cinq ans. Les versements éligibles à la réduction sont plafonnés à 18 000 euros et à 25% de votre revenu net global. Au total vous pouvez donc atteindre jusqu'à 8 640 euros de réduction d'impôt. 

La souscription minimale demandée est généralement de 5 000 euros, avec des frais de gestion annuel autour de 1,5% à 2%. Le rendement des Sofica est très aléatoire, de l'ordre de 1% à 2% an moyenne, selon Capital. Tout dépend si les films et séries produits rencontrent le succès. La liste des Sofica dans lesquelles vous pouvez investir est disponible sur le site du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

La presse, pour contribuer au financement de l'information 

Pour aider un journal à se financer, vous pouvez souscrire au capital d'une entreprise de presse. Une réduction d'impôt est accordée aux particuliers qui effectuent jusqu'au 31 décembre 2021 des versements pour souscrire en numéraire au capital initial ou aux augmentations de capital d'entreprises de presse exploitant un quotidien ou une publication d'information politique et générale (IPG). Les actions souscrites doivent être conservées au moins cinq ans pour pouvoir en bénéficier.

Cette réduction s'élève à 30% des sommes versées dans la limite de 5 000 euros par an. Elle peut donc atteindre jusqu'à 1 500 euros. La réduction fiscale est même portée à 50% du montant investi quand la société de presse a un statut d'entreprise solidaire de presse d'information. 

Pour souscrire au capital des entreprises de presse, il faut guetter les journaux faisant appel à leurs lecteurs pour lever des fonds. 

Les vaches, un investissement pour soutenir un éleveur

Si vous souhaitez soutenir financièrement un éleveur, vous pouvez investir dans des vaches laitières. Mais faites attention aux arnaques, qui fleurissent sur le web depuis le début de l'année, comme le souligne 60 Millions de Consommateurs. Il n'existe d'ailleurs pas encore de société d'investissement en cheptel bovin disposant de l'agrément obligatoire de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Pour investir, il est préférable de passer par l'Association française Investissement Cheptel (AFIC).

Les sociétés auprès desquelles vous pouvez acheter ces animaux réunissent des particuliers et constituent un troupeau dont la gestion est confiée à un exploitant agricole via un bail à cheptel, d'une durée usuelle de trois ans, précise Capital. La vente des génisses issues de ce troupeau, dont le prix dépend notamment du prix de la viande et du lait, constitue le rendement de ce placement.  

Après trois à cinq ans, un troupeau d'une vingtaine de vaches permet de vendre une génisse presque chaque année, selon Capital. Une vache laitière, qui doit être assurée contre le risque de maladie, d'épidémie et d'accident, vaut environ 1 500 euros. Au total, investir dans un cheptel peu offrir un rendement annuel de 3% à 4%, indique le titre de presse économique. 

Si vous cherchez un autre placement animalier, vous pouvez aussi acheter ou louer un cheval de course, comme le détaille Le Revenu

La forêt, pour un investissement durable

Pour donner du sens à votre épargne, vous pouvez placer votre argent dans une forêt, via un groupement forestier qui veillera au bien-être des arbres sur les hectares concernés. Le montant d'une part varie entre 10 000 et 300 000 euros. C'est un placement peu liquide qui s'envisage à long terme, surtout si vous souhaitez bénéficier de la réduction d'impôt de 18% du prix d'acquisition de la part achetée dans le groupement propriétaire de la forêt.

Cet avantage fiscal, dans la limite de  5 700 euros du prix de la part, s'applique seulement si vous investissez pendant une période d'au moins huit ans. Au total, vous pouvez espérer bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu d'un montant maximal de 1 026 euros. Ce type de placement peut aussi ouvrir droit à une réduction de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Il est difficile d'évaluer la plus-value réalisable à la revente de sa part. "Les forêts ont tendance à prendre 2% à 3% par an", selon Alexandre Juvé, fondateur du cabinet de gestion de patrimoine Epargne Plurielle. Il vaut mieux en tout cas éviter d'investir dans une forêt du sud de la France pour se préserver du risque d'incendie. 

Les vignes, pour un rendement distribué en caisses de Champagne

Sur le même principe que les forêts, vous pouvez acquérir des parts dans un groupement foncier viticole (GFV). "En Champagne, si vous investissez 18 000 euros au départ dans des vignes, vous pouvez obtenir un rendement annuel de 0,6% sous la forme d'une caisse de champagne, ou bien opter pour un versement en numéraire", assure Alexandre Juvé.

Là encore, il est possible de bénéficier d'une réduction d'impôt de 18% du montant de la part acquise au sein du GFV. Très convoitées, les terres en Champagne tendent à s'apprécier au fil des ans, "en moyenne de 7% par an sur les 20 dernières années", selon le gestionnaire de patrimoine. 

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D'une manière générale, investir dans un GFV permet de bénéficier de fortes décotes sur les bouteilles de vin.

Les oeuvres d'art, un investissement aussi accessible aux petits portefeuilles

Le marché de l'art est devenu bien plus transparent et accessible avec l'avènement d'internet. Et il n'est pas réservé qu'aux grandes fortunes. "Une belle photo originale signée de la main de l'artiste peut être acquise dès 800 à 1 600 euros", précise Thierry Ehrmann, le président-fondateur d'Artprice, leader mondial des données sur le marché de l'art. La photographie, comme le dessin, a gagné ses lettres de noblesse dans le milieu.

Et les artistes contemporains sont bien plus cotés aujourd'hui qu'il y a 30 ans. La période moderne, de 1900 à 1945, et ses nombreux courants comme le cubisme et l'impressionnisme, "fonctionne bien aussi", ajoute Thierry Erhmann. En revanche, l'ancien comprend peu d'oeuvres, du fait notamment de la démultiplication des musées qui les accaparent. 

Les oeuvres d'art peuvent s'acheter en galerie ou lors de ventes aux enchères. Leur prix peut s'estimer avec toutes les données qui circulent aujourd'hui, et donc se négocier. Pour s'assurer de leur authenticité, il faut consulter le catalogue raisonné, un ouvrage dressant l'inventaire des pièces d'un artiste et retraçant son parcours. L'oeuvre doit aussi être attestée par la galerie ou les ayants-droits de l'artiste. 

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Côté rendement, "le marché de l'art progresse de 8% en moyenne par an depuis le début des années 2000", selon Thierry Erhmann. Vous pouvez donc espérer réaliser une belle plus-value. Mais attention, toujours un tiers des oeuvres peine à se revendre. Il est important de se porter sur un artiste qui a la cote, déjà passé dans une enchère publique par exemple.

Votre plus-value ne sera pas imposable si vous revendez l'oeuvre moins de 5 000 euros. Au-delà, vous pouvez opter pour une taxe forfaitaire de 6,5% du prix de vente. 

Les sacs à main de luxe, un placement plaisir

Le sac à main de luxe représente un autre placement atypique, que vous pourrez en plus avoir le plaisir de porter. Il faudra par contre en prendre soin pour pouvoir bien le revendre, éviter de le rayer par terre ou de l'exposer à des intempéries. Si vous le conservez dans une pièce, elle devra être ni trop humide, pour que le cuir ne se gondole pas, ni trop sèche, pour qu'il ne se craquèle pas. 

Les prix des sacs d'occasion commencent à partir de 300 à 500 euros, précise Jérôme Lalande, dans une interview accordée à Capital. Selon cet expert des sacs chez Collector Square, site spécialisé dans la revente de produits de luxe, il faudra disposer d'un budget minimum de 2 000 euros pour de belles pièces neuves. Il conseille de s'orienter en priorité vers les marques "dont le métier est la fabrication de maroquinerie", comme Hermès, Chanel, Louis Vuitton et Gucci.

Les gains dans les sacs à main peuvent être "de l'ordre 10% à 20% par an", selon lui. Les pièces d'occasion peuvent notamment prendre de la valeur dans le temps. Elles tendent à suivre les prix du neuf, "qui augmentent en règle générale de 5% par an". Vous serez assuré de bien revendre votre sac en investissant dans des "classiques", comme le 2.55 de Chanel ou le Noé de chez Louis Vuitton, pour lesquels la demande ne faiblit pas. 

D'une manière générale, il ne faut pas hésiter à suivre les tendances du secteur pour évaluer quels sacs peuvent avoir la cote. 

Les voitures anciennes, un placement pour les passionnés

Si vous aimez les vieilles voitures, vous pouvez très bien investir dedans. Des modèles comme les Citroën 2 CV restent accessibles, sans avoir à dépenser une fortune. Mais attention à bien entretenir ce type de véhicule, pour que sa valeur ne se déprécie pas. La valeur d'une voiture dépend en effet principalement de sa rareté mais aussi de son état, ainsi que de son design, de sa puissance et de son histoire. 

Les automobiles très anciennes, d'avant-guerre, risquent de ne plus se valoriser. Il vaut mieux miser sur des voitures qui peuvent encore rouler, notamment celles de la période 1965-1975, car elles rappellent aux acheteurs leurs souvenirs d'enfance, souligne le spécialiste des placements Mingzi. Les "youngtimers", les modèles plus récents des années 1980, comme la Peugeot 205 GTI, ont encore une cote basse mais qui pourrait vite progresser.

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Pour trouver des voitures anciennes et de collection (de plus de 30 ans), vous pouvez prospecter du côté de garages spécialisés et consulter des sites comme GT Spirit ou ERclassics pour avoir un aperçu de la cote. Les ventes aux enchères peuvent aussi offrir des prix attractifs. 

Lors de la revente, la plus-value est taxée à hauteur de 6,5%. Elle est toutefois totalement exonérée d'impôt après 22 ans de détention du véhicule.

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