Depuis quelques années, le management vertical n'a plus la cote. Jugé trop hiérarchique, il a du mal à attirer et surtout à conserver les jeunes talents sensibles aux nouvelles méthodes de management. Celles-ci sont plus horizontales, plus transverses, portées sur la cocréation et la concertation avec les équipes.

Cela ne fonctionne pas forcément pour tous les secteurs d'activité, ni avec un grand nombre de collaborateurs, mais lorsque ça marche, cela permet souvent une plus grande adhésion des salariés aux projets. 

C'est ainsi qu'a choisi de fonctionner Virtual expo. Cette entreprise installée à Marseille a organisé ses bureaux en un immense open space qui accueille près de 190 salariés âgés de 36 ans en moyenne.

"Tout le monde est dans cet open space, même les RH", a expliqué Vincent Gérard, le directeur général de Virtual expo, au cours d'une table ronde organisée par le cabinet Colliers sur "l'entreprise augmentée", le 15 novembre 2018 à Paris. 

"Dès le début de notre activité en 1999, une réflexion a été menée pour casser les codes et les barrières hiérarchiques. L'open space permet d'avoir des circuits de communications courts et nous essayons de faire en sorte que nos salariés soient au cœur des décisions de l'entreprise. Ainsi, moi, je suis au service de mes directeurs, qui sont au service de la strate au-dessus, etc.", ajoute Vincent Gérard.

"Nous nous sommes toutefois aperçus que les boîtes à idées pour solliciter les collaborateurs ne marchaient pas. Souvent, même quand il y une bonne idée, on est obligé de refuser de la mettre en oeuvre, car on ne peut pas tout faire et c'est générateur de frustration."

Virtual expo a donc choisi d'inverser le système. 

"On lance une sorte d'appels d'offre en sollicitant les équipes. On leur dit 'il y a telle chose à améliorer', ils y réfléchissent, proposent des idées et on vote pour choisir celle qu'on mettra en oeuvre."

"Par exemple, nous avons soulevé un problème de bruit à résoudre dans l'open space. Un salarié volontaire s'est saisi de la question, il a monté une équipe en interne pour faire des propositions et les mettre en place. Ils ont été extrêmement efficaces. C'est toujours comme ça quand ce sont les personnes qui vont en profiter qui font les choses, il y a beaucoup plus d'écoute et de respect et le résultat est bien meilleur. 

Dans ce cas précis, il a été décidé d'investir dans des casques haut de gamme, anti-bruit avec un bouton off pour ne plus rien entendre et pouvoir se mettre dans sa bulle. 

Ce type de management est devenu un argument pour séduire des profils très recherchés sans forcément être obligé de proposer des salaires mirobolants. 

De fait, "le salaire n'arrive plus qu'en troisième position dans les critères de choix des étudiants pour trouver leur futur employeur. Ils privilégient d'abord le contenu et le sens du projet proposé, puis l'environnement physique du lieu de travail", souligne Gilles Betthaeuser, président du cabinet de conseil en immobilier d'entreprise Colliers international.

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