Mark Zuckerberg, cofondateur de Facebook, à Vivatech à Paris, 24 mai 2018. REUTERS/Charles Platiau

  • Mark Zuckerberg s'est exprimé lors de la première journée de la conférence VivaTech à Paris, ce jeudi 24 mai. 
  • Sa dernière prise de parole publique en France datait de 2011 et du sommet eG8, organisé — déjà — par Publicis et Maurice Lévy.
  • Le patron de Facebook a répété une fois encore son message de prise de conscience du réseau social, martelé en continu depuis le scandale Cambridge Analytica.

"C'est cool de vous avoir ici", a lâché Maurice Lévy, président du conseil de surveillance de Publicis et co-organisateur de la conférence Vivatech, à Mark Zuckerberg, en préambule de leur entretien sur la scène de la conférence Vivatech, ce jeudi 24 mai.

C'était la première fois que le patron de Facebook s'exprimait publiquement en France depuis le eG8 en 2011, organisé déjà à l'époque par Publicis.

Cette année, l'échange a été surtout l'occasion pour le PDG de Facebook de marteler, une fois de plus le message de contrition et de responsabilité adopté par le réseau social depuis que les scandales s'amoncellent — des fuites de données de Cambridge Analytica à l'ingérence étrangère pendant les élections en diffusant des fake news.

"Nous n'avons pas eu une vision assez large de la manière dont les gens pourraient faire mauvais usage de [nos] outils. Nous n'avons pas pris toute la mesure de nos responsabilités", a-t-il asséné. 

Une phrase qu'il avait déjà eu l'occasion de prononcer devant les parlementaires américains en avril et il y a quelques jours devant des députés européens

Comme devant ces derniers, il a encore rappelé que Facebook avait pris des mesures pour corriger le tir et comptait sur l'intelligence artificielle pour être plus efficace dans la détection de contenus illicites ou haineux. 

"Lors des élections [américaine] de 2016, on cherchait des attaques plus traditionnelles mais nous n'étions pas préparés à ces attaques de désinformation coordonnée. Nous le sommes maintenant."

Toujours dans un souci de rassurer utilisateurs, investisseurs et surtout législateurs sur l'usage que Facebook fait des données personnelles, Mark Zuckerberg a déclaré que les principes du RGPD seraient appliquées par Facebook "au monde entier". Une annonce qu'il avait aussi faite mardi 22 mai devant le Parlement européen à Bruxelles.

Enfin, interrogé sur l'évolution de l'écosystème tech français depuis le eG8 de 2011, le patron de Facebook a rappelé que l'entreprise investissait de l'argent dans l'Hexagone et en Europe:

"Il y a trois ans, nous avons ouvert un centre d'IA ici et c'est notre premier centre de recherche en IA dans le monde (...) On va injecter encore 10 millions de dollars ici et on double nos bourses pour des chercheurs d'universités pour produire des chercheurs pour les années à venir."

Mark Zuckerberg a donc conclu sa courte tournée européenne, qui l'a aussi envoyée à l'Elysée, avec le message le plus important que Facebook souhaitait faire passer. 

Pour qui en doutait encore: en préambule, Maurice Lévy a confié qu'il ne tenait pas spécialement à sonder le patron de Zuckerberg sur les questions liées au scandale Cambridge Analytica mais que le jeune PDG avait insisté, lorsqu'il l'a invité, pour qu'on aborde les questions qui fâchent.

Quelques autres sujets ont pu être abordés une fois ce message-clé pour le futur de Facebook exposé, comme la vision de Mark Zuckerberg sur l'intelligence artificielle et Elon Musk ("On doit veiller à ne pas devenir trop négatifs avec ce sujet car ça ralentit le progrès") ou encore ses engagements philanthropiques ("J'essaie de consacrer un jour par semaine à la Chan Zuckerberg initiative et la réforme de l'immigration aux Etats-Unis a été un sujet important pour moi.") 

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