Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance du groupe Vivendi lors de l'assemblée générale, le 25 avril 2017. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Vivendi a présenté hier à ses actionnaires ses deux priorités: la publicité et les jeux vidéo.

Lors de l'assemblée générale du 25 avril, le groupe français a ainsi déclaré que le rachat de Gameloft en 2016 —via une OPA hostile de 700 millions d'euros — lui donnait envie d'aller plus loin dans les jeux vidéo, ajoutant que cela passerait peut-être par des acquisitions externes.

La cible évidente se nomme Ubisoft, la société sœur de l'éditeur de jeux vidéo mobiles.

Mais dans le cas d'Ubisoft, la prime financière ne suffira pas.  

Pour convaincre la famille Guillemot et les actionnaires minoritaires, l'offre ne devra pas effrayer des salariés essentiels d'Ubisoft — les développeurs, selon un analyste parisien, interrogé par Business Insider France.

"Il n'y a jamais eu d'OPA hostile dans le secteur des jeux vidéo sur console car vous prenez le risque de perdre des développeurs stars qui peuvent monter leur propre studio. Les développeurs le savent: ils sont la valeur ajoutée. Chez Ubisoft, il y a en plus une culture d'entreprise très forte avec un CEO très apprécié. Si Vincent Bolloré lui confie les clés de la division jeux vidéo de Vivendi, il aurait les meilleures chances de réussir dans ce secteur très particulier et l'OPA serait rendue amicale", explique Richard-Maxime Beaudoux de Bryan Garnier & Co.

Vivendi est déjà monté à hauteur de 25% du capital d'Ubisoft. Mais sa tentative de s'en emparer a échoué jusque-là face à la défense de la famille Guillemot.

Vincent Bolloré devrait faire comme d'habitude pour parvenir à ses fins: il va monter progressivement au capital pour approcher les 30%, seuil qui l'obligerait à déclencher une OPA. C’est-à-dire proposer le rachat de toutes les actions qu’il ne possède pas encore.

Les analystes estiment qu'il faudra dépenser environ 4,7 milliards pour s'emparer de la part du capital minoritaire d'Ubisoft.

Vivendi est aussi présent dans la télévision (Groupe Canal+), le cinéma (Studio Canal), la musique (Universal) et le numérique (Dailymotion).

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