Vivendi quitte Ubisoft. Retour en 10 dates sur la bataille entre Bolloré et les frères Guillemot

REUTERS/Charles Platiau/File Photo

C'est l'épilogue d'une âpre lutte entre Vincent Bolloré et les frères Guillemot. La société Vivendi, dont Bolloré est le principal actionnaire, a annoncé mardi 5 mars la vente des actions qui lui restait au capital d'Ubisoft. Le groupe de médias et de divertissement a ainsi cédé sa participation de 5,87% au sein de l'éditeur de jeux vidéo, pour un montant de 429 millions d'euros, précise-t-il dans un communiqué. Il engrange au passage une plus-value de 220 millions d'euros. 

Vivendi avait acquis jusqu'à plus de 27% du capital d'Ubisoft, le détenteur des franchises Rayman, Assassin's Creed ou encore Watch Dogs. La revente de l'intégralité de ses parts représente un montant total de 2 milliards d'euros et une impressionnante plus-value de 1,2 milliard d'euros. La société s'est engagée à ne pas acheter de nouveau des actions de l'entreprise créée par les frères Guillemot en 1986, et ce pendant une durée de cinq ans. Mais elle "confirme son intention de continuer à se renforcer dans les jeux vidéo". Vincent Bolloré a adopté une stratégie très agressive vis-à-vis d'Ubisoft et de ses fondateurs au cours des dernières années. Retour en 10 dates clés sur la bataille livrée par Vivendi pour prendre le contrôle des entreprises Ubisoft et Gameloft des frères Guillemot :

  • Le 14 octobre 2015 : deux ans à peine après avoir cédé Activision, Vivendi fait son retour dans les jeux vidéo en investissant dans Ubisoft et Gameloft, deux éditeurs de jeux des frères Guillemot, à hauteur respectivement de 6,6% et 6,2%, pour un montant total de 160 millions d'euros.
  • Une semaine plus tard, le 22 octobre 2015 : Vivendi monte de nouveau au capital d'Ubisoft et de Gameloft, à hauteur cette fois-ci de 10,39% et de 10,20%. Le groupe devient ainsi premier actionnaire d'Ubisoft, devant le fonds FMR LLC et la famille Guillemot, et n'exclut pas de s'emparer des deux entreprises. Yves Guillemot, le PDG d'Ubisoft, dénonce alors "une agression" et une méthode d'"activistes" dans Les Echos.
  • Le 19 novembre 2015 : les frères Guillemot répliquent à Vivendi et se renforcent au capital d'Ubisoft, passant de 9% à 15%, avec toujours 23,82% des droits de vote. 
  • Le 7 décembre 2015 : Vivendi dépasse les 25% du capital de Gameloft pour atteindre une participation de 26,69%. 
  • Le 18 février 2016 : Vivendi lance une OPA hostile sur Gameloft. 
  • Juin 2016 : Vivendi détient plus de 95% de Gameloft et prend le contrôle de l'entreprise spécialisée dans les jeux vidéo sur mobile, ainsi que la vente automatisée d'espaces publicitaires en temps réel. Stéphane Roussel, directeur général de Vivendi, est nommé PDG de Gameloft en remplacement de Michel Guillemot. Le studio embauche alors 6000 personnes dans 7 pays différents et a réalisé un chiffre d'affaires de 285 millions d'euros en 2015.
  • Décembre 2016 : Vivendi, qui accroît au fil des mois sa participation dans Ubisoft, franchit le seuil des 25% du capital, avec une participation de 25,15 % dans l'éditeur et 22,92 % des droits de vote.
  • Juin 2017 : les frères Guillemot franchissent les 22% de droits de vote d'Ubisoft et détiennent 15% du capital. Ils semblent bénéficier du soutien des autres actionnaires face à Vivendi, détenteur alors de près de 27% du capital et 24% des droits de vote.
  • Novembre 2017 : lors de la présentation de ses résultats financiers, Vivendi confirme que sa direction ne désire pas déposer d'offre publique d'achat sur Ubisoft dans les six mois à venir.
  • Le 20 mars 2018 : Vivendi annonce finalement vendre sa participation dans Ubisoft pour un montant de 2 milliards d'euros. Les parts du groupe sont cédées pour 8,1% à Ubisoft, 2,7% à la famille Guillemot, 3,4% au fonds de pension Ontatio Teachers, déjà présent au capital de Facebook, Google et Samsung. A cette occasion, l'éditeur de jeux fait entrer à son capital le géant chinois du numérique Tencent, avec une participation de 5%.

Il aura fallu finalement attendre un an de plus, jusqu'en mars 2019, pour que Vivendi finisse de vendre ses parts dans Ubisoft. 

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