Voici à quoi pourrait ressembler la Terre dans 100 ans — si on a de la chance

Une femme recycle des bouteilles en plastique. Timothy Takemoto/Flickr (CC BY-NC 2.0)

Le America Recycles Day (Journée nationale du recyclage aux Etats-Unis) a eu lieu ce jeudi. Et ce jour férié écolo existe pour une bonne raison : recycler permet de nettoyer les routes de tous déchets, de réduire le besoin en extraction minière, mais aussi de créer de l'emploi.

Cette pratique permet également de maintenir le dioxyde de carbon hors de l'air. Chaque tonne de conserves en aluminium recyclée (environ 64 000) permet d’empêcher que dix tonnes de CO2 ne soient relâchées dans l'atmosphère, selon Popular Mechanics.

Mais recycler n'est pas un remède miracle contre le changement climatique.

Si l'on espère pouvoir limiter quelques-uns des effets désastreux du réchauffement climatique, nous devons - et ce très rapidement - diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre au niveau de la production d'électricité, du transport, du travail industriel, de l'agriculture et d'autres secteurs.

"On ne peut pas stopper le réchauffement climatique", a déclaré précédemment à Business Insider Gavin Schmidt, climatologue et directeur de l'Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA. "Tout ce qui s’est passé jusqu’ici est désormais incorporé dans le système."

Cela signifie que même si les émissions de gaz carbone chutaient à zéro demain, nous serions quand même témoins d’un changement climatique attribuable à l’activité humaine sur des siècles. Et même là, les émissions ne s'arrêteront pas immédiatement. La clé maintenant est de ralentir ce changement climatique, suffisamment pour qu'il nous permette de nous adapter le moins péniblement possible.

En 2016, la température de la Terre a avoisiné les 1,26 degrés Celsius au dessus des moyennes de l'ère préindustrielle, ce qui se rapproche dangereusement de la limite des 1,5 degrés Celsius fixés par les décideurs politiques internationaux lors de l'Accord de Paris sur le climat.

Ne pas excéder/dépasser cette limite va se révéler être un challenge d'autant plus important que le président Donald Trump — qui a auparavant décrit le réchauffement climatique comme étant un "canular" — compte retirer les Etats-Unis de l'accord. Sa décision, décriée à l'international, est survenue après l'année la plus chaude enregistrée au monde depuis que les scientifiques ont commencé à tenir un registre des températures globales en 1880.

Si nous nous mobilisons en tant que planète et réussissons à enrayer les émissions mondiales de gaz à effet de serre, voici à quoi la Terre pourrait ressembler dans 100 ans.

"Je crois que l'objectif des 1,5 degré est inatteignable en tant qu'objectif de long-terme", a ajouté Gavin Schmidt. Il estime que nous dépasserons ce niveau aux alentours de 2030.

Stephane Mahe/Reuters

Quant aux 2 degrés Celsius à ne pas dépasser, Gavin Schmidt a une vision plus optimiste. C'est le seuil d'augmentation que les Nations Unies espèrent éviter.

Vincent Kessler/Reuters 

C'est un point de non retour: si l'on dépasse ce seuil de 2 degrés, les chercheurs s'inquiètent de ne pouvoir inverser l'équilibre du système de notre planète, et d'aller inévitablement vers un scénario de "serre chaude" où les températures grimperaient de 4 à 5 degrés.

La Terre vue de l'espace par les astronautes d'Apollo 8. Sources: Business Insider (1, 2)

Sources: Business Insider (12)

Présumons — de façon optimiste — que nous nous retrouverons quelque part entre notre cible d’1,5 à 2 degrés Celsius de hausse des températures. A la fin de ce siècle, nous serions face à un monde en moyenne trois degrés au dessus de nos températures actuelles.

Mais la température de surface moyenne ne dépeint pas à elle seule l'ensemble de la situation. Des anomalies de température — c'est-à-dire, à quel point la température d’une zone donnée dévie de ce qui serait considéré comme "normal" dans cette région — vont se faire fortement ressentir.

Source: Business Insider

Par exemple, la température du cercle arctique a grimpé au dessus du point de congélation un jour de 2016. C'est une température extraordinairement chaude pour cette région. Ce genre d'anomalies va se produire beaucoup plus.

Bob Strong/Reuters

Source: Washington Post

Cela signifie que des années telles que 2016, qui a eu l'étendue de glace de mer la plus faible enregistrée, vont devenir de plus en plus fréquentes. Les étés au Groenland seront exempts de glace en 2050.

NASA Goddard Flickr

Source: Journal of Advances in Modeling Earth Systems

A l’été 2012, 97% de la surface de glace du Groenland a commencé à fondre. C’est typiquement un événement qui arrive une fois par siècle. On pourrait néanmoins désormais remarquer une telle fonte de glace tous les six ans jusqu'à la fin de ce siècle.

Flickr/Ville Miettinen

Source: Climate Central, National Snow & Ice Data Center

Du côté positif, la glace en antarctique va rester relativement stable en n'influant que très faiblement sur la hausse du niveau de la mer.

Source: Nature

Cependant, un effondrement de plateaux de glace inattendu pourrait surprendre des chercheurs en augmentant le niveau de la mer.

Photo de l’Iceberg A68 en Antarctique, le 16 septembre 2017, vu par le satellite Landsat. Joshua Stevens/NASA Earth Observatory; USGS

Source: Business Insider

Même dans le meilleur cas de figure, les océans sont partis pour monter de 50 centimètres à un mètre environ pour l'année 2100. Des scenarii plus extrêmes prévoient jusqu'à 300 millions de réfugiés climatiques en 2050.

Thomson Reuters

Sources: NASA, Time, The Conversation

Les lignes côtières pourront ne plus être reconnaissables en 2011, même si l'on arrive à modérer nos émissions.

Skye Gould/Business Insider

Les bureaux d'Amazon HQ2 à Long Island City dans le Queens, par exemple, seront probablement submergés en 2050. Si l'humanité n'arrive pas à endiguer cette hausse de 2 degrés Celsius et devient une serre chaude, ce lieu sera sous l'eau en 2100.

Google Earth/Climate Central

Sources: Business Insider (1, 2)

Les océans absorbent plus d'un tiers du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, les rendant plus chauds et acides. Les températures grandissantes causeront plus donc plus d'acidité dans les océans du monde entier.

Source: International Geosphere-Biosphere Program

Dans les tropiques, la grande majorité des récifs coralliens seront dévastés. Dans le scénario le plus favorable, la moitié de tous les récifs coralliens est menacée. Les dégâts sont déjà visibles aujourd’hui.

Sources: International Geosphere-Biosphere Program, Business Insider

Même si l’on enraye les émissions, les étés dans les tropiques pourraient subir une augmentation des journées d'extrême chaleur de 50% en 2050. Plus au nord, 10 à 20% des journées seront plus chaudes.

Source: Environmental Research Letters

Certaines régions pourraient ne pas être trop affectées par le changement climatique, comme San Diego, dont "le climat deviendra plus doux". Mais la ville se situe près des côtes — et sera donc sujette à l'augmentation du niveau de la mer. De tels cas de figure restent l'exception qui confirme la règle.

Lucky-photographer/Shutterstock

Source: Business Insider

Si nous ne contrôlons pas nos émissions (si l'on maintient notre scénario du statu-quo), les tropiques resteront extrêmement chauds pendant tout l'été. Dans les zones tempérées, les journées seront 30% plus susceptibles de connaître des températures considérées comme inhabituelles.

AP Photo/Matt York

Source: Environmental Research Letters

Même une chaleur peu élevée pourrait peser sur les ressources en eau. Dans un document de 2013, les scientifiques prévoyaient que le monde vivrait des périodes de sécheresse plus intenses. Si rien n'est fait, le réchauffement climatique pourrait causer des sécheresses sévères sur 40% du territoire mondial — deux fois plus qu'aujourd’hui.

Reuters

Source: PNAS

En ce qui concerne la météo, les désastres naturels seront plus fréquents — des "ondes de tempêtes" (élévation du niveau de la mer), feux de forêts et vagues de chaleurs sont déjà observés et le seront encore plus en 2070 et au-delà.

REUTERS/Steve Marcus

Source: Environment360

Les ouragans sont déjà de plus en plus dévastateurs à cause de la hausse des température des océans et modèrent le niveau de la mer, ce qui permet aux orages de s'installer ou de faire irruption à l'intérieur des terres. Des changements climatiques causés par les émissions humaines sont également en train de rendre les orages plus intenses, ce qui aggrave les inondations.

Des équipements sur un chenal à l’Aberdeen Golf Course de Longs, Caroline du Sud. Le 24 septembre 2018. Jason Lee/The Sun News via AP

Le réchauffement climatique mène également à des journées plus chaudes, plus sèches, dans des régions à risques d'incendies, comme la Californie. Le risque d'une propagation rapide des incendies est d'autant plus élevé. En novembre 2018, l'incendie le plus destructeur et mortel de l'histoire des Etats-Unis — "Camp Fire" — a eu lieu lors d'une saison habituellement pluvieuse.

Le "Camp Fire" brûle le long de la crête près de Big Bend, en Californie. Samedi 10 novembre 2018. Noah Berger/AP

Sources: Business Insider (1, 2)

L'humanité est en ce moment même au bord d'un précipice. Si nous ignorons ces signes, nous pourrions nous retrouver avec ce que Schmidt anticipe comme une "planète radicalement différente" — une différence à peu près équivalente à celle entre notre climat actuel et celui de l’âge de glace le plus récent.

Reuters

Ou nous pouvons innover. Beaucoup de scenarii optimistes présument que nous allons atteindre un nombre négatif d’émissions de CO2 en 2100 — ce qui signifie absorber plus que ce que nous émettons, à travers une technologie de "piègeage" du carbone.

Reuters/Aly Song

Source: The Guardian

Les solutions n’ont pas besoin d’être radicales au point de recouvrir la Terre de panneaux solaires et d'éoliennes. Une technologie nucléaire mise au point dans les années 60 mais depuis abandonnée pourrait aider à combattre le réchauffement climatique.

Vue du dessus de l’expérience du réacteur à sel fondu, 1964. Oak Ridge National Laboratory

Gavin Schmidt dit que la Terre sera quelque part entre "un peu plus chaude qu’aujourd’hui et beaucoup plus chaude qu’aujourd’hui" en 2100. A l'échelle planétaire, la différence pourrait signifier sauver quelques millions de vies humaines, ou pas.

Benoit Tessier/ Reuters

Ce papier a été mis à jour. Il a initialement été publié le 13 novembre 2017.

Version originale: Dave Mosher / Business Insider

 Sarah Kramer a écrit une version précédente. Kevin Loria a contribué à l'article.

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  1. Albert

    La planète va très mal et c'est pareil pour tout,

    J’ai 29 ans et je travaille depuis que j’ai 21 ans.

    Je n’ai fait que des petits boulots.

    Je n’y suis pas à ma place.

    Je déteste tout simplement le fait de travailler.

    Dans la vie de tous les jours, quand j’entre dans un lieu de travail, je vois le personnel s’activait et faire les tâches qui lui incombe, et je me dis souvent « et si demain, ils avaient la possibilité de vivre sans leurs emplois? »

    Et je me dis que beaucoup lâcheraient le poste qu'ils occuperaient.

    Il m’arrive de me dire que la société civilisée n’est pas franchement pour moi, avec ses contraintes imposées par des lois sociales et morales inventées par des dirigeants tout désignés (travailler, payer les factures, les impôts, s’habiller, avoir une situation sociale et professionnelles pour dire qu'on a réussi sa vie, respect d’horaires, de délais, de manières).

    Le temps est trop précieux pour ne le consacrer qu'au travail…

    Étymologie de travail: tripalium, instrument de torture.

    Les mots ne mentent pas.

    Je suis quelqu'un qui veux rester libre, je ne veux pas être obligé de bosser pour un patron, de respecter des horaires, d’être contraint de faire ci de faire ça…

    je suis épuisé, physiquement et nerveusement.

    J’ai été arrêté deux mois l’an dernier pour épuisement au travail.

    Et savez-vous ce qu'a osé me dire mon chef ? Tu travailles bien mais il faut en faire plus !!!

    Je vais aller dire à mon imbécile de patron, d'aller se faire foutre.

    Nous aspirons tous a vivre notre vie d hommes et de femmes libres,sans être aliénés par le travail.

    Le boulot toujours pareil, jour après jour une routine qui nous épuise.

    Se faire hurler dessus toute la journée par les clients et houspiller par les chefs

    Je trouve ça très dur de vivre dans cette société où tout est basé sur le travail, la productivité, la rapidité, l’argent.

    Rien de tout ça ne corresponds à mes valeurs à moi !

    Je ne me retrouve pas dans cette société où l’on nous définit par un « métier que l’on exerce ».

    Je suis un être humain, j’ai envie de me lever quand mon corps me le dis, de ne pas le stresser, de profiter de la vie, de la nature, des autres, de partager et d’être simplement humain. Cette société où nous sommes tous au boulot de 8h à 18h, Ce n’est pas logique, il n’y a rien de normal là dedans !

    De plus en plus de gens ouvrent les yeux sur cette manipulation, cette dictature qui dure depuis… l’aube de la civilisation !

    Ces mêmes dirigeants nous formatent tous depuis des siècles pour nous laisser penser que « Travailler pour eux est un devoir ». Qu'il est parfaitement normal de travailler 5 à 6 jours sur 7, et de travailler toute notre vie pour ne pouvoir « profiter » de cette dernière qu'une fois atteint l’âge de la retraite.

    On ne se dit pas : « Je vais travailler comme ça jusqu'à ce que j’en meurt », mais plutôt : « Oui je vais travailler toute ma vie mais j’aurais une retraite… » Notre docilité a été achetée.

    Et donc, on reste soumis, dociles et finalement, corvéables et malheureux.

    RÉVOLTEZ-VOUS !!!!!

    Une révolte ça gèle l’économie !

    Il n’y a pas que l’argent dans la vie, mais aussi l’échange, le soutien, l’écoute, le partage, l’Amour, l’harmonie !

    J’ai vite compris que j’étais le mouton faché du staff.

    Je me refuse à agir comme un robot. Alors j’ai décidé de démissionner!!!

    Je trouve le système actuel pourri et entravé

    Une fausse « bonne » ambiance caractérisée surtout par les coups dans le dos, et j’en passe. Et à la moindre erreur ou au moindre oubli, j’avais l’impression d’avoir tué quelqu'un, ou que c’était gravissime.

    Les patrons veulent s'en foutre plein les poches en nous prenant pour des esclaves.

    je me lasse du travail répétitif qui me saoule, du rendement, de l’épuisement.

    les gens sont des moutons, on dirait qu'ils sont hypnotisés, ils se laissent faire, ils se rebellent pas, ils acceptent qu'on les traite comme de la merde, et je comprends pas comment ils font pour vivre comme ça.

    Les gens au travail vous manquent de respect alors que vous, vous les respectez,

    Ils attendent avec impatiente que vous fassiez une erreur pour qu'enfin il puissent vous le dire et vous humilier ça les fait jouir,

    On est convoqué au bureau parce qu'on a pas bien fait le truc, on se croirait à la maternelle, il faut être parfait, mais qu'ils aillent tous se faire foutre !!!!

    ILS ME DÉGOUTENT, le milieu du travail me dégoûte, tous ces cons , qui parlent pour rien dire, tous ces hypocrites.

    Nous consacrons tout notre temps à notre travail, sans vraiment voir nos enfants grandir, sans vraiment passer de temps avec nos êtres chers, sans voir le monde, sans même avoir le temps de prendre simplement plaisir à être en vie. Nous nous sommes rendus esclaves de petits billets verts.

    C’est cela pour vous la vie ? Parce qu'à mes yeux c’est tout sauf ça.

    Refuser de travailler est un acte politique courageux.

    Il serait vraiment temps que l’aide devienne universelle, il serait vraiment temps d’apprendre à partager et de comprendre que l’homme n’est rien et qu'il n’y a rien sur terre hormis la vie.

    Je vous invite à réfléchir, à ne pas avoir peur de vous déconditionner, de devenir différent, et « marginal ». Ce n’est pas vous qui fonctionnez de travers, mais bien les autres !

    Venez également soutenir le projet du Revenu de Base Inconditionnel (RBI). Un revenu garantit à vie pour pouvoir manger, se loger et se vêtir sans avoir à travailler.

  2. Lo

    Merci pour cet article et le magnifique commentaire du dessus. Afin de soutenir la croissance, nous allons devoir être de plus en plus productifs et nos vies deviendront de plus en plus pénibles jusqu'à l'écroulement du système. Arrêtons maintenant, nous tomberons de moins haut.

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