Voici ce qu'a dit Mark Zuckerberg lors de la session de questions-réponses qu'il a diffusé en direct sur Facebook

Mark Zuckerberg s'adressant aux employés jeudi lors de la session de questions et réponses en interne chez Facebook. Facebook

Plus tôt cette semaine, The Verge a publié un enregistrement audio de réunions internes à Facebook, qui ne sont normalement ouvertes qu'aux employés. C'était un rare coup d'œil à ce que Mark Zuckerberg dit à ses collègues et à ses pairs. Il a notamment évoqué la concurrence de l'application TikTok, a expliqué pourquoi c'était une bonne chose qu'il concentre les pouvoirs chez Facebook et a abordé de nombreux autres sujets. Mark Zuckerberg a réagi à la fuite en relayant l'enregistrement obtenu par The Verge sur sa page publique sur Facebook, et en disant que les gens devraient l'écouter s'ils voulaient avoir une perspective "sans filtre" de l'entreprise.

Il a fait un pas de plus, un peu plus tard ce jeudi, en retransmettant en direct la dernière session interne de questions-réponses. Mark Zuckerberg a donné le coup d'envoi de cette dernière réunion jeudi après-midi sous les applaudissements des employés de l'auditoire. "N'applaudissez pas, vous n'applaudissez jamais", a-t-il dit en riant. "Ne faites pas ça juste parce qu'on le diffuse en direct cette semaine." Pendant une heure, Mark Zuckerberg s'est penché sur l'actualité de la semaine et a répondu aux questions des employés. Voici cinq points à retenir de la séance.

1. Il a dit qu'un stagiaire était derrière la fuite 

Mark Zuckerberg a commencé par parler de la fuite qui avait inspiré l'idée de diffuser en direct les questions-réponses de jeudi. Il a dit que la fuite avait été un "événement assez décevant". "Nous pensons qu'il s'agissait d'un stagiaire parce que c'était une session questions-réponses qui a eu lieu avec un groupe de stagiaires, ce n'était pas une session qui a été transmise à toute l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, ajoutant qu'un choc avait été ressenti en interne. Cependant, il a poursuivi en disant que Facebook assumait tout ce qu'il avait dit dans l'enregistrement. "Fondamentalement, nous croyons tout ce que nous avons dit", assure-t-il.

2. Il a admis qu'il avait l’air un 'robot' lors de ses interviews.

Mark Zuckerberg a aussi expliqué diffuser en direct la séance de questions-réponses car il trouvait que c'était mieux que d'accorder des interviews. "Je suis le pire lorsqu'il s'agit d'interviews", dit-il, reconnaissant les critiques souvent formulées à l'égard de son style d'expression. "Je suis comme un robot, les gens doivent se demander : 'Où est-ce qu'il se branche la nuit pour se recharger ?'", dit-il.

Le PDG de Facebook a été largement ridiculisé pour son style robotique alors qu'il répondait à des questions devant le Sénat. AP Photo, Alex Brandon

"C'était [une] contrainte intéressante", a dit Mark Zuckerberg au sujet de la fuite des enregistrement, ce qui selon lui, l'a incité à expérimenter avec la diffusion en direct des questions et réponses hebdomadaires. "Je suis tellement nul en interview, qu'est ce qu'on a à perdre ?"

3. Il a mentionné la lettre ouverte du procureur général William Barr sur le chiffrement de bout en bout.

Jeudi, les médias ont appris que le procureur général William Barr écrivait une lettre à Facebook pour lui demander de retarder la mise en œuvre de messages chiffrés de bout en bout et qui s'autodétruisent. L'argument de William Barr est que cette fonction pourrait rendre la vie plus difficile aux autorités qui tentent de lutter contre les contenus terroristes ou l'exploitation sexuelle des enfants. Mark Zuckerberg a annoncé en mars que Facebook allait chiffrer de bout en bout les messages échangés sur Facebook, Instagram et WhatsApp.

"Je ne vais pas entrer dans une tonne de détails dès le départ, mais c'est l'une des principales difficultés auxquelles nous sommes confrontés", a déclaré Mark Zuckerberg, faisant référence à la balance que doit trouver le réseau social entre la protection de la vie privée des utilisateurs et la sécurité publique.

"Nous avons un gros effort à faire dans ce domaine. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire en essayant de détecter des modèles dans l'activité, en détectant les mauvaises activités en amont, en reliant les comptes ensemble pour que nous sachions que si quelqu'un fait quelque chose de mal sur Facebook, nous pourrions souvent agir sur son compte dans WhatsApp même si nous ne pouvons voir le contenu", dit-il.

4. Mark Zuckerberg a déclaré qu'une décision européenne sur la suppression du contenu offensant dans le monde entier constituait un "précédent troublant".

La Cour de justice européenne a décidé jeudi que les États membres de l'Union européenne pouvaient forcer Facebook à supprimer les contenus qu'ils jugent illégaux dans le monde entier, et pas seulement à l'intérieur de leurs propres frontières. Cette décision aura d'énormes répercussions sur la liberté d'expression sur les réseaux sociaux, selon Facebook.

Mark Zuckerberg a déclaré que la décision constituait un "précédent très préoccupant à établir", étant donné que les pays ont des lois différentes sur la liberté d'expression. "Beaucoup de détails sur la manière dont cela sera mis en œuvre dépendront des tribunaux nationaux à travers l'Europe", a-t-il dit.

Il a affirmé que Facebook avait déjà eu des précédents avec des gouvernements qui avaient essayé d'exiger que le contenu soit retiré à l'extérieur de leur pays, mais que l'entreprise a "réussi à les combattre". "J'imagine que c'est quelque chose que d'autres services et nous-mêmes allons contester en justice et que nous allons devoir clarifier sur une longue période de temps", a-t-il dit, expliquant que même si Facebook n'a pas la possibilité de faire appel, cela pourrait influencer l'interprétation de la décision.

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5. Mark Zuckerberg, le cinquième homme le plus riche du monde, trouve que certains milliardaires ont peut-être trop d'argent.

Un ingénieur a demandé l'avis de Mark Zuckerberg sur l'affirmation de Bernie Sanders la semaine dernière selon laquelle les milliardaires ne devraient pas exister. Au moment où l'on écrit ces lignes, Mark Zuckerberg est cinquième dans l'indice des milliardaires de Bloomberg, avec une fortune estimée à 69,4 milliards de dollars. I

Mark Zuckerberg a semblé adopter un point de vue libertaire, suggérant que ce sont les riches, plutôt que le gouvernement, qui devraient déterminer comment leurs milliards sont dépensés. En parlant de Bernie Sanders, Mark Zuckerberg a néanmoins ajouté : "Je comprends son point de vue. Je ne sais pas si je pourrais définir un seuil précis quant au montant d'argent que quelqu'un devrait pouvoir posséder. Mais à un certain niveau, personne ne mérite d'avoir autant d'argent ".

Le sénateur Bernie Sanders a dit que les milliardaires ne devraient pas exister. Saul Loeb/AFP/Getty Images

"Je pense qu'une partie de la richesse que l'on peut accumuler est déraisonnable", a-t-il dit, en soulignant son travail philanthropique avec son épouse Priscilla Chan. Toutefois, il a fait valoir que permettre aux milliardaires de faire des dons à des causes philanthropiques pourrait être une meilleure solution au vue des dépenses du gouvernement - ce qui, selon lui, pourrait ne pas favoriser autant l'innovation. "À un certain niveau, ce n'est pas juste, mais cela pourrait être optimal, ou en tout cas mieux que l'autre solution."

Mark Zuckerberg a abordé encore d'autres questions, comme la nouvelle application Threads. Vous pouvez voir la vidéo complète :

Version originale : Business Insider / Isobel Asher Hamilton

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