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Voici ce que des sociétés privées imaginent pour remplacer l'ISS en fin de vie

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Voici ce que des sociétés privées imaginent pour remplacer l'ISS en fin de vie
La Station spatiale internationale. © Nasa
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Le monde a célébré les 20 ans de présence humaine continue dans l'espace ce lundi. Depuis le 2 novembre 2000, des astronautes et cosmonautes vivent à bord de la Station spatiale internationale sans interruption. Au cours de ces 7 300 jours, le laboratoire orbital à 150 milliards de dollars (127,5 milliards d'euros) a accueilli 241 personnes de 19 pays et plus de 3 000 expériences scientifiques y ont été réalisées.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. La NASA a autorisé l'ISS à voler au moins jusqu'en 2028, mais la station commence à montrer son âge. À un moment donné, dans les 10 à 15 prochaines années, il est probable que la NASA désorbite la station, la faisant s'écraser dans le sud de l'océan Pacifique. Mais d'autres stations habitables devraient prendre sa place — la plupart d'entre elles conçues et construites par des entreprises privées.

L'équipage de la station spatiale internationale est généralement composé de six personnes au maximum.  ESA/NASA

Certaines de ces entreprises, comme Axiom Space et Bigelow Aerospace, espèrent tirer parti du succès de l'ISS en ajoutant des extensions à la station, qui pourraient éventuellement être retirées pour être mises en orbite comme des stations spatiales à part entière. D'autres, comme Blue Origin, veulent construire de tout nouveaux logements spatiaux, si grands et si sophistiqués qu'ils pourraient commencer à ressembler à la vie sur Terre.

L'ISS se fait vieille

La station a déjà dépassé son espérance de vie de 15 ans. Rien que ces derniers mois, le côté russe de la station a vu ses toilettes fuir, un système d'alimentation en oxygène se rompre et une fuite d'air s'agrandir. "Tous les modules du segment russe sont épuisés", a déclaré le cosmonaute Gennady Padalka à RIA Novosti en octobre.

Un plan de la station spatiale internationale comprenant le module de service Zvezda. Nasa

Ces problèmes ne suffisent pas à compromettre l'intégrité de la station pour l'instant, mais sont des signes avant-coureurs de détérioration. "Je pense que ça reste un système incroyablement fiable et robuste", affirmait Kate Rubins, une astronaute de la Nasa actuellement à bord de l'ISS, lors d'une conférence de presse le mois dernier.

Mais la perspective de la retraite imminente de la station spatiale met déjà en concurrence des entreprises privées pour développer des successeurs dignes de ce nom.

Certaines entreprises commenceront par fabriquer des accessoires pour l'ISS

Axiom Space, une société aérospatiale privée basée à Houston, au Texas, a pour objectif de construire la première station spatiale commerciale. Fondée en 2016, la société a déjà un contrat avec la NASA pour construire au moins un nouveau module commercial habitable, qui viendra s'ajouter à la station spatiale existante. Lorsque l'ISS prendra sa retraite, ce module, ainsi que tous les autres qu'Axiom aura ajoutés entre-temps, se détacheront théoriquement pour devenir un avant-poste orbital indépendant.

Une représentationde l'observatoire terrestre d'Axiom, une section du module de la station spatiale internationale.  Axiom Space

Une autre société ayant des aspirations similaires est Bigelow Aerospace, qui a été fondée par le milliardaire de l'immobilier Robert Bigelow en 1999. L'entreprise a déjà envoyé un prototype fonctionnel de son module ISS gonflable dans l'espace — le module d'activité extensible Bigelow, ou BEAM, est attaché à la station depuis 2016. Il est actuellement utilisé pour le stockage.

Mais Bigelow est en train de concevoir une nouvelle version de l'habitat dans ses installations de Las Vegas, au Nevada, qui est bien plus grande et plus ambitieuse que la première. Le dernier modèle, appelé B330, a un volume interne de 330 mètres cubes. C'est à peu près la taille d'un appartement de 108 mètres carrés, avec une hauteur de trois mètres.

"Équipé de deux cuisines, deux toilettes, un énorme espace de chargement et deux systèmes de propulsion différents, c'est l'habitat idéal pour une mission spatiale de longue durée", expliquait Bigelow dans un communiqué en septembre 2019. "Cette grande station spatiale peut accueillir quatre personnes indéfiniment et cinq personnes pendant de nombreux mois."

Des astronautes de la NASA s'agenouillent à l'intérieur d'un prototype du module de la station spatiale de Bigelow Aerospace.  Bigelow Aerospace via Imgur

A terme, Bigelow espère qu'une version du B330 pourra accueillir des astronautes en route vers Mars.

Une autre entreprise, la Sierra Nevada Corporation, travaille sur un prototype d'habitat spatial gonflable de trois étages. Sa conception lui permettrait soit de s'attacher à la station spatiale, soit de servir de base lunaire. Connue sous le nom de Large Inflatable Fabric Environment, ou LIFE, l'installation pourrait même comporter un jardin en microgravité qui pourrait fournir des produits frais aux voyageurs de l'espace.

Le prototype de station spatiale gonflable de la Sierra Nevada. Sierra Nevada Corporation

Janet Kavandi, vice-présidente senior de la Sierra Nevada, est également une astronaute de la NASA à la retraite. Elle a déclaré à Business Insider US que l'habitat gonflable pourrait servir à de multiples fins dans l'espace, notamment comme "une installation de fabrication, un hôtel, qui pourrait intéresser certaines personnes, ou un observatoire". L'objectif final, a-t-elle ajouté, est de "remplacer la station spatiale existante par une nouvelle capacité".

Blue Origin envisage des habitats spatiaux 'fondamentalement différents'

Alors que des sociétés comme Bigelow et Axiom utilisent l'ISS comme point de départ pour des habitats spatiaux, qui pourraient éventuellement devenir des stations indépendantes, d'autres, comme Blue Origin, travaillent déjà sur des habitats orbitaux autonomes.

Cette société, détenue par le milliardaire d'Amazon Jeff Bezos, envisage des habitats bien plus spacieux et luxueux que l'ISS. Une offre d'emploi de Blue Origin en septembre suggérait que même ses premières stations seraient "fondamentalement différentes des habitats d'exploration conçus pour de petits équipages professionnels dans l'espace lointain".

Concept d'artiste d'une colonie spatiale O'Neill, qui pourrait théoriquement imiter les conditions de vie sur Terre dans l'espace. Blue Origin

À long terme, Jeff Bezos envisage des habitats massifs à travers le système solaire qui pourraient abriter une économie spatiale de millions de travailleurs, permettant à l'industrie lourde de quitter notre planète. Les environnements à l'intérieur de ces habitats simuleraient la gravité de la Terre et le temps le plus idéal.

"C'est Maui (Île hawaïenne, ndlr) à son meilleur jour, tout au long de l'année", expliquait Jeff Bezos en mai 2019, selon The Guardian. "Pas de pluie. Pas de tremblements de terre. Les gens vont vouloir vivre ici."

Version originale : Susie Neilson/Business Insider

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