Pour la première fois depuis 2013, le groupe Bigard, numéro un de la viande en France, a dévoilé une partie de ses comptes, mercredi 4 septembre 2019. Ses dirigeants devaient comparaître ce jeudi devant le tribunal de commerce de Quimper, dans le Finistère, après que la société a été assignée en justice pour tenir ses comptes secrets par l'association de défense des animaux L214 et l'association Lanceurs d'Alerte, avec l'appui de la journaliste Inès Léraud, auteur d'"Algues vertes, l'histoire interdite", et le lanceur d'alerte Pierre Hinard, auteur d'"Omerta sur la viande".

Mais suite à la publication partielle des comptes sur le site Infogreffe, pour la période allant de 2014 à 2017, aucune des parties ne s'est présentée au tribunal de commerce de Quimper jeudi matin, qui n'a finalement pas été saisi de la demande des associations, selon Reuters. Selon Les Echos, qui ont pu consulté ces comptes, le chiffre d'affaires du spécialiste de l'abattage de bétail et de la transformation de viandes a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros, pour un bénéfice de 51,9 millions d'euros.

Sa filiale Socopa, fournisseur de produits carnés, affiche de son côté un chiffre d'affaires de 1,8 milliard d'euros, tandis que sa filiale Charal, spécialisée dans la viande de boeuf, a engrangé 866 millions d'euros de ventes. En revanche, la Société Financière Bigard, basée à Rungis, n'a pas encore déposé ses comptes au Tribunal de commerce de Créteil auquel elle est rattachée.

127 200 animaux abattus par semaine

Les résultats du groupe se comptent en millions d'euros :  

  • Le bénéfice net de Bigard s'élève à 51,9 millions d'euros pour 2017, en progression de 24% par rapport à 2016 ;
  • Celui de Socopa à 25,5 millions d'euros, en  hausse de 17% ;
  • Enfin, le bénéfice de Charal atteint 20,1 millions, stable sur un an.

Bigard, dont les dirigeants avaient été auditionnés par l'Assemblée nationale au sujet de la publication des résultats de l'entreprise, n'a toujours pas déposé ses comptes pour l'année dernière. Or, l'entreprise dispose normalement de huit mois pour le faire et son exercice 2018 s'est achevé fin décembre. 

Le groupe, dont le siège se trouve à Quimperlé dans le Finistère, représente 70% des ventes de steaks hachés dans l'Hexagone et emploie 16 000 personnes dans ses 51 usines, selon Reuters. En 2014, selon les derniers chiffres publiés sur son site internet, Bigard abattait pas moins de 910 000 tonnes par an, ce qui représente 127 200 animaux par semaine, répartis comme suit : 25 000 gros bovins, 4 200 veaux, 90 000 porcs et 8 000 ovins par semaine. 

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