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Voici ce qu'il faut savoir sur les sorties dans l'espace de Thomas Pesquet cette semaine

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Voici ce qu'il faut savoir sur les sorties dans l'espace de Thomas Pesquet cette semaine
Thomas Pesquet va effectuer deux sorties dans l'espace en quatre jours. © ESA/NASA
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Cinquante-trois jours après son arrivée à bord de l'ISS, Thomas Pesquet s'apprête à sortir de la Station spatiale internationale : il va en effet réaliser deux sorties extravéhiculaires (ou EVA — Extravehicular activity), l'une ce 16 juin, la suivante quelques jours plus tard, le 20 juin. Il sera accompagné de l'astronaute de la NASA Shane Kimbrough, dont ce seront les 7ème et 8ème EVA — et avec qui il avait effectué ses deux premières sorties lors de la mission Proxima, en janvier et en mars 2017. Mais cette fois-ci, c'est Thomas Pesquet qui aura le privilège de porter la combinaison aux bandes rouges, celle du "chef de mission".

Ces deux sorties extravéhiculaires seront les 239ème et 240ème missions d'assemblage, de maintenance et de modernisation de l'ISS depuis 1998. Elles viseront à installer de nouveaux panneaux solaires, arrivés à bord de la capsule Dragon cargo de SpaceX, qui s'est amarrée à l'ISS le 5 juin dernier. Ces deux sorties devraient durer 6h30 à 7h environ et il sera possible de les suivre en direct.
Mission, préparation, combinaison… voici ce qu'il faut savoir sur ces deux sorties extravéhiculaires.

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Que va faire Thomas Pesquet lors de sa sortie dans l'espace ?

Les deux astronautes vont remplacer les panneaux situés en haut à droite (le 16 juin) et en bas à droite (le 20 juin). Boeing

L'astronaute français et son collègue américain auront pour mission d'installer deux nouveaux panneaux solaires, afin d'augmenter la puissance électrique de l'ISS. Installés en décembre 2000, les premiers panneaux "fonctionnent bien", mais commencent à montrer des signes de fatigue, indique la NASA, puisque leur durée de vie était initialement de 15 ans. Les deux panneaux solaires seront fixés "devant six des panneaux actuels, ce qui portera la puissance totale disponible de l'ISS de 160 à 215 kilowatts", explique la NASA. Ce sont d'ailleurs les mêmes qui seront utilisés pour la future station lunaire Gateway. Les deux panneaux ont déjà été pré-positionnés par le bras robotique Canadarm2 le 10 juin.

Comment s'est-il préparé à cette mission ?

Thomas Pesquet lors d'un entraînement sous l'eau en 2013. ESA/NASA

La préparation d'une sortie extravéhiculaire débute des mois avant la mission en elle-même. Elle a duré "plus d'un an", a précisé l'astronaute français sur son compte Twitter. D'abord de manière théorique, puis de manière pratique, afin de pouvoir appréhender au mieux les sensations ressenties en impesanteur, mais aussi répéter l'ordre exact des gestes à effectuer, "y compris l’ordre par lequel les outils et équipements doivent être attachés au scaphandre", explique l'ESA. L'entraînement fait également appel à des outils de réalité virtuelle, pour répéter les gestes, encore et encore.

L'entraînement prévoit par ailleurs plusieurs dizaines d'heures en immersion, en combinaison, dans un bassin spécifique. Exploité par la NASA, il présente une profondeur de 12 mètres, ainsi qu'une réplique à l'échelle 1 de l'ISS — ce qui permet aux astronautes de se familiariser à la fois avec la sensation de "flottement" mais également avec les différentes structures de la station spatiale depuis l'extérieur. En guise de "répétition générale", Thomas Pesquet a notamment effectué une session en immersion le 2 décembre 2020.

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De quoi la combinaison est-elle composée ?

La combinaison revêtue par les astronautes lorsqu'ils sortent dans l'espace est décrite par la NASA comme "un vaisseau spatial miniature en forme de corps humain", connu sous le nom savant de EMU, "Extravehicular mobility unit" (unité de mobilité extravéhiculaire). Il s'agit de protéger l'astronaute contre les radiations, la poussière, les débris, les températures extrêmes, de leur permettre d'effectuer des mouvements nécessaires aux opérations, de leur fournir eau et oxygène, mais aussi de les sauver en cas de problème.

C'est un assemblage de plusieurs couches et de différents accessoires, qui comprend entre autres des tubes de refroidissement pour réguler la température du corps, des gants spéciaux, chauffés et protégeant des radiations, des systèmes de communication, de l'oxygène, un système de "mini-propulseurs" (si le câblage) qui relie l'astronaute à l'ISS est rompu, mais aussi une poche pour boire de l'eau et… une couche en cas de besoin urgent.

Quels sont les risques d'une sortie dans l'espace ?

Lucas Parmitano lors d'une sortie extravéhiculaire en 2013. ESA/NASA

Radiations, températures extrêmes — de 150°C à –150°C —, apesanteur, débris spatiaux… une sortie extravéhiculaire n'est pas sans risques. Mouvements plus lents ou encore rigidité de la combinaison font également partie des contraintes inhérentes à toute mission à l'extérieur de l'ISS. L'alternance des phases de jour et de nuit — toutes les 45 minutes — nécessite également l'utilisation d'un éclairage supplémentaire, et justifie la visière dorée du scaphandre, afin de protéger de la luminosité du Soleil.

Enfin, si les astronautes sont toujours reliés à l'ISS par des câbles, tout comme leurs outils sont reliés à leur combinaison, l'éventualité de se retrouver "coupé" de la station spatiale existe. C'est pourquoi ils sont équipés d'un dispositif baptisé SAFER (Simplified aid for EVA rescue), une sorte de "jetpack", porté comme un sac à dos, composé de petits propulseurs à réaction qui permettront à l'astronaute de revenir au niveau de l'ISS.

Concrètement, comment se déroule une sortie extravéhiculaire ?

"Selfie de l'espace" de Thomas Pesquet lors de sa première sortie extravéhiculaire en janvier 2017. ESA/NASA

Les astronautes vont être aidés par leurs deux collègues pour revêtir leur combinaison, puis entrer dans le sas Quest. Avant la sortie du sas, qui marque le début de la mission, les astronautes vont "pré-respirer" de l'oxygène pour purger le corps de l'azote qu'il contient, car la pression dans les scaphandres est inférieure à celle de l'ISS. Il s'agit d'éviter la "maladie des caissons", connue aussi des plongeurs, suite à des changements brusques de pression.

Une fois sortis, ils procèderont en premier lieu à une vérification réciproque des équipements, vérification qu'ils effectueront régulièrement tout au long de la mission, en particulier les gants, "les pièces les plus fragiles des EMU", précise l'ESA. S'ils sont en avance sur le planning pré-défini, ils pourront accomplir des tâches annexes. Les deux sorties doivent durer environ 6h30.

À la fin de la mission d'installation, le passage par le sas permettra d'ajuster le niveau de pression avant de retrouver l'intérieur de l'ISS. Puis, enfin, Thomas Pesquet et Shane Kimbrough pourront s'extirper de leur scaphandre avec l'aide de leurs collègues restés à l'intérieur de la station spatiale. Les gants seront de nouveaux inspectés avec attention, afin de détecter tout éventuel dommage.

Comment peut-on suivre les sorties dans l'espace de Thomas Pesquet ?

Il sera possible de suivre en direct les deux sorties extravéhiculaires, qui seront retransmises par la NASA et l'ESA, à partir de 12h30 (heure française), les 16 et 20 juin. Arte proposera une émission spéciale sur Youtube et Twitch le 16 juin à 18h, avec des experts du CNES ; la sortie du 20 juin sera commentée en direct par Sébastien Rouquette, ingénieur en vols habités, sur ses chaînes Twitch et Youtube du CNES.

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