Voici ce qu'une vidéo YouTube à 150 millions vues peut vous faire gagner

Le YouTubeur Paul Kousky cumule 10 millions d'abonnés. Paul Kousky

Paul Kousky, 24 ans, a grandi dans une famille de neuf enfants, dans le Maine. Son père étant dans la marine, il pensait faire une carrière militaire — pas sur YouTube. Au collège, Paul Kousky faisait, avec sa classe, des vidéos sur iMovie, et se filmait jouant avec des "Nerf" — des fusils qui tirent des munitions en mousse — dans son sous-sol, avec ses frères et sœurs. Puis, il y a environ 10 ans, il a publié sa première vidéo sur YouTube : "Nous faisions des vidéos dans la maison ou dans les bois", a-t-il expliqué à Business Insider US. "Je n'aurais pas pu faire ça sans mes frères et sœurs. Ils étaient plus qu'heureux de participer."

Paul Kousky tient la chaîne YouTube PDK Films, qui compte maintenant 10 millions d'abonnés. Au début, il n'avait pas l'intention d'en faire son activité principale. Mais, alors qu'à l'université, il publiait des vidéos seulement tous les quatre mois — lorsqu'il rentrait à la maison familiale — sa chaîne a continué à se développer : "Je gagnais environ 100 000 dollars (90 000 euros) par an. J'ai donc décidé, en 2015, d'abandonner l'université et de faire ça à temps plein."

Paul Kousky tire la majorité de ses revenus du programme AdSense de Google, qui place des publicités sur les vidéos YouTube. En février 2018, il a publié sur sa chaîne YouTube une vidéo intitulée "Nerf War : Tank Battle". En six mois, elle est devenue virale dans le monde entier, et atteint aujourd'hui 150 millions de vues. AdSense lui a versé 97 000 dollars (87 445 euros) pour cela. C'est le maximum qu'il ait gagné pour une seule vidéo.

"Certains pensent que c'est peu, d'autres pensent que c'est beaucoup. Pour moi, ça correspond à ce que j'obtiens habituellement selon le nombre de vues sur mes vidéos. Certaines personnes obtiennent d'AdSense 100 000 dollars pour seulement quelques millions de vues," explique Paul Kousky. En effet, la rétribution des vidéos YouTube dépend de plusieurs facteurs, par exemple du moment où les internautes arrêtent de regarder la vidéo, ou du type d'annonces liées à la vidéo.

Paul Kousky

Le ciblage démographique est la clé pour gagner le plus d'argent sur YouTube

"La vidéo est assez simple : je commence à jouer à un jeu de tanks et, d'un coup, j'ajoute des scènes avec ces petits chars qui m'attaquent. Mes fusils 'Nerf' n'ont pas d'effet sur ces chars, alors je leur jette des ananas et les choses qui me tombent sous la main : voilà pour le côté humoristique", explique Paul Kousky.  La vidéo dure un peu plus de 10 minutes : c'est une astuce qu'il a apprise en 2016, après que YouTube ait modifié son algorithme. Il a alors remarqué que ses revenus diminuaient pour les vidéos plus courtes.

Sur le "Creator Studio" de YouTube, Paul Kousky a accès aux statistiques de sa vidéo phare : la durée moyenne pendant laquelle les internautes l'ont regardée, et sur quoi ils ont cliqué. Il explique qu'au fil du temps, sa vidéo retient de moins en moins les internautes. Lorsqu'elle est devenue virale, la durée moyenne de visionnage était de quatre à cinq minutes, soit environ 45 % du total, ce qui est beaucoup pour YouTube. Cette statistique est très importante : plus la durée de visionnage est élevée, plus l'algorithme de YouTube recommande la vidéo aux internautes.

Le sujet de la vidéo a également contribué à son succès : "Ce que j'ai remarqué avec mes vidéos, c'est que celles qui deviennent virales parlent au monde entier. Tout le monde sait ce qu'est un fusil 'Nerf'", explique Paul Kousky. Quand il a publié "Nerf War : Tank Battle", elle avait environ 50% de "viewers" américains, qui constituent sa cible démographique de base. Après que sa vidéo soit devenue virale, l'audience américaine a chuté à 5% du total.

Depuis que sa vidéo a explosé dans le monde entier, elle a été visionnée dans des pays ayant un "CPM" (la rémunération touchée par l'auteur pour 1 000 vues) plus faible. Si une plus grande part de ses "viewers" était constituée d'Américains, il aurait gagné beaucoup plus d'argent. La démographie de l'audience est un facteur clé pour YouTube, qui détermine le "CPM" en fonction des pays touchés.

Paul Kousky

Comme le titre d'un film ou la couverture d'un livre, le 'thumbnail' de la vidéo est important pour attirer les internautes

La vidéo de Paul Kousky n'a jamais été sélectionnée par l'algorithme de YouTube pour être affichée sur la page des tendances. Mais 90% du trafic de sa chaîne provient des suggestions qui apparaissent à droite d'une vidéo visionnée.  Paul Kousky peut alors voir de quelles vidéos viennent ces utilisateurs. Parfois, ses vidéos apparaissent en marge de chaînes très populaires.

Le "Creator Studio" de YouTube montre le pourcentage de spectateurs qui ont vu le "thumbnail" (la vignette de la vidéo) et ont cliqué dessus : sa vidéo avait un rapport de clics par vues élevé. Paul Kousky pense que cela est dû à la combinaison de son visage ému et du "Nerf tank toy", dont la production a été abandonnée. "L'une des raisons pour lesquelles les gens cliquent sur une vidéo est son nombre de vues élevé", ajoute-t-il. "Les gens sont attirés par les vidéos populaires."

Paul Kousky travaille de chez lui et affirme ne pas avoir besoin d'agent ou de manager. Il gère lui-même ses finances, ce qui lui a permis d'apprendre beaucoup de choses. En plus de ses revenus AdSense, il travaille avec des marques qui le sponsorisent.

Version originale : Amanda Perelli/ Business Insider

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