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Voici combien les États mettent sur la table pour soutenir l'économie

Voici combien les États mettent sur la table pour soutenir l'économie
Edouard Philippe, le Premier ministre de la France. © Bloomberg/Getty Images

La pandémie de coronavirus affecte un nombre considérable de pays. Plus de 246 000 personnes ont été contaminées dans 161 Etats et territoires depuis décembre et plus de 10 000 sont déjà décédées, selon le dernier bilan établi à partir de sources officielles par l'AFP, vendredi 20 mars. Les mesures de restriction des déplacements, de fermeture des lieux considérés comme non-indispensables (bars, restaurants, cinémas...) et de confinement des populations se multiplient. Par conséquent, l'activité économique tourne au ralentit, quand certains secteurs ne se retrouvent pas tout bonnement à l'arrêt.

Pour soutenir les différents acteurs de l'économie et rassurer les entreprises, les gouvernements de la planète annoncent chacun leur tour des plans d'urgence et des mesures budgétaires conséquentes. À cela s'ajoutent les décisions prises par les banques centrales, qui injectent massivement de l'argent en rachetant de la dette des Etats et des entreprises et aménagent des dispositifs favorables aux banques pour s'assurer qu'elles puissent toujours bien prêter de l'argent. La Banque centrale européenne a ainsi annoncé mercredi soir un nouveau programme de rachat d'actifs d'un montant de 750 milliards d'euros, qui s'ajoute aux 120 milliards déjà mis sur la table le 12 mars.

Tour d'horizon des mesures de soutien à l'économie annoncées jusqu'à présent par plusieurs Etats en Europe et dans le monde :

En France, l'Etat mobilise 45 Mds€ et garantit 300 Mds€ de prêts aux entreprises.

Paris, capitale de la France. Pixabay

Le gouvernement français accorde un allègement, report ou annulation, de charges à hauteur de 32 milliards d'euros sur le seul mois de mars. Ce qui constitue l'essentiel des 45 milliards d'euros de mobilisation "immédiate", annoncée mardi 17 mars par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Il a aussi largement ouvert le dispositif de chômage partiel et mis en place un fonds de solidarité doté d'environ 2 milliards d'euros. Les petites entreprises et les micro-entrepreneurs en difficulté bénéficieront d'une suspension du paiement de leurs factures d'eau, de gaz, d'électricité et de loyers, a annoncé lundi 16 mars Emmanuel Macron.

L'Etat va en outre garantir à hauteur de 300 milliards d'euros les prêts accordés par les banques aux entreprises touchées par la crise du coronavirus, et n'a finalement pas exclu de soutenir directement certaines d'entre elles via une intervention à leur capital.

En Allemagne, les prêts seront garantis jusqu'à 550 Mds€ et plus si nécessaire.

Francfort, en Allemagne. Pixabay

L'Allemagne a annoncé vendredi 13 mars le plus grand plan d'aide aux entreprises de son histoire d'après-guerre, avec des prêts "sans limite" d'une valeur d'au moins 550 milliards d'euros pour commencer. Dès le 9 mars, elle avait annoncé un paquet de mesures pour soutenir l'économie, comprenant pour les entreprises en difficulté le recours facilité au chômage partiel de leurs salariés, l'octroi de prêts en cas de difficultés de trésorerie et le déblocage d'une enveloppe supplémentaire de 12,8 milliards d'euros sur quatre ans pour les secteurs des transports, de la construction de logement et du secteur numérique notamment.

Le gouvernement a aussi annoncé des mesures d'assouplissement fiscal, comme des règles d'amortissement plus favorables.

En Italie, le gouvernement a débloqué une enveloppe de 25 Mds€.

Rome, capitale de l'Italie. Pixabay

L'Italie, pays le plus touché jusqu'à présent par l'épidémie au sein de l'Union européenne, a cassé sa tirelire et annoncé 25 milliards d'euros pour lutter contre l'épidémie. Rome va utiliser son enveloppe pour aider les emprunteurs italiens, notamment à travers la suspension du paiement de certaines échéances de prêts immobiliers et bancaires. Plus précisément, "plus de 10 milliards d'euros seront destinés au soutien à l'emploi et aux travailleurs", a déclaré le ministre de l'Économie et des Finances, Roberto Gualtieri. Et 3,5 milliards d'euros financeront le système sanitaire national et la protection civile, en première ligne dans la lutte contre l'épidémie.

Le gouvernement italien a également précisé qu'il allait injecter des liquidités dans le système financier, sans donner de montant. Et il a assuré que des mesures supplémentaires seraient adoptées en avril.

En Espagne, 'jusqu'à 200 milliards d'euros' doivent être mobilisés.

Madrid, capitale de l'Espagne. Unsplash

L'Etat espagnol va garantir jusqu'à 100 milliards d'euros de prêts aux entreprises, a annoncé mardi 17 mars le chef du gouvernement Pedro Sanchez. Parmi les autres mesures, il facilitera le recours aux plans de "suspension temporaire de l'emploi", une forme de chômage partiel qui permet à l'employé de réintégrer ensuite son entreprise. Les travailleurs indépendants auront plus facilement accès à des indemnités chômage.

En outre, 600 millions d'euros seront destinés au financement d'aides aux plus précaires, comme les personnes âgées. Et le chef du gouvernement a annoncé un "moratoire sur le paiement des prêts immobiliers pour les personnes les plus vulnérables". Au total, "nous allons mobiliser jusqu'à 200 milliards d'euros", a assuré le dirigeant socialiste.

Au Royaume-Uni, l'Etat garantit 333 Mds€ de prêts aux entreprises.

Londres, capitale du Royaume-Uni Pixabay

Le gouvernement britannique a promis mardi de soutenir l'économie "quoi qu'il en coûte", annonçant des garanties de l'Etat sur les prêts aux entreprises jusqu'à 330 milliards de livres (333 milliards d'euros) et des aides atteignant 20 milliards de livres (22 milliards d'euros). Une semaine plus tôt, le Royaume-Uni avait annoncé un soutien budgétaire de 30 milliards de livres (33 milliards d'euros). Dans le détail, 12 milliards de livres seront une réponse directe aux conséquences immédiates du coronavirus, quelque 7 milliards aideront les travailleurs indépendants et les PME, tandis que 5 milliards soutiendront le système de santé.

En outre, la Banque d'Angleterre a décidé jeudi de réduire encore son taux directeur, de 0,25 % à 0,1 %, au plus bas de son histoire de 325 ans. L'institution a aussi relancé un programme de rachat de titres, pour 200 milliards de livres (215 milliards d’euros).

Aux Etats-Unis, un plan de 1 000 Mds$ avancé par Donald Trump.

La Maison Blanche, à Washington aux Etats-Unis. skeeze/Pixabay

Le Congrès américain a adopté mercredi un premier plan d'aide sociale d'environ 100 milliards de dollars (93 milliards d'euros), destiné aux travailleurs directement touchés par l'impact du coronavirus. Mais le président américain, Donald Trump, milite pour un plan bien plus vaste, qui atteindrait jusqu'à 1 000 milliards de dollars (931 milliards d'euros), afin de contrer l'impact de la pandémie aux Etats-Unis. Le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a présenté jeudi ces mesures de relance de l'économie. Le texte doit désormais être soumis aux négociations avec les démocrates, avant qu'une date de vote puisse être fixée et qu'il puisse être approuvé par la Chambre des représentants à majorité démocrate.

Par ailleurs, les contribuables américains auront jusqu'au 15 juillet pour faire leur déclaration d'impôts, au lieu du 15 avril, a annoncé vendredi le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, sur Twitter. Un "délai supplémentaire pour faire leur déclaration d'impôts et les payer sans pénalités ou amende", a-t-il écrit.

Enfin, la Fed a abaissé ses taux à zéro le 15 mars. La dernière fois que la banque centrale américaine les avait abaissés à un tel niveau, c'était en décembre 2008. Elle a de plus repris son programme de rachat d'actifs pour un montant de 700 milliards de dollars, dont 500 milliards de bons du Trésor et 200 milliards de créances hypothécaires.

En Chine, le pouvoir facilite le crédit pour injecter des dizaines de milliards dans l'économie.

La ville de Shanghai, en Chine. Hobbyfoto/Pixabay

La banque centrale chinoise, qui a débloqué fin février des extensions ou des renouvellements de prêts aux entreprises, a annoncé le 13 mars une baisse du ratio de réserve obligatoire des banques, libérant 550 milliards de yuans (70,6 milliards d'euros) pour soutenir l'économie. Ce ratio, qui oblige les banques à conserver des liquidités auprès de la banque centrale, a été abaissé dans une proportion d'un demi-point à un point de pourcentage. La dernière baisse remontait au 6 janvier. Pékin avait alors réduit le taux de réserve obligatoire d'un demi-point, injectant environ 100 milliards d'euros dans l'économie.

Au Japon, la banque centrale renforce ses rachats d'actifs pour dépasser les 100 Mds€.

Tokyo, capitale du Japon. cegoh/Pixabay

La Banque du Japon (BoJ) a nettement renforcé sa politique de rachats d'actifs, le 16 mars. L'institution monétaire n'a pas modifié son taux sur les dépôts des banques auprès d'elle, rivé à un niveau négatif (-0,1%) depuis janvier 2016, mais elle a notamment doublé son plafond annuel de rachats de fonds négociés en Bourse (ETF), porté à 12 000 milliards de yens (101 milliards d'euros) contre 6 000 milliards de yens précédemment. Toujours pour garantir des liquidités abondantes, la BoJ a également annoncé un nouveau dispositif de prêts de court terme — arrivant à échéance dans un an maximum — et à taux zéro, actif jusqu'en septembre. Ces prêts seront octroyés en échange de titres de dette d'entreprises comme garanties.

Auparavant, l'Etat japonais avait débloqué une enveloppe de 13,4 milliards d'euros pour accorder des prêts sans intérêt aux petites et moyennes entreprises.

Au Brésil, 26 Mds€ doivent aider les PME et les familles à faibles revenus.

Rio de Janeiro, au Brésil. LhcCoutinho/Pixabay

Le gouvernement brésilien a annoncé le 16 mars un plan de 147,3 milliards de reais (26 milliards d'euros) pour soutenir l'économie du pays face à la pandémie de coronavirus. Une somme qui doit servir à soutenir les petites et moyennes entreprises, les familles à bas revenus ainsi que les retraités au cours des trois prochains mois, a précisé le ministre de l'Economie Paulo Guedes, lors d'une conférence de presse à Brasilia. Le gouvernement du président Jair Bolsonaro avait déjà adopté la semaine précédente un plan d'urgence de 5 milliards de reais (933 millions d'euros) pour le secteur de la santé.

En Turquie, le président annonce un plan de soutien de 14 Mds€.

Ankara, capitale de la Turquie.  Konevi/Pixabay

Le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé le 18 mars un plan de 14 milliards d'euros pour soutenir l'économie de la Turquie face aux conséquences néfastes sur l'économie du virus Covid-19. Parmi les mesures dévoilées par le chef de l'Etat, figurent des réductions d'impôts pour les entreprises et des aides financières pour les foyers modestes.

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