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Voici comment fonctionnerait une appli du gouvernement pour tracer les malades du Covid-19

Voici comment fonctionnerait une appli du gouvernement pour tracer les malades du Covid-19
A Paris, le 10 mars dernier, alors que le confinement n'était pas encore décidé en France. © Adrienne Surprenant/Bloomberg via Getty Images

En constatant depuis trois semaines les premiers soubresauts d'une crise économique sans doute immense, le gouvernement français imagine déjà la suite pour créer les conditions de reprise des activités. Et prépare les esprits de ses concitoyens au déconfinement. Mais plus que les annonces autour d'une date, c'est sur la procédure que l'exécutif est attendu avec l'objectif d'éviter une deuxième vague redoutée de l'épidémie. Pour ce faire, il marche sur des oeufs. L'exemple le plus signifiant est l'utilisation des technologies pour tracer les malades et limiter la contagion. Repoussé il y a quelques semaines, le développement d'une application sur smartphone, utilisable "sur la base du volontariat" pour identifier les personnes ayant été contact avec une personne infectée par le coronavirus, est bien dans les cartons.

Elle a même un nom : "Stop Covid". "L’idée serait de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin de pouvoir se faire tester soi-même, et si besoin d’être pris en charge très tôt, ou bien de se confiner", explique Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique, dans un entretien commun accordé au Monde avec Olivier Véran, le ministre de la Santé. "Aucune décision n'est prise" sur un éventuel déploiement de cette application sur laquelle planche l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) depuis plusieurs jours, assurent les deux hommes.

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Cédric O précise cependant qu'elle s'appuierait sur la technologie Bluetooth, qui permet à nos smartphones d'identifier des appareils à proximité (écouteurs, enceintes, imprimantes...) et non sur le recueil de données de géolocalisation. La France s'inspire ici de ce qui existe à Singapour. Plusieurs pays utilisent déjà les données des smartphones pour suivre la propagation du coronavirus. Et dans un sondage récent, 8 français sur 10 se montraient favorables à un tel dispositif, renonçant temporairement à une part de leur liberté individuelle.

Voici comment elle pourrait fonctionner en France, selon les réponses de Cédric O au Monde.

  • L'installation serait volontaire et l'application pourra être "désinstallée à tout moment".
  • Elle sera accessible aux personnes en situation de handicap.
  • L’application ne géolocalisera pas les personnes. "Elle retracera l’historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure, ni transmettre aucune donnée", explique Cédric O.
  • Lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique. "Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique", détaille-t-il.
  • Les données seraient anonymes et effacées au bout d’une période donnée.

Mais les ministres ne veulent n'y créer de faux espoirs, n'y être anxiogène, mettant en avant les difficultés techniques. "Nous ne sommes pas certains de réussir à franchir toutes les barrières technologiques car le Bluetooth n’a pas été prévu pour mesurer des distances entre les personnes. Nous ne déciderons que plus tard de l’opportunité de déployer ou non une telle application". Selon Olivier Véran, elle serait "compatible avec le droit européen des données personnelles, avec des données anonymisées". "Personne n’aura accès à la liste des personnes contaminées, et il sera impossible de savoir qui a contaminé qui. Le code informatique sera public" et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) est "étroitement" associée aux travaux.

Selon l’organisme de sécurité sanitaire Santé publique France (SpF), 10 328 sont mortes dans les hôpitaux français depuis le début de l’épidémie.

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Business Insider (avec AFP)
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