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Voici comment H&M parvient à recycler vos vieux vêtements

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Une première machine a été exposée en Suède où on peut y déposer les pulls usagées pour en faire de nouveaux vêtements. © Business Insider
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H&M, Zara et Uniqlo sont à l'origine d'un mouvement que l'on appelle la fast fashion. Acheter des vêtements tendance à bas prix fait le bonheur de millions de personnes, mais le renouvellement constant des rayons pour être à la mode a aussi un coût pour la planète. L’empreinte carbone du secteur de la mode est estimée à 1,2 milliard de tonnes de CO2, soit environ 2 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales selon Greenpeace. Cela est notamment dû à l’explosion des ventes et l’utilisation croissante du polyester, qui émet trois fois plus de CO2 que le coton au cours de son cycle de vie. Sans oublier les transports : une paire de jeans peut ainsi parcourir jusqu'à 65 000 km avant d’arriver sur son lieu de vente.

H&M, la marque la plus visée par ce phénomène, tente timidement d'inverser la tendance avec une machine pour recycler les vêtements dont vous ne voulez plus. Le groupe a ouvert un premier centre de recyclage en magasin, en Suède, et voudrait inverser le problème qu'il a contribué à créer.

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Ci-dessous, une transcription de la vidéo.

Narrateur : Ces fibres sont fabriquées à partir de vieux vêtements. Ça fait partie d’un processus qui transforme presque tous les tissus usés en un tout nouveau produit. Le groupe H&M mise sur cette solution pour recycler une partie des milliards de tonnes de déchets textiles produits chaque année. Mais une entreprise de fast fashion peut-elle résoudre le problème qu’elle a contribué à créer ? Nous sommes allés à Hong Kong et en Suède pour le découvrir. La plupart des textiles recyclés sont transformés en rembourrage de matelas ou en isolation. Et les matériaux d’origine sont des déchets issus des ateliers de fabrication, et non des vêtements usagés. Mais cette usine située dans un centre commercial de Hong Kong est la première au monde à transformer des vêtements usagés en vêtements neufs, le tout en un seul endroit. D’abord, un technicien comme Emily Shao examine le vêtement.

Narrateur : Cette cellule d’ozone aseptise le tissu en une heure environ. Ensuite, Emily enlève les boutons, les étiquettes et les fermetures éclair et coupe le vêtement pour que le tissu soit facile à travailler. La broyeuse réduit encore plus les morceaux de tissu.

Narrateur : Mais cette partie du processus nécessite de nouveaux matériaux.

Narrateur : Une autre machine mélange ce coton avec la jupe recyclée. Emily roule ensuite les fibres mélangées en boules et les envoie dans une machine qui les transforme en ce qu’on appelle une bande de fibres. Mais ce qui se passe ensuite fait de la chaîne de Hong Kong la première en son genre. La bande de fibres est assemblée en ces rouleaux. Ceux-ci sont ensuite transformés en fils, qui constituent la base d’un nouveau vêtement. Enfin, une machine tricote un nouveau pull à partir d’une conception informatique. Les acheteurs paient environ 65 dollars (55 euros environ) pour recycler des vêtements ici.

Comment pouvons-nous aider les consommateurs à penser à leurs vêtements différemment ? C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons une boîte blanche, faisant des recherches dans un centre commercial.

Il faut compter trois jours pour recycler un vêtement

Narrateur : La Fondation H&M s’est associée au Hong Kong Research Institute of Textiles and Apparel. Cet investissement a permis à la société d’obtenir une licence et d’installer la technologie dans l’un de ses magasins à Stockholm, où se trouve le siège de la société. H&M l’appelle le Looop. Ici, les acheteurs ne paient que 18 dollars (15 euros environ) pour voir le processus de recyclage en marche. C’est à peu près le prix d’un nouveau survêtement de la marque.

Virginia : C’est comme ça que ça sort. Et c’est la seule partie qui doit être enlevée.

Narrateur : Virginia, la technicienne, coupe le surplus de fil, et le vêtement est prêt à partir. Il faut trois jours pour recycler un vêtement. Ça paraît être beaucoup de temps et d’efforts pour transformer un vieux pull en un nouveau pull. C’est parce qu’une usine comme celle-ci, qui peut recycler des milliers de tonnes de vêtements par jour, n’existe pas encore. Mais H&M affirme qu’à terme, ce type de technologie pourrait être une solution globale au problème des déchets textiles.

Le Saint Graal, c’est le recyclage du vêtement au vêtement, et c’est vers cela que vont la plupart de nos investissements.

Narrateur : Mais le groupe continue de croître en vendant des vêtements bon marché à de plus en plus de gens.

Cameraman : À quelle fréquence achetez-vous de nouveaux vêtements ?

Peut-être une fois par semaine.

Réalisateur : Quelle est la taille de votre garde-robe ?

Elle doit faire la moitié de mon appartement.

On est le roi et la reine de la vente au détail. Elle a besoin d’un dressing, oui.

Narrateur : Mais les Suédois ne sont pas ceux qui contribuent le plus aux déchets textiles. L’Américain moyen dépense plus de 1 800 dollars (1 500 euros par an) par an pour des nouveaux vêtements et jette chaque année l’équivalent de 200 T-shirts en textiles. Les vêtements n’ont pas toujours été considérés comme jetables. La fast fashion a vraiment pris son essor dans les années 1990, grâce au polyester. Cette fibre synthétique fabriquée à partir du pétrole coûte deux fois moins cher que le coton.

Je pense que très peu de gens réalisent qu’ils portent du plastique la plupart du temps.

Narrateur : En l’an 2000, le polyester a dépassé le coton comme la fibre la plus populaire dans le monde. C’est cette même année que H&M a ouvert son premier magasin américain à New York. Depuis lors, la production mondiale de vêtements a doublé. Et si rien ne change, elle doublera encore d’ici à 2030. Tous ces vêtements usagés peuvent finir dans des lieux comme Accra, au Ghana, qui possède l’un des plus grands marchés de vêtements d’occasion au monde. Chaque semaine, 15 millions de vêtements passent par le marché de Kantamanto. Et près de la moitié va à la décharge, est brûlée ou se retrouve dans les cours d’eau.

Liz Ricketts : On a complètement dévalorisé les vêtements. Les vêtements sont maintenant jetables, et je ne sais pas comment on pourra revenir en arrière en les traitant comme des sacs en plastique ou des bouteilles en plastique.

Narrateur : Liz Ricketts a passé plus de dix ans à documenter comment les vêtements usagés des pays riches sont exportés dans le monde entier.

Les vêtements qui vont à la décharge, beaucoup d’entre eux sont portables.

Narrateur : Et beaucoup de déchets proviennent de marques connues.

Le top 10 est clairement ce à quoi on peut s’attendre : H&M, Zara, MNS, Adidas, Nike, Gap.

Narrateur : Il faudrait à la machine de recyclage Looop près de 50 000 ans pour traiter l’équivalent d’une semaine de déchets provenant du marché.

Liz : On ne peut pas vraiment se convaincre que le fait de créer des vêtements, mais en mieux, va en quelque sorte résoudre le problème de la surabondance de vêtements.

Narrateur : Pourtant, les dirigeants de H&M affirment qu’ils sont déterminés à intensifier le recyclage. L’entreprise s’est fixée pour objectif de n’utiliser que du polyester recyclé d’ici la fin de la décennie.

Avec l’institut du textile de Hong Kong (HKRITA), nous avons développé la machine verte.

Narrateur : La Fondation H&M a investi 12 millions de dollars (10 millions d'euros environ) dans des technologies comme cette machine qui recycle le polyester, et prévoit de construire une usine plus grande qui pourra recycler plus de 1 360 kilos de vêtements par jour. Mais le PDG de HKRITA admet que le recyclage a encore un long chemin devant lui avant de pouvoir faire une brèche dans la production croissante de déchets de l’industrie.

Moins de 1 % des vêtements usagés sont aujourd'hui recyclés

Les systèmes de recyclage utiles à l’échelle commerciale doivent être de l’ordre de grandeur d’au moins des milliers de tonnes par jour.

Narrateur : Aujourd’hui, moins de 1 % des vêtements usagés sont recyclés en nouveaux vêtements.

Edwin : Il est clair pour nous que nous n’avons pas beaucoup de temps. Nous courons le risque de faire trop peu et trop tard.

Narrateur : Les experts disent que le recyclage ne pourra jamais résoudre le problème des déchets textiles.

Liz : Les marques ont convaincu les citoyens que nous avons un problème de déchets car nous n’avons pas de technologie de recyclage. Le problème ne vient pas de là. Il ne pourra être résolu que si nous nous attaquons à la croissance et si les entreprises cessent de surproduire.

Narrateur : H&M n’a pas l’intention de réduire la production de nouveaux vêtements.

On est une entreprise de croissance. Notre ambition est de faire en sorte que cette croissance soit significative.

Narrateur : Et les consommateurs peuvent faire leur part en achetant moins et en conservant plus longtemps leurs vêtements actuels.

Liz : Nous recommandons toujours aux gens de ne pas acheter de nouveaux vêtements pendant un an.

Narrateur : Même le PDG de HKRITA reconnaît que le recyclage seul ne peut pas résoudre le problème. Les entreprises qui fabriquent les vêtements devront changer leur façon de travailler. Et c’est ce qui l’empêche de dormir.

Edwin : Mon cauchemar, mon scénario catastrophe dans l’industrie, c’est que nous sommes satisfaits. Nous nous contentons d’objectifs très modestes, mais cela n’apporte rien à personne. Et nous serons alors accusés de greenwashing, et dans l’ensemble, ce sera vrai.

Version originale : Emily Harger, Elizabeth McCauley et Daniel T. Allen / Insider

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