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Voici comment l'armée américaine veut produire de l'eau à partir de l'air ambiant

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Voici comment l'armée américaine veut produire de l'eau à partir de l'air ambiant
Le laboratoire de recherche de General Electric a fabriqué des échangeurs de chaleur en impression 3D. Une pièce cruciale pour libérer l'eau captée depuis l'air. © GE Research

Le projet paraît des plus capillotractés et pourtant, il est on ne peut plus sérieux. Le 4 février dernier, l'armée américaine — à travers son Agence pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA) — a conclu un accord avec General Electric (GE) pour mettre au point un dispositif capable d'extraire de l'eau à partir de l'air ambiant. GE a reçu 14,3 millions de dollars (11,7 millions d'euros) de l'agence gouvernementale pour diriger pendant quatre ans ce projet dans le cadre de son programme d'extraction d'eau atmosphérique (Atmospheric Water Extraction).

Ce projet fou, baptisé AIR2WATER, était déjà dans les cartons de GE. L'entreprise américaine compte produire un petit réservoir mobile, assez léger pour être transporté par quatre personnes. À terme, ce dispositif devrait être à même de produire suffisamment d'eau pour 150 soldats quotidiennement. L'équipe scientifique de GE, dirigée par Omar Yaghi, ingénieur en chimie à l'université de Berkeley, a développé une substance cristalline extrêmement poreuse.

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Efficace même en plein désert

Cette substance, principalement composée d'ions métalliques reliés entre eux, agit comme un filet pour capter le gaz. Cette technologie a été utilisée en plein désert dès 2014. "Nous avons testé ces collecteurs d'eau en Arizona et dans le désert de Mojave et avons constaté que des quantités importantes d'eau peuvent être récoltées depuis l'air", a expliqué Omar Yaghi à DefenseOne. Même dans les zones les plus arides, de la vapeur d'eau reste en suspension. Les particules d'eau capturées par les ions s'agrègent avant d'être libérées grâce à un échangeur de chaleur fabriqué en impression 3D.

Selon Omar Yaghi, cette technologie des plus complexes peut fonctionner jusqu'à une température extérieure de 25°C. Avec, en définitive, une eau parfaitement potable.

L'eau est l'autre nerf de la guerre. Les besoins en eau des soldats — qui plus est sur des terrains d'opérations hostiles, comme le Sahel ou l'Afghanistan — sont cruciaux et demandent une infrastructure importante. Selon l'Institut de politique environnementale de l'armée américaine (AEPI), 10 à 12% des pertes humaines des Marines en Irak et en Afghanistan étaient dues au transport d'eau et de carburant. L'acheminement de l'eau compte pour un tiers du budget logistique du Département de la défense américain.

En élargissant le spectre, une technologie comme AIR2WATER pourrait bien entendu profiter à tout un pan de la population mondiale qui, aujourd'hui encore, souffre d'un accès restreint à l'eau potable. Selon le WWF, plus d'un milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès à l'eau et un total de 2,7 milliards n'ont pas accès à l'eau au moins un mois par an.

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