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Voici comment l'armée de l'air indienne se modernise face à la menace chinoise

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Voici comment l'armée de l'air indienne se modernise face à la menace chinoise
L'achat d'avions de combat Rafale contribue à la modernisation de l'IAF. © Mohd Zakir/Hindustan Times via Getty Images
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Au début du mois, à la fin du défilé annuel de la fête de l'Indépendance de l'Inde à New Delhi, l'armée de l'air indienne a montré son inventaire d'avions en survolant plusieurs fois le Rajpath, un boulevard cérémoniel de la capitale. Ces survols comprenaient des avions de transport, des hélicoptères de combat, des chasseurs et des chasseurs-bombardiers.

Il s'agissait de la dernière démonstration de force d'une branche militaire qui, comme son homologue de la marine, est au milieu d'un effort massif de modernisation et d'expansion. Concentrée depuis des décennies sur la menace de son grand rival pakistanais, l'Inde prépare désormais son armée de l'air à combattre un autre ennemi beaucoup plus important : la Chine.

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Avec environ 2 000 avions de combat de son armée de l'air et de sa marine, la Chine dispose de la plus grande force aérienne d'Asie et de la troisième plus grande au monde. Pire encore pour l'Inde, les relations de plus en plus étroites entre la Chine et le Pakistan se traduisent par une coopération militaire plus étroite, y compris le développement conjoint d'avions de combat. Face à la possibilité d'une guerre aérienne contre deux ennemis, l'IAF (Indian Air Force) augmente sa taille et ses capacités.

Un inventaire important

Personnel de l'IAF à côté d'un avion de chasse MiG-29, le 4 octobre 2013. SAM PANTHAKY/AFP via Getty Images

Comptant elle-même bien plus de 1 000 appareils, l'IAF n'est en rien petite. Depuis l'indépendance de l'Inde, elle a surtout aligné des avions russes fabriqués entièrement en Russie ou sous licence pour une production locale.

Aujourd'hui encore, les flottes les plus importantes de l'IAF sont celles de MiG-21, de MiG-29 et de Su-30MKI, une version du Su-30 russe spécialement conçue pour et par l'Inde. (L'Inde a signé un contrat pour le Su-30MKI dans les années 1990 et en a construit plus de 200 dans le pays depuis le milieu des années 2000.) Le service dispose également de quelques modèles européens, tels que les SEPECAT Jaguar et les Mirage 2000, qui constituent les principales plateformes de frappe de l'IAF. Mais ces appareils, acquis dans les années 1980, montrent des signes de vieillissement et l'IAF prévoit de les retirer du service d'ici 2030.

Les MiG-21 indiens, mis en service dans les années 1960, devraient également être retirés du service d'ici 2030, de même que les modèles MiG-21 Bison modernisés. Le modèle a un mauvais bilan en matière de sécurité : en 2013, plus de 480 des MiG-21 indiens avaient été impliqués dans des accidents qui avaient causé plus de 200 décès.

Des menaces sur deux fronts

Un Su-30MKI de l'Indian Air Force à Lajes Field au Portugal, le 13 juillet 2008. US Air Force/1st Lt. George Tobias

L'achat du Su-30MKI était plus qu'une simple mise à niveau générale. Il fait suite à l'acceptation par l'armée de l'air pakistanaise, en 1982, du premier des 28 F-16 de fabrication américaine, qui a sérieusement augmenté les capacités de la PAF (Pakistan Air Force) dix ans après son dernier combat contre l'IAF. Les États-Unis ont interrompu les livraisons de F-16 en 1990 en raison du programme nucléaire pakistanais, mais elles ont repris en 2005, et la PAF dispose désormais de quelques 75 F-16. Leur utilisation est étroitement surveillée par les États-Unis, mais le Pakistan n'aurait probablement aucun scrupule à les utiliser dans une guerre totale.

En 2019, une série d'escarmouches entre l'Inde et le Pakistan a impliqué des frappes aériennes sur le territoire de l'autre pays et s'est soldée par l'abattage d'un MiG-21 Bison par des chasseurs de la PAF, peut-être par un F-16. C'était la première fois depuis 1971 que des attaques aériennes étaient menées au-delà de la ligne de contrôle.

Pendant la guerre froide, la Chine a vendu au Pakistan ses chasseurs J-6 et J-7, qui étaient des copies chinoises des MiG-19 et MiG-21 russes. La PAF a également bénéficié du resserrement des liens entre le Pakistan et la Chine ces dernières années.

Le personnel de la défense civile enlève l'épave d'un MiG-21 Bison de l'Indian Air Force après son crash au Cachemire, le 24 août 2015. REUTERS/Danish Ismail

Leurs forces aériennes effectuent régulièrement des exercices conjoints, et elles ont même développé conjointement un avion de combat multirôle de quatrième génération, le JF-17, dont le Pakistan possède plus de 100 exemplaires. La Chine et le Pakistan prévoient actuellement de moderniser la flotte de JF-17 du Pakistan, et la Chine a annoncé la vente de 50 drones de combat Wing Loong II au Pakistan. Le Pakistan pourrait également acquérir des avions d'attaque chinois.

La propre force aérienne de la Chine constitue également une menace pour l'IAF. Les chasseurs J-10 et J-11 et le chasseur furtif J-20 sont particulièrement inquiétants pour l'Inde. La menace aérienne de la Chine est apparue très clairement après l'affrontement meurtrier de l'année dernière le long de sa frontière contestée avec l'Inde. L'Inde a une plus longue histoire d'opérations aériennes dans la région, mais la Chine construit et étend rapidement des bases aériennes et des défenses le long de ses frontières occidentales.

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Une modernisation majeure

Un avion de combat Rafale de l'Indian Air Force atterrit à Bangalore, le 3 février 2021. MANJUNATH KIRAN/AFP via Getty Images

Consciente des menaces, l'IAF s'est engagée dans la voie de la modernisation. En 2016, l'Inde a signé un contrat avec la société française Dassault Aviation pour 36 chasseurs multirôles Rafale. Vingt-six d'entre eux ont été livrés jusqu'à présent, et certains ont déjà été déployés pour contrer une éventuelle agression chinoise. L'IAF a également acheté 15 hélicoptères CH-47 Chinook et 22 hélicoptères de combat AH-64 Apache, qui ont également été déployés dans la région frontalière.

L'Inde a développé son propre avion de combat léger, le HAL Tejas, et en a une vingtaine en service. La commande initiale de 40 chasseurs a été complétée par une commande supplémentaire de 83 appareils, version améliorée du Tejas Mark 1A, avec une deuxième chaîne de production construite pour accélérer la production.

Pour répondre à ses besoins à court terme, l'Inde achète également 21 MiG-29 et 12 Su-30MKI supplémentaires. Elle modernise par ailleurs sa flotte de MiG-29 et modifie ses Su-30MKI pour pouvoir tirer des missiles de croisière Brahmos.

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Un Tejas de l'Indian Air Force lors du salon aéronautique Aero India 2021 à Bangalore, le 4 février 2021. Xinhua/Xinhua via Getty Images

L'IAF recherche également 114 avions de combat multirôles moyens. Les F/A-18E/F et F-15 de fabrication américaine, le Rafale de fabrication française, l'Eurofighter Typhoon de fabrication européenne et les MiG-35 et Su-35 de Russie — tous des biréacteurs — sont en lice, tout comme le monomoteur suédois JAS 39 Gripen et le F-21 de fabrication américaine, une version du F-16 conçue spécifiquement pour l'Inde.

L'Inde a également un certain nombre de projets nationaux de premier plan en cours de développement. Elle prévoit de faire voler un prototype de son propre programme de chasseur furtif de cinquième génération d'ici 2025 et a récemment dévoilé un programme de chasseur sans pilote.

L'Inde s'est appuyée sur des fournisseurs étrangers pour une grande partie de son matériel militaire, en particulier la Russie, avec laquelle elle entretient des relations de longue date mais de plus en plus tendues, même si bon nombre des nouvelles acquisitions nécessiteront un certain degré de production locale dans le cadre du programme "Make in India" du Premier ministre Narendra Modi, qui vise à stimuler la fabrication nationale.

Dans un contexte de tensions persistantes avec la Chine et d'incertitude renouvelée quant à l'avenir de l'Afghanistan, les efforts de l'Inde pour développer et moderniser sa force aérienne montrent à quel point elle est sérieuse dans sa volonté de contrer la menace de ses deux voisins les plus litigieux.

Version originale : Benjamin Brimelow/Insider

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