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Voici comment le bitcoin utilise les surplus d'énergie et serait écologique selon ses défenseurs

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Voici comment le bitcoin utilise les surplus d'énergie et serait écologique selon ses défenseurs
Des Asics, machines dédiées au minage de bitcoin, permettant de valider les transactions sur la blockchain. © rebcenter-moscow/Pixabay
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Le bitcoin bon pour l'environnement ? Les études s'enchaînent pour démontrer le contraire et souligner le caractère extrêmement énergivore de la cryptomonnaie. À l'image de l'indice tenu par l'université de Cambridge depuis 2019, qui souligne la quantité énorme d'électricité nécessaire au fonctionnement de la blockchain Bitcoin, sur laquelle sont validées et sécurisées les transactions. Selon son Bitcoin Electricity Consumption Index, la consommation annuelle de la monnaie numérique atteint plus de 90 térawatt-heure (TWh), soit un niveau supérieur à la consommation de pays comme le Portugal, le Chili ou Israël.

Lors de la conférence "Surfin' Bitcoin", fin août à Biarritz, Pierre Noizat, le patron de la plateforme d'échanges crypto Paymium, a préféré comparé la consommation en électricité du bitcoin à celles de l'or et du système bancaire dans le monde, qui s'élèveraient respectivement à près de 241 et 264 Twh, selon des chiffres fournis par Galaxy Digital, spécialisé dans les investissements en crypto-actifs. Autrement dit, banques et exploitation aurifère consommeraient chacun "plus du double du bitcoin", souligne-t-il.

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Présentation de Pierre Noizat, fondateur de Paymium, à la conférence Surfin' Bitcoin. Thomas Chenel/Business Insider France

Les partisans du bitcoin, inspirés par le courant libertaire, estiment que la cryptomonnaie peut être une nouvelle réserve de valeur, si ce n'est une valeur refuge comme l'or, et qu'elle permet de contourner les intermédiaires comme les banques grâce à son mode de fonctionnement décentralisé.

"Savoir si l'empreinte carbone du bitcoin est un problème ou non dépend de sa valeur pour la société", explique à Heidi.news Jonathan Koomey, professeur à l'université de Stanford spécialisé en finance et politique énergétique.

Des fermes de minage à proximité des centrales hydroélectriques

Mais de toute façon, la question ne se poserait même pas puisque la cryptomonnaie soutiendrait l'essor des énergies renouvelables, selon Sébastien Gouspillou. "On utilise que des mégawatts perdus", assure-t-il à propos de son entreprise de minage, Bigblock Datacenter. Le minage est le processus par lequel sont validées et inscrites dans la blockchain les transactions. En résumé, des processeurs spécialisés, des Asics, tournent à plein régime pour résoudre le plus efficacement possible une opération mathématique très complexe permettant de sécuriser le réseau.

C'est l'alimentation de ces machines qui nécessite une grande consommation d'électricité. Mais si cette électricité est composée uniquement de surplus produits par des énergies renouvelables — qui resteraient sinon inutilisés — la question de l'empreinte carbone du bitcoin ne se pose plus. C'est l'argument mis en avant par Sébastien Gouspillou, dont la startup a exilé ses machines pour miner au Kazakhstan, à proximité d'un barrage hydraulique, avant d'ouvrir une autre ferme de minage en République démocratique du Congo, près d'une centrale hydroélectrique.

'Sans bitcoin, le prix des surplus des énergies renouvelables serait à zéro'

Une façon pour l'entrepreneur français d'aller là où l'électricité est vendue la moins chère. Mais aussi de se rapprocher de la production des énergies renouvelables pour récupérer directement les surplus. "On est client de dernier recours : on a besoin de très peu d'infrastructures, pas besoin de route ni de port… Donc on est les seuls à pouvoir récupérer ses mégawatts perdus", fair valoir Sébastien Gouspillou dans l'amphithéâtre du Casino de Biarritz, où se déroulait "Surfin' Bitcoin".

Le Salvador, premier État au monde à considérer le bitcoin comme une monnaie légale, a fait appel à sa startup pour développer l'activité de minage. "Ils ont 10% de surplus d'électricité qu'ils ne savent pas distribuer, ce qui représente 20 000 bitcoins minés à l'année. Nous, on achète l'électricité dix fois moins cher que la population locale. On va aider au développement de l'énergie verte au Salvador en utilisant les surplus", assure Sébastien Gouspillou.

"Le bitcoin est un vrai atout dans la transition écologique. Sans bitcoin, le prix des surplus produits par des énergies renouvelables serait à zéro", insiste Pierre Noizat. "Bitcoin permet la création d'un prix plancher qui incite à financer des projets autour de nouvelles énergies", ajoute-t-il.

Une opération de greenwashing ?

On croirait presque à une opération de greenwashing, organisée pour rassurer sur l'impact environnemental de la cryptomonnaie. "Il peut y avoir des surplus et un problème d'adéquation entre l'offre et la demande d'électricité", confirme Anne Boggione, chargée d'affaires chez Naldeo technologies, groupe d'ingénierie spécialisé dans la transition écologique.

Il existe néanmoins des solutions pour stocker les surplus. Ce peut être le réseau, quand celui-ci est suffisamment développé, comme en France et en Europe. Ou bien la retenue d'eau par les barrages, en amont de la production d'hydroélectricité. Enfin, le stockage sur batteries se développe de plus en plus.

"On peut stocker mais jusqu'à un certain point", rétorque Pierre Noizat, estimant qu'il y aura toujours des surplus. "Le minage de bitcoin est une des réponses pour établir un prix plancher", enchaîne-t-il.

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Des fermes de minage aussi alimentées par les centrales à charbon

Mais si beaucoup de mineurs utilisent des surplus pour payer l'électricité moins cher, ceux-ci ne sont pas tous issus du renouvelable. En outre, aucune étude indépendante ne permet d'évaluer la part d'énergie issue de l'éolien, du solaire ou encore de l'hydroélectrique dans l'industrie mondiale du minage. À partir des résultats d'un sondage publié le 1er juillet, Bitcoin Mining Council (BMC), un lobby en faveur de la cryptommonaie, estime que 56% du minage mondial s'effectue sur la base d'un mix électrique durable.

Toutefois, aucun détail n'est fourni concernant ce mix énergétique "durable", qui pourrait très bien comprendre une part d'énergie carbonée. Et cette analyse se base uniquement sur les réponses volontaires des mineurs, pas sur un constat établi sur le terrain. Or, jusqu'à il y a peu, la Chine, où une grande part de l'électricité est produite par des centrales à charbon, concentrait la majorité des mineurs de la planète.

Outre l'énergie utilisée, le minage ferait fonctionner jusqu'à un million de machines (des Asics) dans le monde, selon Sébastien Gouspillou. "C'est une goutte d'eau dans l'océan par rapport à la quantité de smartphones fabriqués", qui se comptent effectivement en milliards sur la planète. "C'est un secteur où il n'y a pas d'obsolescence programmée, avec des machines qui ont plus de cinq ans et fonctionnent encore", renchérit-il.

Reste à mettre en place une filière de recyclage pour ces Asics, fabriqués notamment en Chine. Et pour la communauté crypto, à convaincre le grand public et les dirigeants politiques que le bitcoin est une solution d'avenir, sur le plan financier comme environnemental.

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