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Voici comment les compagnies aériennes françaises s'adaptent pour voler vers Tahiti sans passer par les États-Unis

Voici comment les compagnies aériennes françaises s'adaptent pour voler vers Tahiti sans passer par les États-Unis
Un Boeing 787 Dreamliner d'Air Tahiti Nui et un Airbus A350-900 XWB de French bee. © French bee et AP Photo/ Francois Mori

La décision du président américain Donald Trump, mercredi, de restreindre largement l'entrée aux États-Unis des résidents européens non citoyens américains, entraîne une réduction des vols transatlantiques. Et les compagnies aériennes risquent de perdre un grand nombre de passagers touchés par l'interdiction. Celle-ci empêche non seulement les voyageurs européens d'entrer aux États-Unis, mais aussi de passer par les États-Unis pour atteindre des destinations dans d'autres parties de l'Amérique du Nord, des Caraïbes, de l'Amérique du Sud ou de l'Océanie.

Malgré ces règles du gouvernement américain, trois compagnies aériennes françaises utilisent les villes californiennes de Los Angeles et de San Francisco comme points d'escale pour les vols de Paris à Papeete, sur l'île de Tahiti, en Polynésie française. La Californie est le point d'escale idéal pour permettre aux avions de se ravitailler en carburant et de se réapprovisionner avant de poursuivre le voyage au-dessus du Pacifique. Pendant les escales, tous les passagers doivent descendre de l'avion et se soumettre au contrôle des douanes et de la protection des frontières américaines avant de retourner dans l'avion pour la seconde et dernière étape, soit à Paris soit à Papeete, selon la direction du vol. Même si la totalité de leur séjour aux États-Unis se déroule à l'aéroport, toutes les mêmes formalités s'appliquent.

Trois compagnies aériennes assurent des vols entre la France et Tahiti, dont Air France, Air Tahiti Nui et French bee. Toutes trois ont vu leurs opérations sur la ligne affectée par l'interdiction de Donald Trump, chacune adoptant une approche différente, certaines plus drastiques que d'autres. Voici comment les compagnies aériennes françaises réagissent à la crise :

French bee a réagi en passant par Pointe-à-Pitre, dans les Caraïbes, pour ses vols Paris-Papeete

Un Airbus A350 de French bee. French bee

Le transporteur long-courrier low-cost French Bee est le dernier arrivé sur la route reliant les deux villes françaises via San Francisco, contrairement à ses concurrents qui font escale à Los Angeles. Normalement, la compagnie transporte des passagers entre Paris et Papeete, ainsi qu'entre San Francisco et Paris et San Francisco et Papeete, ce qui maximise les recettes potentielles pour les deux segments.

Avec les restrictions sur les arrivées européennes aux États-Unis, qui incluent les passagers en escale, French bee réoriente ses vols via Pointe-à-Pitre, a rapporté AirlineGeeks. Située dans les Caraïbes, Pointe-à-Pitre est la principale porte d'entrée de la Guadeloupe, autre territoire français d'outre-mer.

Le fait de passer de San Francisco à Pointe-à-Pitre ajoute environ 750 miles nautiques à la route (1389 kilomètres), ce qui augmente les temps de vol et les coûts de carburant. L'arrêt en Guadeloupe présente toutefois l'avantage que le territoire est entièrement français, ce qui signifie que le nouvel itinéraire fonctionne comme un service intérieur.

Les restrictions resteront en vigueur au moins jusqu'à la mi-avril, date à laquelle les dispositions prises par Donald Trump doivent expirer. Paris-Papeete via San Francisco est actuellement la seule route de la compagnie aérienne qui touche le territoire américain. La compagnie aérienne prévoit toutefois de lancer une route Newark-Paris en juin. French bee exploite le vol avec un Airbus A350-900 XWB de nouvelle génération, économe en carburant.

Air Tahiti évite les États-Unis en choisissant de voler sans escale de Papeete à Paris, ce qui en fait le plus long vol sans escale au monde

Un Boeing 787 Dreamliner de la compagnie Air Tahiti Nui. Francois Mori/AP Francois Mori/AP

La compagnie aérienne de Polynésie française Air Tahiti Nui relie actuellement Papeete à Paris via Los Angeles, sa ligne phare. La compagnie aérienne a également été contrainte de s'adapter aux restrictions imposées par le gouvernement américain aux résidents européens, car de nombreux passagers voyagent uniquement entre Papeete et Paris ainsi qu'entre Paris et Papeete, et pas seulement entre Papeete et Los Angeles.

Pour éviter de soumettre ses passagers européens à la douane et à la protection des frontières américaines à Los Angeles, Air Tahiti Nui réoriente ses vols en passant par Vancouver, au Canada, qui autorise les transferts qui ne nécessitent pas d'entrer dans le pays, et par Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

La compagnie aérienne a toutefois décidé d'exploiter un vol sans escale de Papeete à Paris dimanche — le plus long vol commercial du monde. Programmé sous le nom de TN64, cet itinéraire sans escale a une distance circulaire de 8 485 miles nautiques (15 714 kilomètres), soit 370 kilomètres de plus que la distance parcourue par le plus long vol actuel au monde, entre Singapour et Newark.

Ce vol de 16 heures et 30 minutes est assuré par un Boeing 787-9 Dreamliner, le dernier-né de la flotte d'Air Tahiti Nu. Qantas utilise également cet avion pour le troisième plus long vol au monde entre Perth, en Australie, et Londres, au Royaume-Uni, la seule liaison sans escale entre les deux pays.

La route, cependant, n'est pas plus longue que l'un ou l'autre des vols de recherche du projet Sunrise de Qantas, de New York et Londres à Sydney, que Business Insider US évoquait en octobre. Des vents arrière en direction de l'est permettent à Air Tahiti Nui d'effectuer le vol, ce qui n'aurait pas été possible avec le Dreamliner dans la direction opposée.

Air France a maintenu ses vols via Los Angeles, ne permettant d'embarquer qu'aux citoyens américains et aux passagers qui ne sont pas entrés dans les pays européens interdits au cours des 14 derniers jours

Un avion Boeing 777 d'Air France. Andia/Universal Images Group via Getty Images

Air France ne prévoit pas d'adapter sa ligne Paris-Papeete qui fait escale à Los Angeles. Les passagers qui ont visité les pays européens soumis à des restrictions au cours des 14 derniers jours et qui ne sont pas citoyens américains, résidents permanents ou autres personnes exclues par la règle de Donald Trump, ne seront pas autorisés à effectuer un vol sur la ligne qui s'arrête à Los Angeles. Air France assure le vol avec un Boeing 777.

Version originale : Thomas Pallini/ Business Insider

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