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Voici comment New York renaît déjà de ses cendres, plus vivante que jamais

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Voici comment New York renaît déjà de ses cendres, plus vivante que jamais
Pelouse de Central Park, New York. © Alexi Rosenfeld/Getty Images

Je savais que la ville de New York était de retour lorsque je me suis retrouvée à danser sur une banquette dans un bar de l'East Village le week-end dernier.
La nuit a commencé par un dîner au restaurant et s'est terminée par une pizza dans la rue et l'invitation d'un inconnu avec un pack de six à boire de la bière et à jouer à "Mario Kart" dans son appartement.

C'était un samedi soir normal à New York, un événement dans un week-end qui ressemblait beaucoup à l'époque d'avant. J'ai également travaillé dans le bureau d'Insider pour la première fois ce vendredi-là et j'ai fait de la gym le dimanche. Pfizer a rendu toutes ces aventures possibles, et il semble que les vaccins aient le même effet sur tous les New-Yorkais.

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Au cours du dernier mois, j'ai remarqué que les choses étaient magiques et épuisantes, signe que New York reprend vie. Un train 1 en panne, un train 6 bondé, un taxi plein qui me refuse, des touristes qui m'empêchent de faire du shopping sur la Cinquième Avenue, un dîner dans quatre restaurants qui viennent d'ouvrir, des foules de baigneurs et de pique-niqueurs à Central Park, et des murmures familiers, des commérages et discussions autour d'un verre de vin sur un toit. Et ce n'est pas seulement un sentiment : l'économie de la ville de New York est véritablement en voie de guérison.

La situation est très différente de l'année dernière, lorsque New York est devenu le centre de l'épidémie aux États-Unis et que tout ce qui illuminait autrefois la ville — les fenêtres des bureaux, les lumières des taxis et Times Square — s'est éteint.

Aujourd'hui encore, des traces de la pandémie subsistent. Mon bar du samedi a fermé à minuit, et il m'a fallu quatre tentatives pour manger un morceau en fin de soirée dans un restaurant qui ne fermait pas à 23 heures le vendredi soir, une insulte dans la ville qui ne dort jamais.

Mais le retour des New-Yorkais, la levée du confinement et un coup de pouce financier ont ravivé l'énergie de la ville. La ville de New York telle que nous l'avons connue a disparu, mais Big Apple est de retour.

Les New-Yorkais ne peuvent pas rester à l'écart

Des New-Yorkais flânent dans le Washington Square Park, à Manhattan. Alexi Rosenfeld/Getty Images

La nécrologie de New York a été écrite un nombre incalculable de fois en 2020, en raison de la fermeture d'entreprises et de la fuite des grandes fortunes vers le nord pour trouver plus d'espace ou vers les palmiers du sud. Mais la ville "faisait juste une sieste", m'a dit Bella, une New-Yorkaise de 28 ans. Elle a su que Big Apple était de retour après avoir été récemment chahutée par une bande de cyclistes.

Les données confirment le diagnostic de Bella. L'exode de la ville n'était pas si massif, selon des données récentes de USPS. Selon Bloomberg, les riverains de Manhattan ont plus souvent déménagé à Brooklyn que partout ailleurs entre mars et février 2020. C'est le cas de 20 000 d'entre eux. 19 000 personnes ont, elles, déménagé en Floride, et 10 000 prévoient d'y rester définitivement. Ils reviendront probablement.

New York reste également le lieu de résidence de 7 743 personnes très fortunées, plus que toute autre ville du monde, selon un rapport de Knight Frank et Douglas Elliman de mars. Selon Mansion Global, le nombre de migrants sortants de la zone métropolitaine de New York a augmenté de 2019 à 2020, la perte de 6,6 pour 1 000 résidents est passée à 10,9. Mais ceux qui sont partis en banlieue sont déjà de retour. L'immobilier urbain, autrefois en chute libre, rebondit. Les New-Yorkais se tournent vers des quartiers plus riches et des appartements plus luxueux.
Les acheteurs étrangers recommencent à stimuler les ventes, tout comme les jeunes professionnels cherchent à acheter pour la première fois. Le nombre de ventes à Manhattan a augmenté de 28,7 % entre les trois derniers mois de 2020 et les trois premiers de 2021, selon un rapport de Douglas Elliman.

C'est le marché immobilier de Brooklyn qui se redresse le plus rapidement, et le quartier est devenu si populaire qu'il coûte désormais presque aussi cher d'y vivre qu'à Manhattan, rapporte le New York Times. "Ceux qui ont fait une croix sur New York avaient tort", a déclaré Kenneth Horn, fondateur d'Alchemy Properties, à Mansion Global. "Bien sûr, la situation a été horrible. Nous avons vécu beaucoup de choses différentes, c'est vrai. Mais les gens veulent vivre à New York. Les gens aiment l'effervescence."

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Bars et métros de nuit

La ville qui ne dort jamais n'a même pas encore accueilli tous ses résidents, mais elle renaît déjà de ses cendres. Une note récente de Bank of America Research, émanant d'une équipe dirigée par Michelle Meyer, responsable de l'économie américaine, indiquait que ce mois-ci allait déclencher un retour en force dans la ville, prouvant finalement que le récit d'un exode massif tenait plus du mythe que de la réalité.

Au mois de mai, la plupart des restrictions ont été levées : la plupart des jauges dans le monde du travail, la limite des rassemblements en plein air, l'obligation de porter un masque pour les personnes vaccinées et le couvre-feu de minuit pour les bars et les restaurants en plein air et à l'intérieur.

En tant que citadin, je n'ai plus besoin de commander de la nourriture avec mon Moscow mule, et je peux reprendre ma relation amour-haine avec le métro 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Je peux réserver un billet pour Broadway en septembre, écouter les cris de la foule lors d'un match des Knicks au Madison Square Garden, et commencer à emprunter des livres à la bibliothèque.
Comme l'a écrit le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, dans un tweet annonçant certaines de ces réouvertures au début du mois, "NY revient !".

Le métro de New York reprend son service 24/24h. Noam Galai/Getty Images

Alors que l'État de New York a officiellement rouvert en mai, le maire Bill de Blasio a annoncé qu'il envisageait une réouverture complète de la ville le 1er juillet et qu'il prévoyait de supprimer l'enseignement à distance à l'automne. Mais le fait que le gouvernement ait supprimé un grand nombre de mesures a donné l'impression que la ville était déjà de retour en action.

Les gens retournent au bureau. Wall Street prépare sa rentrée dans quelques semaines, le Crédit Suisse et Goldman Sachs demandent à leurs employés de revenir au bureau à partir de la mi-juin. Dans le secteur de la tech, Facebook se prépare à rappeler ses employés dans ses bureaux de New York.

"Je n'avais aucun espoir de retour à la normale jusqu'à maintenant, en voyant des gens sans masque, à l'intérieur comme à l'extérieur, et je commence vraiment à comprendre que cela n'allait pas durer éternellement", a déclaré à Insider Kelsey Peter, une jeune femme de 27 ans travaillant dans le secteur associatif et restée à New York au moment de la pandémie.

L'argent coule à flots

L'immigration "boomerang", la hausse de l'immobilier et la réouverture économique sont autant d'éléments qui permettent à l'argent de circuler à nouveau dans une ville faite d'argent. Les dépenses par carte ont augmenté de 38 % dans la zone métropolitaine de New York par rapport à l'année précédente et de 17 % par rapport à il y a deux ans pour la semaine se terminant le 22 mai, selon BofA Research.

Selon BofA, les dépenses des ménages locaux dans les commerces de détail à New York se situaient aux alentours de 70 % à la fin de 2020, contre 74 % avant la pandémie, ce qui indique une baisse minime due à l'exode, tandis que les dépenses en personne dans les restaurants ont augmenté. À la mi-avril, elles étaient encore en baisse de 30 % par rapport à il y a deux ans, mais il s'agit d'une amélioration majeure par rapport à la chute de 70 % enregistrée à la fin du mois de janvier.

Les finances de l'État de New York sont également en meilleure forme que prévu. Alors que les recettes fiscales perçues par l'État au cours de l'année fiscale écoulée étaient inférieures de 513,3 millions de dollars par rapport à l'année précédente, l'état craignait une baisse plus importante de 3 milliards de dollars, a déclaré le contrôleur financier de New York Thomas Di Napoli à Bloomberg, et une grande partie de cette somme provenait de la ville.

Times Square attire de nouveau les foules.  Noam Galai/Getty Images

Et le plan de relance du président Joe Biden comprenait 5,6 milliards de dollars pour la ville de New York, ce qui, selon Juliana Kaplan d'Insider, a probablement évité des coupes catastrophiques dans le budget de la ville. Ce sentiment a été largement confirmé lors d'une audience du conseil municipal en mars, lorsque le commissaire du ministère des Finances, Sherif Soliman, a déclaré que cette aide fédérale avait donné à la ville un "coup de fouet" sur le plan financier et qu'il était optimiste quant à une "reprise complète".

Fin avril, Bill de Blasio a annoncé un budget de 98,6 milliards de dollars, soit 10 milliards de dollars de plus que prévu, pour aider à relancer la ville. "Ces investissements visent à faire revenir la ville, et ils ne peuvent pas attendre", a-t-il déclaré lors d'un point de presse, selon le New York Daily News. "Parfois, il faut dépenser de l'argent pour en gagner".

Cependant, les défis budgétaires à long terme sont toujours présents. Certains experts ont déclaré qu'il n'y avait aucune garantie que la ville de New York puisse continuer à financer le budget de Blasio, l'appelant à faire plus. Mais la ville devrait également recevoir un autre soutien financier à partir de l'année prochaine. Andrew Cuomo a finalisé un budget qui ferait payer aux millionnaires new-yorkais entre 13,5 % à 14,8 % d'impôts locaux et d'impôts d'état, les impôts les plus élevés du pays.

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Le prochain chapitre de New York

Il serait inexact de dire que New York 2021 ressemble à New York 2019. Plusieurs aspects de la ville ne sont pas encore tout à fait "normaux". Le tourisme ne se rétablira peut-être pas complètement avant 2025, de nombreuses fortunes ont déménagé définitivement ou ne sont pas encore revenus, et les quartiers d'affaires centraux comme Midtown ne sont pas aussi animés qu'ils le sont habituellement.

Le nombre d'espaces de bureaux disponibles à Manhattan n'a jamais été aussi élevé depuis 30 ans, et les loyers n'ont pas non plus atteint leurs normes pré-pandémiques, ce qui indique que la population de New York n'est toujours pas ce qu'elle était. Les zones urbaines risquent de subir une baisse de pouvoir d'achat estimée à 10 % dans une économie où de plus en plus de travailleurs habitent loin de chez eux et encore plus dans des villes comme New York.

La campagne de vaccination de la ville pourrait également remettre en cause les progrès réalisés jusqu'à présent. Si près de 61 % des adultes new-yorkais ont reçu au moins une dose de vaccin, 39 % ne sont toujours pas vaccinés. Les taux de vaccination ralentissent dans l'ensemble de l'État, ce qui a conduit Bill de Blasio à proposer, en partenariat avec les Knicks de New York, des billets pour un match de baseball à Madison Square aux patients de plus de 16 ans qui se faisaient vacciner selon le New York Post.

Le variant contagieux du coronavirus qui se propage en Inde et dans d'autres régions d'Asie pourrait également entraîner le retour d'un confinement dans le courant de l'année. Jeudi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré que la réouverture complète du pays pourrait être retardée en raison du variant, malgré une campagne de vaccination réussie et similaire à celle menée aux États-Unis.

Un brunch à Baby Brasa, un restaurant péruvien près de Greenwich village à New York. Alexi Rosenfeld/Getty Images

Et si la ville de New York ne retrouvera jamais son économie de 2019, tout comme l'Amérique elle-même, cela ne veut pas dire que la ville a perdu de son éclat. Tout comme elle l'a fait après la Grande Dépression et le 11 septembre, la Grosse Pomme entame le prochain chapitre de sa vie et il commence maintenant avec les élections municipales de novembre prochain.

BofA a anticipé une certaine reprise à court terme, car New York reste une "ville de premier plan pour les jeunes locataires, étant donné son statut de centre économique, financier et culturel". La baisse des loyers a également contribué à rendre la vie à New York plus abordable et plus attrayante pour les jeunes professionnels.

Même si la métropole était autrefois l'épicentre américain de la pandémie, la réouverture de New York est une métaphore des progrès du pays. Elle a également fait renaître l'énergie de la ville. Pour certains, cette partie de la ville ne s'est jamais éteinte. Même lorsqu'elle semblait vide, dit Peter, il y avait tant de gens qui veillaient les uns sur les autres.

"On s'habituait à voir le visage du même vendeur chez le caviste ou au café quand on prenait un plat à emporter", ajoute-t-il. "Tout ça, c'était au pire moment de la crise sanitaire, et les choses n'ont fait que s'améliorer à partir de là. C'était toujours une communauté."

En tant que personne ayant également survécu à la pandémie, je suis d'accord avec Peter. Le propriétaire de la bodega de mon quartier, le sympathique gardien du parking de ma rue, ainsi qu'un autre promeneur et ses cinq caniches sont devenus les visages que je voyais habituellement pendant ma routine confinée.

Avec une infinité d'options pour découvrir à nouveau la ville, j'ai recommencé à rencontrer régulièrement des inconnus et des visages oubliés, de mon serveur chez Lil' Frankie's à mon coiffeur et à mon coloriste, à tel point que cela devenait épuisant. Cela signifie bien une chose : New York est de retour.

Version originale : Hillary Hoffower/Insider

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