Voici comment une ingénieure en IA imagine le métier de radiologue dans le futur

Voici comment une ingénieure en IA imagine le métier de radiologue dans le futur

Maria Vakalopoulou, chercheuse spécialisée en IA à CentraleSupélec. Business Insider France/ Chisato Goya

L'intelligence artificielle (IA) a déjà montré des résultats encourageants dans le secteur de la santé. Et notamment pour anticiper ou détecter des tumeurs non-visibles grâce aux méthodes traditionnelles d'imagerie médicale. Récemment, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis ont notamment mis au point une IA capable de détecter des cas de cancer du sein quatre ans avant qu'ils ne soient visibles en imagerie traditionnelle, selon une étude publiée dans la revue scientifique Radiology.

L'IA va-t-elle remplacer ou radicalement changer certains métiers dans le corps médical comme celui des radiologues ? En marge de la conférence "France is AI" organisée mercredi 23 octobre 2019 à Station F à Paris, Maria Vakalopoulou, chercheuse spécialisée en IA à CentraleSupélec, a partagé ses prédictions sur la question avec Business Insider France. Voici ce qu'elle a répondu : l'IA n'est pas censée "remplacer les gens, mais plutôt les aider. Ce qui pourrait être vraiment bien pour un radiologue, c'est notamment de passer moins de temps à faire des choses qui peuvent être effectuées par une IA ou d'avoir un deuxième avis grâce à la technologie."

L'ingénieure de formation a estimé que les technologies d'IA "peuvent être facilement intégrées au travail quotidien des radiologues. Et encore une fois, c'est surtout pour les aider car à la fin, les médecins prendront la décision finale concernant le traitement à suivre et la maladie. Je ne pense pas que les radiologues seront remplacés par des IA, car des vies humaines sont en jeu. Mais ils devront se former à ces nouveaux outils et être capables de les interpréter correctement."

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Maria Vakalopoulou a dit que les médecins "devraient avoir des formations sur l'IA mais sans nécessairement connaître tous les détails algorithmiques. Ils devront connaître toutes les possibilités qu'offre l'IA, être capables de travailler avec elles et de les interpréter. Et ils le font déjà, ils ont des programmes qu'ils utilisent pour les aider, pour visualiser des images par exemple. L'IA constitue juste une amélioration qu'ils peuvent avoir dans leur boîte à outils."

Les obstacles qui freinent l'adoption intégrale de l'IA

Toutefois, les technologies d'IA présentent actuellement des obstacles plus ou moins importants, qui freinent leur adoption intégrale en milieu hospitalier notamment. Parmi eux, Maria Vakalopoulou a cité :

  • le nombre limité d'échantillons de données pour entraîner l'IA sur certaines maladies rares ;
  • le manque d'annotations des médecins sur les images : "même si j'ai une image, je ne peux déterminer où se trouve la tumeur par exemple, j'ai besoin de l'opinion d'un médecin, qui va alors créer ces annotations. C'est pour ça que l'on travaille toujours en collaboration avec les médecins", a expliqué l'ingénieure ; 
  • les annotations peuvent varier selon les médecins qui les ont rédigées ; 
  • des images qui ont des apparences différentes car prises avec des capteurs différents, sous différents paramètres : "les données que nous avons peuvent être très hétérogènes, en raison des différentes modalités d'images qui montrent les choses différemment. En imagerie médicale, toutes ces modalités (CT-Scan par exemple) sont utiles pour établir un diagnostic complet. C'est une limite, car vous ne pouvez pas utiliser un modèle d'IA que vous avez formé sur une modalité et l'appliquer à une autre. Il faut des process supplémentaires pour cela", a indiqué Maria Vakalopoulou ; 
  • l'IA marche bien mais il est parfois difficile de décrypter son mode de fonctionnement, qui s'apparente à une boîte noire pour les médecins.

Les technologies d'IA semblent en tout cas avoir un bel avenir devant elles dans le secteur de la santé. En effet, d'après un rapport de Business Insider Intelligence, les dépenses en IA dans la santé devraient croître de 48% par an entre 2017 et 2023.

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  1. Leopold

    Bonne chance pour l'IA en France quand on voit que un scanner rapporte 30 euros à un radiologue. Je le vois mal dépenser 2 euro par outil IA x 10 outils qu'ils n'utilise que quelques fois. Par ce que le délire des start up en IA en imagerie médicale c'est de vendre à l'utilisation un programme monotache. Mais bon tant que les chercheuses comme elle arrivent à vendre leurs logiciels à 500 million de dollars à Google le business de la start up du vaporware se portera bien.

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