Le programme lunaire de la NASA baptisé "Artemis", censé amener des astronautes sur la Lune d'ici 2024, commence à se préciser. L'agence spatiale américaine a dévoilé, lundi 1er juillet 2019, les 12 nouveaux projets scientifiques et technologiques qui iront sur la Lune dans la cadre du nouveau programme spatial. Les projets sélectionnés seront amenés sur notre unique satellite naturel par des atterrisseurs privés. Dans le cadre du programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS), doté d'un budget de 2,6 milliards de dollars répartis sur dix ans, la NASA avait annoncé fin mai 2019 avoir choisi trois entreprises privées — Astrobotic, Intuitive Machines et OrbitBeyond — pour envoyer jusqu'à 23 charges utiles sur la surface de la Lune. "La NASA devient un client de partenaires commerciaux qui vont faire atterrir nos instruments scientifiques et notre technologie lunaire à la surface de la Lune", avait déclaré l'administrateur de la NASA Jim Bridenstine.

D'après le communiqué de la NASA, un bon nombre des 12 projets scientifiques sélectionnés "intègrent du matériel existant, comme des pièces ou des modèles conçus pour des missions qui ont déjà volé. Sept d'entre eux visent à répondre à des questions en science planétaire ou en héliophysique, tandis que cinq feront la démonstration de nouvelles technologies". L'un des éléments lunaires qui intéressera les scientifiques est le régolithe, cette poussière qui recouvre le sol lunaire.

Thomas Zurbuchen, administrateur associé de la direction des missions scientifiques de la NASA, a déclaré : "les charges utiles lunaires sélectionnées représentent des innovations de pointe et profiteront des premiers vols dans le cadre de notre projet de services commerciaux".

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Dans l'ensemble, beaucoup de ces projets pourraient avoir des "applications plus larges pour Mars et au-delà, a-t-il précisé. Pour les Etats-Unis, faire atterrir à nouveau des hommes sur la Lune constitue un point d'étape "pour apprendre et développer les techniques et l'expérience nécessaires pour envoyer l'Homme sur Mars", avait expliqué à Business Insider France Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES).

Voici les 12 projets sélectionnés par la NASA dans le cadre de son programme d'exploration de la Lune.

Heimdall — Il s'agit d'un système de caméra flexible capable de prendre des images "de la plus haute résolution de la surface lunaire jamais obtenue, ce qui est important pour comprendre les propriétés" de la poussière lunaire, a déclaré R. Aileen Yingst de la Planetary Science Institute, responsable du projet. Des informations essentielles pour parfaire la sécurité des atterrissages futurs.
Voici les 12 projets scientifiques que la NASA va tester sur la Lune

La caméra Heimdall. Malin Space Science Systems

La NASA a octroyé un contrat de 2,3 millions de dollars pour deux ans pour ce projet.

L-CIRiS pour "Lunar Compact InfraRed Imaging System" — Un radiomètre, un instrument permettant de mesurer les longueurs d'ondes infrarouges de la lumière, va être déployé pour étudier la composition de la surface de la Lune, cartographier la distribution des températures de surface et montrer si l'appareil pourrait être utilisé pour de futures missions pour extraire les ressources in situ.

La Lune. Gregory H. Revera via Wikimedia Commons

LEXI pour "Lunar Environment heliospheric X-ray Imager" — Cette expérience permettra de prendre des images de l'interaction entre la magnétosphère de la Terre, située entre le milieu interplanétaire et la haute atmosphère terrestre, avec le flux de particules chargées — ions et électrons — éjectées du Soleil, appelé vent solaire. 

Illustration d'artiste du vent solaire. ESA

LISTER pour "Lunar Instrumentation for Subsurface Thermal Exploration with Rapidity" — Il s'agit d'un instrument conçu pour mesurer le flux de chaleur provenant de l'intérieur de la Lune. L'objectif serait de percer le régolithe à deux ou trois mètres de profondeur pour prendre la température à différents niveaux. 

La surface de la Lune. NASA

LuSEE pour "Lunar Surface Electromagnetics Experiment" — Ce projet utilisera du matériel issu des missions Parker Solar (Soleil) et MAVEN (Mars) pour prendre des mesures des événements électromagnétiques à la surface de la Lune.

Champ magnétique à la surface de la Lune. Les mesures ont été prises par le réflectomètre d'électrons de la mission Lunar Prospector de la NASA. Mark A. Wieczorek

La sonde magnétotellurique lunaire — Cet instrument doit permettre d'en savoir plus sur la structure et la composition du manteau de la Lune, en examinant ses champs électrique et magnétique. A l'origine, il avait été conçu pour la sonde MAVEN de la NASA, actuellement en orbite autour de Mars.

Vue d'artiste de la sonde MAVEN de la NASA. NASA

MoonRanger — Ce petit rover rapide, conçu par Astrobotic, la société également à l'origine de l'une des futurs atterrisseurs lunaires, devrait pouvoir explorer le terrain dans un périmètre d'un kilomètre depuis sa base et le cartographier en 3D. 

Le rover MoonRanger d'Astrobotic. Astrobotic

"MoonRanger offre un moyen d'accomplir des missions scientifiques de grande envergure et d'importance, et fera preuve d'une capacité prouvée lors de missions sur la Lune pour la NASA et le secteur commercial. Les techniques d'autonomie démontrées par MoonRanger permettront des missions d'exploration d'un genre nouveau qui marqueront le début d'une nouvelle ère sur la Lune", a déclaré le professeur Red Whittaker de la Carnegie Mello et responsable du projet dans un communiqué d'Astrobotic.

La NASA finance ce projet à hauteur de 5,6 millions de dollars.

NGLR pour "Next Generation Lunar Retroreflectors" — Des lasers sur Terre viseront ces dispositifs optiques pour mesurer de façon précise la distance entre la Terre et la Lune.

Réflecteur de la mission Apollo 11 sur le sol lunaire. NASA

Ordinateur pouvant résister aux radiations — La Lune a une atmosphère très ténue et un champ magnétique très faible par rapport à la Terre. Ainsi, l'exposition aux radiations cosmiques est forte, ce qui endommage les équipements électroniques. 

La Lune. NASA

Planetvac — Il s'agit d'une technologie permettant de transférer le régolithe lunaire vers d'autres instruments qui l'analyseront ou le conserveront dans des récipients qui retourneront sur Terre.

Régolithe sur la Lune. NASA.

RAC pour "Regolith Adherence Characterization" — Ce projet devrait permettre de déterminer comment le régolithe (poussière qui recouvre le sol lunaire) adhère à des matériaux exposés à l'environnement lunaire à différents stages de vol. 

Empreinte laissée sur la Lune par Buzz Aldrin en 1969. NASA

SAMPLR pour "Sample Acquisition, Morphology Filtering, and Probing of Lunar Regolith" — Une technologie permettant de récolter des échantillons sur la Lune devrait être déployée. Elle comprend notamment un bras robotique, qui correspond à un modèle de rechange initialement conçu pour la mission Mars Exploration Rover.

Le rover Curiosity de la mission Mars Exploration Rover et son bras robotique. Un modèle de rechange du même type sera amené sur la Lune. NASA/JPL-Caltech


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