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Voici les 4 conséquences principales de la pollution lumineuse

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Voici les 4 conséquences principales de la pollution lumineuse
Selon l'association Agir pour l'environnement, les personnes habitant en ville ne pourraient apercevoir qu’une vingtaine d’étoiles, "contre plusieurs milliers dans un ciel préservé de toute lumière artificielle". © NASA/Unsplash
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La pollution lumineuse, fléau des nuits étoilées. Ce phénomène, particulièrement prégnant dans les villes, n'est pas anodin. Il rend plus difficile l'observation des étoiles la nuit, mais il a également des conséquences sur la biodiversité ainsi que des effets néfastes sur la santé et engendre un gaspillage énergétique. "Le nouveau siècle des lumières est en passe d'éteindre la nuit", peut-on ainsi lire dans une tribune publiée sur le site internet du Monde, le 17 octobre. Le texte, signé par un collectif de scientifiques, journalistes et militants associatifs, met en lumière les répercussions de cette "pollution insidieuse".

La tribune indique que "plus de 11 millions de points lumineux pour l'éclairage public et 3,5 millions d'enseignes publicitaires" illuminent le ciel en France, une "explosion de lumières artificielles, qui a crû de 84% ces vingt dernières années". Des dispositions légales sont pourtant inscrites dans le code de l'environnement, au chapitre sur la prévention des nuisances lumineuses, "pour prévenir ou limiter les dangers ou troubles excessifs aux personnes et à l'environnement causés par les émissions de lumières artificielles et limiter les consommations d'énergie".

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Parmi les initiatives lancées pour sensibiliser au sujet, "Le jour de la nuit", coordonné par l'association Agir pour l'environnement, avec comme slogan "éteignons la lumière, rallumons les étoiles". La 13ème édition a eu lieu le 9 octobre dernier et a donné lieu à plus de 700 événements organisés dans toute la France. Car la pollution lumineuse a un impact "très concret" sur notre environnement. Voici les quatre principales conséquences de la pollution lumineuse du ciel nocturne.

Moins d'étoiles, plus de satellites

Forest Katsch/Unsplash

C'est "une vision d'horreur pour les astronomes" : Eric Lagadec, le président de la Société française d'astronomie et d'astrophysique, ne mâche pas ses mots lorsqu'il évoque Starlink sur les réseaux sociaux. "On risque de perdre notre ciel étoilé et la possibilité de faire de l'astronomie depuis le sol", poursuit-il sur Twitter. Et le phénomène n'est pas près de s'arrêter, Elon Musk ayant prévu de lancer une constellation près de 42 000 satellite en orbite basse, afin d'améliorer la couverture du réseau Internet. Ce n'est pas sans conséquences pour le ciel étoilé, puisque les objets spatiaux reflètent la lumière du Soleil sur la face cachée de la Terre.

Selon une étude publiée en juin 2021 dans la revue Monthly notices of the Astronomical society, le déploiement de constellations de satellites "représente une menace supplémentaire qui suscite de vives inquiétudes", avec une potentielle "perte irrémédiable d'informations" et dont la gravité est "encore à l'étude". En effet, les traînées laissées dans le ciel peuvent "compromettre les données astronomiques", en contribuant à augmenter la luminosité du ciel, au-delà de la limite fixée — en 1979 — par l'Union astronomique mondiale pour préserver les capacités d'observation des sites astronomiques. Ainsi, Eric Lagadec indique que le futur observatoire Vera Rubin, qui sera situé au Chili, pourrait perdre "jusque 40% de ses observations durant les premières et les dernières heures de la nuit".

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La biodiversité menacée

Clément Falize/Unsplash

Le point commun entre des papillons de nuit qui s'épuisent à tourner autour d'un lampadaire, des rouges-gorges qui chantent en pleine nuit et des lucioles aux signaux lumineux perturbés ? Des troubles de la reproduction — et donc un risque pour la survie des espèces. Ce sont autant de conséquences concrètes liées à la lumière artificielle la nuit. Celle-ci peut également perturber le sens de l'orientation, le cycle de migration, le cycle physiologique des plantes… C'est une "véritable menace écologique" et "un enjeu crucial pour la biodiversité nocturne", peut-on lire sur le site gouvernemental sur la biodiversité. A titre d'exemple, 38% des chauve-souris ont disparu en métropole sur la dernière décennie, notamment en raison de la pollution lumineuse.

Un mauvais positionnement de l'éclairage urbain, la surpuissance de la lumière, un usage parfois inutile et intrusif… peuvent fragmenter les paysages nocturnes et ainsi restreindre les déplacements et l'accès à la nourriture des espèces animales terrestres nocturnes — qui représentent 1/3 des vertébrés et 2/3 des invertébrés. La lumière devient ainsi un obstacle, au même titre que les habitations ou encore les voies ferrées. Le concept de "trame noire", à l'image des trames vertes et bleues qui permettent aux animaux de se déplacer sans obstacles en milieu terrestre ou aquatique, vise ainsi à recréer une "continuité nocturne", pour préserver la faune et la flore qui ont besoin de la nuit.

La lumière artificielle perturbe l'horloge interne

Rui Silvestre/Unsplash

Éclairages urbains, télévisions, ordinateurs et tablettes, phares automobiles et surtout téléphones portables, sont autant de sources lumineuses qui peuvent polluer nos soirées et nos nuits. Dans un rapport adopté le 29 juin 2021, l'Académie nationale de médecine liste une série de recommandations concernant la pollution lumineuse et ses effets nocifs sur la santé des êtres humains, et préconise notamment "d'inclure l'exposition à la lumière de nuit dans la liste des agents perturbateurs endocriniens".

L'exposition à la lumière artificielle a notamment "un effet délétère sur l'horloge interne", en bloquant la sécrétion de mélatonine — une hormone naturelle produite la nuit et qui participe à la régulation du cycle jour/nuit — et peut occasionner des troubles cognitifs, du sommeil, de l'humeur, voire favoriser les prédispositions à certaines maladies, telles que le cancer du sein chez les infirmières travaillant de nuit par exemple. Le rapport met également en avant les risques de l'utilisation abusive, et tardive, des écrans, en particulier chez les enfants et les adolescents : en plus d'abîmer la rétine, la "lumière bleue" a un impact "considérable" sur l'horloge biologique.

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Un gaspillage énergétique

Dennis Kummer/Unsplash

Selon l'association International Dark Sky, au moins 30% de l'éclairage extérieur serait gaspillé aux États-Unis, représentant un coût de 3,3 milliards de dollars par an et émettant 21 millions de tonnes de CO2 annuellement. La lumière artificielle nocturne représenterait "20% de la consommation mondiale d'électricité, 6% des émissions de CO2 et 3% de la demande mondiale en pétrole", indique le CNRS.

Mal conçu et mal adapté, l'éclairage extérieur, et en particulier l'éclairage public, génère une surconsommation d'énergie. Selon l'Ademe, citée par le ministère de la Transition écologique, le parc d'éclairage public de 11 millions de points lumineux représente 41% de la consommation d'électricité des communes françaises, émettant 670 000 tonnes de CO2 par an. "Globalement vétuste", il contribue ainsi à l'émission de gaz à effet de serre et donc au réchauffement climatique. Le code de l'environnement précise quant à lui les mesures à mettre en place pour limiter les nuisances lumineuses des bâtiments publics et commerciaux.

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