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Voici les 7 grandes entreprises spatiales engagées dans la bataille des mégaconstellations de satellites

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Voici les 7 grandes entreprises spatiales engagées dans la bataille des mégaconstellations de satellites
Jeff Bezos, Elon Musk et Dan Goldberg. © Getty Images
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Le haut débit distribué par satellite devient un moyen de plus en plus populaire de se connecter à Internet. Les grandes entreprises spatiales proposent un flux Internet ultrarapide, transmis par des satellites placés en orbite basse. Elles ont une chose en commun : elles se battent pour régner sur le secteur de l'Internet par satellites.

Starlink de SpaceX

Le PDG de SpaceX, Elon Musk. Hannibal Hanschke-Pool/Getty Images

De toutes les entreprises, Starlink est celle qui, à ce jour, a mis le plus de satellites en orbite. L'entreprise spatiale d'Elon Musk compte actuellement plus de 1 350 satellites en orbite, et prévoit d'en lancer jusqu'à 42 000 d'ici à la mi-2027. À terme, Starlink — une filiale de SpaceX — veut recouvrir le globe de milliers de satellites pour construire un réseau mondial.

Le test "Better Than Nothing Beta" de Starlink a été lancé en octobre 2020 et a depuis séduit plus de 10 000 utilisateurs provenant de six pays différents. Le modèle économique de Starlink relie directement les clients aux satellites — aucune entreprise de télécommunications ne joue le rôle d'intermédiaire.

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Les utilisateurs s'inscrivent à Starlink via son site web. Lorsque le service est opérationnel dans la région, les abonnés reçoivent un email pour acheter le kit. Starlink peut même proposer aux utilisateurs des précommandes à 99 dollars (environ 82 euros), comme il l'a fait en Australie, au Mexique et dans certaines régions des États-Unis, où le réseau n'est pas encore opérationnel.

Une fois la commande acceptée, Starlink envoie le kit comprenant un trépied, un routeur WiFi et un terminal aux clients. Au total, cela coûte aux utilisateurs 499 dollars (environ 413 euros) pour le kit et 99 dollars pour l'abonnement mensuel Starlink jusqu'à 210 mégabits par seconde. Les clients installent ensuite eux-mêmes le kit.

Starlink est en pleine expansion et prévoit d'installer des antennes sur les véhicules en mouvement pour les connecter au réseau satellitaire. La domination de Starlink n'enthousiasme pas tout le monde. Les fournisseurs de services internet locaux aux États-Unis affirment que Starlink utilise une technologie dont l'efficacité n'est "pas prouvée" avec sa constellation de satellites. Ils ont demandé à la Commission fédérale américaine des communications (FCC) d'examiner sa candidature au Rural Digital Opportunity Fund, pour lequel Starlink a reçu 885 millions de dollars (environ 733 millions d'euros).

Le Project Kuiper d'Amazon

Le fondateur d'Amazon et de Blue Origin, Jeff Bezos. MANDEL NGAN/AFP via Getty Images

Le Project Kuiper, une filiale d'Amazon, a vu le jour en 2018 lorsque des documents gouvernementaux ont révélé que le géant technologique allait de l'avant avec la construction d'un service Internet spatial mondial. Le projet vise à disséminer 3 236 satellites à une altitude de 630 kilomètres ; soit très proches des satellites de Starlink, placés à 550 kilomètres d'altitude.

En janvier, la FCC a donné au Project Kuiper l'autorisation réglementaire de lancer sa flotte de satellites dans l'espace d'ici juillet 2029 et de la connecter à des antennes sur la Terre pour fournir un service Internet. 50 % de ses satellites devraient être opérationnels d'ici le 30 juillet 2026.

On ignore encore à quoi ressembleront les satellites du Project Kuiper, ni sur quelle fusée ils seront lancés ; mais la société spatiale du fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, Blue Origin, pourrait les envoyer en orbite via sa fusée New Glenn.

Des sources ont déclaré à Insider en 2019 que le siège de Project Kuiper se trouve à quelques kilomètres du siège de Microsoft à Redmond, dans l'État de Washington.

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ViaSat

Le logo de ViaSat depuis l'écran d'un smarphone. Rafael Henrique/SOPA Images/LightRocket via Getty Images

La société californienne ViaSat exploite cinq satellites GEO à environ 35 000 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre. Elle va compléter cette constellation au début de l'année 2022 en mettant en orbite trois "satellites GEO à ultra-haute capacité", ce qui permettra d'obtenir une couverture mondiale d'ici 2023, a déclaré un porte-parole de ViaSat à Insider. ViaSat prévoit également de mettre 288 satellites en orbite terrestre basse (LEO) d'ici 2026.

Mark Dankberg, président exécutif et cofondateur de ViaSat, a déclaré le 15 avril à Insider que les satellites GEO et LEO se complètent. Selon, ViaSat essaye de créer une "constellation multiorbitale où l'on utilise des satellites GEO et des satellites LEO d'une manière qui semble transparente pour les utilisateurs".

Mark Dankberg a donné un exemple des avantages de l'utilisation de différents satellites orbitaux pour les vidéos en ligne : les satellites LEO peuvent offrir la latence — le délai entre les actions d'un utilisateur et la réponse de l'internet — et la bande passante à moindre coût des satellites GEO.

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En décembre dernier, Viasat a demandé à la FCC d'étudier les impacts environnementaux potentiels de Starlink. La réponse d'Elon Musk ne s'est pas fait attendre. "Starlink 'pose un risque' pour les profits de Viasat, plutôt", a-t-il tweeté.

Mark Dankberg a souligné qu'il est courant pour les entreprises de devenir des "ennemis" dans l'industrie spatiale. Bien qu'elle ait un contrat de lancement avec SpaceX, ViaSat est préoccupée par les milliers de satellites que SpaceX met en orbite.

Le lancement d'un plus grand nombre de satellites augmente les risques de collisions, qui entraîneraient une augmentation du nombre de débris spatiaux et pourraient constituer un "scénario catastrophe pour l'espace", selon Mark Dankberg.

Hughes Net

L'équipe du satellite Jupiter 2 de Hughes. Hughes Net

Hughes Net, le plus grand fournisseur d'accès à Internet par satellite des États-Unis, s'appuie sur des satellites situés à environ 36 000 kilomètres en orbite géostationnaire pour transmettre l'Internet vers la Terre. La principale différence entre les satellites en orbite basse et les satellites géostationnaires (GEO), plus grands, est que ces derniers sont beaucoup plus éloignés et peuvent donc provoquer des retards de quelques secondes dans les appels vidéo et autres technologies.

Mais les satellites GEO sont dans une position fixe, donc contrairement aux satellites LEO, ils ne se déplacent pas en orbite et ciblent leur service Internet dans une zone spécifique. Hughes, qui compte plus de 1,5 million d'abonnés, a six satellites en orbite, qui couvrent diverses parties de l'Amérique du Nord et du Sud et du Canada, y compris le Mexique, le Brésil et le Chili. Sharyn Nerenberg, porte-parole de Hughes Net, a déclaré à Insider que la société se concentrait uniquement sur la fourniture d'Internet au continent américain.

Le dernier satellite que Hughes a lancé remonte à juin 2018 et l'entreprise souhaite en envoyer un autre, baptisé Jupiter 3, dans la seconde moitié de 2022. Sharyn Nerenberg a déclaré que Jupiter 3 sera le plus grand satellite commercial jamais lancé.

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Les personnes qui s'inscrivent à Hughes Net reçoivent un kit par la poste et le font installer par un prestataire extérieur.

Le coût du service satellite Hughes varie de 59,99 (environ 49 euros) à 149,99 dollars (environ 124 euros) par mois pour des vitesses de téléchargement de l'ordre de 25 Mbps. Le kit est proposé au prix de 249,99 dollars (environ 207 euros), plus 199 dollars de frais d'installation (environ 164 euros), ce qui porte le prix d'achat total à 449,98 dollars (environ 373 euros), soit 50 dollars de moins que le Starlink de SpaceX.

Sharyn Nerenberg a également affirmé que Hughes offrait des points d'accès WiFi communautaires via son réseau satellitaire à de petites zones rurales d'Amérique latine pour ceux qui ne peuvent pas s'offrir un abonnement.

OneWeb

Une fusée transportant 36 satellites OneWeb décolle d'une rampe de lancement du cosmodrome de Vostochny en Russie.  Yuri Smityuk\TASS via Getty Images

OneWeb est un fournisseur britannique de services haut débit par satellite qui dispose actuellement de 146 satellites placé en orbite à 1 200 kilomètres et prévoit d'avoir 648 satellites au total pour couvrir le monde entier.

L'entreprise a été sauvée de la faillite par le gouvernement britannique et le groupe indien Bharti en novembre dernier, qui s'engage maintenant à investir 1 milliard de dollars (environ 829 millions d'euros) dans l'entreprise. OneWeb veut fournir Internet à l'ensemble du Royaume-Uni d'ici juin. Son lancement le plus récent, le 25 mars, offrira une couverture Internet au sommet du globe jusqu'au 50e degré de latitude, couvrant des pays comme l'Alaska, le Canada, le Groenland, la Russie, les pays nordiques et l'Europe du Nord.

L'entreprise britannique propose un modèle interentreprises dans lequel elle fournit l'Internet par satellite aux entreprises de télécommunications, qui distribuent ensuite le service aux clients. Chris McLaughlin, à la tête de la réglementation et de l'engagement chez OneWeb, a déclaré à Insider que la société avait eu des discussions avec le gouvernement britannique pour faire partie du projet Gigabit du Royaume-Uni, estimé à 6,9 milliards de dollars (environ 5,7 milliards d'euros), tout comme Starlink.

Les satellites OneWeb et Starlink ont failli entrer en collision en orbite le 3 avril, ce qui aurait pu envoyer des milliers de débris dans l'espace et aggraver la crise des déchets spatiaux.

Chris McLaughlin a déclaré le 12 avril à Insider que ce n'était "la faute de personne mais un grand défi" pour éviter que cela ne se produise.

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Eutelsat

L'équipe de lancement du satellite Konnect. Eutelsat

Eutelsat est un opérateur européen de satellites qui possède 39 satellites GEO positionnés à 36 000 kilomètres en orbite. La société fournit actuellement Internet à certaines parties de l'Europe et de l'Afrique, et prévoit de lancer un autre satellite appelé Konnect VHTS, qui couvrira le reste de l'Europe.

"Konnect VHTS changera la donne, en permettant à Eutelsat de fournir une puissante connectivité de manière transparente à l'utilisateur final, à un prix comparable à celui des opérateurs terrestres", s'est félicité Michel Azibert, directeur général adjoint d'Eutelsat, auprès d'Insider le 16 avril.

L'abonnement à Eutelsat varient entre 30 et 70 euros par mois pour des vitesses comprises entre 30 et 100 Mbps, avec des frais initiaux compris entre 49 et 149 euros selon le marché, a précisé Michel Azibert. Il a ajouté que ces prix étaient "bien inférieurs à ceux de Starlink et très bien adaptés aux marchés ruraux que nous ciblons dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique, ndlr)."

Les satellites d'Eutelsat "constituent une solution fiable pour fournir de manière rentable les zones et régions où la fibre optique restera trop coûteuse à déployer", a-t-il ajouté.

Eutelsat, fondée en 1977, envoie ses satellites dans l'espace à partir de différents endroits dans le monde. Le premier satellite qu'elle a lancé remonte à 1983.

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Telesat

Le PDG et président de l'opérateur de services par satellite Telesat, Daniel Goldberg, lors d'une session du World Summit For Satellite Financing. ERIC PIERMONT/AFP

Télésat, dirigée par Dan Goldberg, possède déjà 15 satellites GEO situés à plus de 35 000 kilomètres au-dessus de la Terre. L'entreprise canadienne prévoit également une constellation LEO appelée "Lightspeed" — le premier lot de 298 satellites, construits par Thales Alenia Space, devrait être lancé début 2023. L'objectif est de fournir un service mondial complet d'ici 2024.

Manik Vinnakota, directeur du développement commercial et des produits chez Télésat, a déclaré à Insider que les satellites pèsent environ 700 kilos et ont une durée de vie de 10 à 12 ans. Mais il a ajouté que "le GEO restera le moyen le plus efficace de fournir du contenu à de vastes zones géographiques" en ce qui concerne la diffusion de vidéos.

L'entreprise fournit son Internet par satellite aux marchés gouvernementaux, aéronautiques, maritimes et terrestres, a précisé Manik Vinnakota. Selon Space News, Daniel Goldberg a confirmé lors du forum numérique LEO de Satellite 2021, le 6 avril, que Lightspeed coûterait 5 milliards de dollars (environ 4,1 milliards d'euros). Ce qui est beaucoup moins cher que les projets de SpaceX et d'Amazon qui dépassent tous deux la barre des 10 milliards de dollars (environ 8,2 milliards d'euros).

Il a estimé, le 12 avril, que Télésat se trouvait "dans la fourchette idéale" en matière de prix. En 2019, Télésat a signé un accord de lancement avec Blue Origin de Jeff Bezos afin d'utiliser ses fusées, comme la New Glenn, pour mettre en orbite ses satellites LEO.

David Wendling, directeur technique de Télésat, a déclaré à Reuters que l'entreprise était en pourparlers avec trois différents fournisseurs de services de lancement, mais qu'elle n'avait pas encore pris de décision définitive.

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