Voici les 25 pays les plus dangereux pour les journalistes

Un journaliste et un jeune garçon qui se couvrent durant une manifestation, près de la place Tahrir, Le Caire, Egypte, 2011. Alisdare Hickson/Flickr.

  • Reporters sans frontières a publié son classement mondial annuel de la liberté de la presse.
  • À ce jour, 176 journalistes sont emprisonnés à travers le monde.
  • Depuis le début de l'année 2018, 24 journalistes ont été tués dans le monde.

Reporters sans frontières (RSF) vient de publier l'édition 2018 de son classement mondial de la liberté de la presse.

C'est un classement des 180 pays selon "le degré de liberté dont jouissent les journalistes".

Pour cela, RSF a demandé à des experts de juger les pays, sur des critères comme "le pluralisme, l'indépendance des médias, l'environnement et l'autocensure, le cadre légal, la transparence et la qualité des infrastructures soutenant la production de l'information".

Une équipe de chercheurs relève les exactions commises à l'encontre des journalistes, journalistes-citoyens, et de leurs collaborateurs.

A ce jour, 176 journalistes sont emprisonnés à travers le monde. Et depuis le début de l'année 2018, 24 journalistes ont été tués dans le monde.

Voici le classement des 25 pays les plus dangereux pour les journalistes:

25. Rwanda — Le Rwanda a perdu trois places du classement depuis 2017 car quelques efforts sont faits. Malgré cela, autocensure et répression sont toujours d'actualité. 

"Des idées ... Pas d'idéologie". Publicité pour Radio Flash, une radio rwandaise. Wikimedia Commons/Adam Jones, Ph.D.

24. Turquie — La Turquie est considérée comme la plus grande prison du monde pour les journalistes. Depuis la tentative de putsch de juillet 2016, les journalistes sont la cible du gouvernement. Des dizaines de journaux ont été fermés et il reste des journaux à faible tirage qui sont harcelés. 

Journalistes turcs qui manifestent contre l'emprisonnement de leurs collègues, en 2016. Wikimedia Commons/Dünya İnsan Hakları Günü’nde 146 Gazeteci Cezaevinde

23. Kazakhstan — Les médias d'opposition sont fermés depuis 2013. Les journalistes et blogueurs sont souvent arrêtés, et internet est très contrôlé. Il y a des coupures temporaires de sites d'information, de réseaux sociaux et des messageries instantanées. Fin 2017, de nouveaux amendements contre le journalisme d'investigation ont été promulgués.

Manifestant contre le gouvernement kazakh après le massacre de Zhanaozen (Kazakhstan) , en 2011. San Francisco, USA. Wikimedia Commons/Amineshaker

22. Burundi — Les journalistes qui ne se plient pas au discours officiel sont contraints à l'exil, certains disparaissent mystérieusement comme Jean Birigamana. Ils sont accusés d'être des 'putschistes' ou des 'ennemis de la nation'.

Le personnel du groupe de presse Iwacu rend hommage à un de ses journalistes, Jean Bigirimana, disparu le 22 juillet 2016. Youtube/Iwacu web TV

21. Irak — En Irak, le média est perçu comme un instrument politique de propagande. Les journalistes sont menacés par des milices proches du pouvoir et par Daesh. Quand des enquêtes sont menées sur certains crimes, elles n'aboutissent pas.

Un journaliste à Mossoul, en Irak, 2016. Wikimedia Commons/Mstyslav Chernov

20. Egypte — Le président égyptien Al Sissi et son gouvernement contrôlent et censurent la presse, les sujets militaires ou économiques valent la prison aux journalistes. Depuis 2015, les journalistes ont l'obligation de respecter la version officielle lors des couvertures des attentats.

Un journaliste et un jeune garçon qui se couvrent durant une manifestation, près de la place Tahrir, Le Caire, Egypte, 2011, Flickr/Alisdare Hickson

19. Libye — Les journalistes s'exilent en masse car ils ne peuvent exercer leur métier librement et les crimes dont ils sont les victimes sont impunis.

Migrants libyens dans un camps à la frontière tunisienne, 2011. Wikimedia Commons/DFID UK

18. Azerbaïdjan — Corruption, chantage, menace, passage à tabac,etc. Tous les moyens sont bons en Azerbaïdjan pour empêcher le travail des journalistes. S'ils finissent par s'exiler mais continuent leur résistance, comme Emin Milli, c'est leur famille qui en paie le prix.

Emin Milli, journaliste azéri exilé en Allemagne, dont les proches restés en Azerbaidjan reçoivent des menaces.Flickr/United States Mission Geneva

17. Iran — Le gouvernement mène la vie dure aux médias depuis 39 ans. Blogueurs et citoyens-journalistes des réseaux sociaux sont également victimes de répression.

Conférence de Mohammad-Taqi Mesbah-Yazdi, homme politique iranien et membre du clergé chiite. Wikimedia Commons/Mostafameraji

16. Ouzbékistan —  Le nouveau dirigeant Shavkat Mirziyoyev essaie d'améliorer la liberté de la presse. Il a libéré des journalistes arrêtés injustement, comme Youssouf Rouzimouradov, qui a passé 19 ans en prison, le record mondial. Mais l'Ouzbékistan a perdu quatre places dans ce classement.

Le chef d'état ouzbek, Shavkat Mirziyoyev. Kremlin

15. Bahreïn — Les journalistes 'dissidents' sont enfermés, déchus de leur nationalité, accusés de vandalisme ou de soutien au terrorisme. Il est difficile pour un journaliste étranger d'obtenir un visa.

Le ministre du pétrole Sheikh Mohammed bin Khalifa al-Khalifa lors d'une conférence de presse à Manama, Bahrein, le 4 avril 2018. REUTERS/Hamad I Mohammed

14. Yémen — Les journalistes sont agressés, enlevés, menacés et bombardés par la coalition menée par l'Arabie Saoudite. Deux journalistes et un journaliste-citoyen ont été tués depuis le début de l'année 2018. Au moins une dizaine ont été pris en otage par les houthis ou Al Qaida. 

Une douzaine de manifestants se sont retrouvés à Trafalgar Square, à Londres, pour protester à l'occasion du 3ème anniversaire du bombardement du Yémen par l'Arabie Saoudite, soutenue par le Royaume Uni, 26 mars 2018, Royaume-Uni. Flickr/Alisdare

13. Somalie — La corruption, l'insécurité et l'autocensure règnent. Les journalistes sont menacés par les organisations non étatiques et par le gouvernement. En 2017, quatre journalistes ont été tués.

Des journalistes somaliens lors d'une cérémonie à l'occasion de la journée internationale de la liberté de la presse, le 3 mai 2017, à Mogadishu en Somalie. Flickr/UN Som

12. Arabie Saoudite — Les journalistes-citoyens prennent des risques et partagent des informations sur internet. Ils peuvent être arrêtés arbitrairement et sans procès, torturés, fouettés.

Depuis son arrivée au pouvoir, le prince héritier Mohammed ben Salmane n'a apporté aucune amélioration à liberté de la presse, malgré son discours d'ouverture. Bandar Algaloud/Saudi Royal Court/Handout via REUTERS

11. Laos — Depuis fin 2014, un décret punit de prison les internautes qui critiquent le gouvernement ou le parti communiste. Internet était la seule plateforme où circulait l'information libre. Sur les 40 chaines de télévisions, seules trois sont privées.

Le Laos est un des pays les plus pauvres du monde. Flickr/Padmanaba01

10. Guinée Équatoriale — Les médias sont contrôlés et censurés par le gouvernement en place depuis des années. Les reportages sur les printemps arabes, les conflits au Mali et en Syrie, le procès de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à la CPI sont interdits.

Pastor Micha Ondo Bile, ministre Équato-Guinéen des affaires étrangères depuis 15 ans.Flickr/Embassy of Equatorial Guinea

9. Cuba — Les journalistes sont soumis à la censure du régime. Ils sont arrêtés, emprisonnés arbitrairement et menacés. La Constitution n'autorise pas les sociétés privées à posséder des médias.

Un accès wi-fi à la Havane, Cuba. Seuls 25% de la population utilise internet et seuls 5% des foyers ont une connexion. Wikimedia Commons/Othmar Kyas

8. Djibouti — Il n'y a aucun média indépendant ou privé. Les journalistes sont sévèrement réprimés s'ils ne font pas la propagande du président.

Ismaïl Omar Guelleh, président de Djibouti. Flickr/AR AlHashemi

7. Soudan — Depuis le début de l'année 2018, 18 journalistes ont été arrêtés, une radio suspendue et des journalistes temporairement interdits d'exercer. Le Service national de renseignement et de sécurité (NISS) est chargé de faire taire les médias. 

Christopher Allen est un journaliste américain de 25 ans. Il fait partie des 19 journalistes tués en août 2017 au Soudan. Christopher Allen/The War Zone Freelance Project 

6. Vietnam — Il n'existe pas de presse indépendante. Les blogueurs et journalistes-citoyens sont souvent accusés de 'propagande anti-étatique', 'd'activités visant à renverser l'administration du peuple' et 'd'abus des droits à la liberté et à la démocratie' et expulsés ou emprisonnés.

La bloggeuse et dissidente Me Nam condamnée à 10 ans de prison. Facebook/Me Nam

5. Chine — Plus de 50 journalistes et blogueurs sont toujours en prison. Les médias sont sous contrôle, le gouvernement utilise les nouvelles technologies pour surveiller et censurer ceux qui ne suivent pas le discours officiel.

Journaliste chinoise à Washington DC pour le Nouvel an chinois, Washington DC, Etats-Unis, 2015. Wikimedia Commons/S Pakhrin

4. Syrie — Les journalistes sont la cible de l'armée gouvernementale et ses alliés, des forces kurdes, de l'Etat islamique et des forces turques. Arrestations, intimidations, passages à tabac et meurtres des journalistes font partie de la routine. Depuis le début de l'année 2018, deux journalistes ont été tués.

Médias étrangers à Palmyre, Syrie, 2016. Wikimedia Commons/Mil.ru

3. Turkménistan — L'État contrôle tous les médias. La population ne peut accéder qu'à une petite partie du web. Les paraboles sont petit à petit enlevées des villes dans un souci 'd'embellissement'. Les journalistes sont arrêtés, torturés, agressés et contraints de fermer. Cette année, la première loi audiovisuelle a autorisé les chaînes privées, à condition qu'elles diffusent une 'image positive du Turkménistan'.

Gurbanguly Berdimuhamedow, le président du Turkménistan, est appelé "Père protecteur". Wikimedia Commons

2. Érythrée — Au moins 11 journalistes sont actuellement en prison. Le président Issaias Afeworki, responsable de crimes contre l’humanité, n'essaie pas de cacher l'absence totale de libertés. Il a déclaré en 2014: 'Ceux qui pensent qu'il y aura la démocratie dans ce pays peuvent le penser dans un autre monde'.

Marché de Dekemhare, Erythrée. Wikimedia Commons/David Stanley

1. Corée du Nord — La Corée du Nord est en première position du classement. Le gouvernement maintient sa population dans l'ignorance. Consulter le site d'un média étranger vaut un séjour en camp. L’agence de presse KCNA est la seule autorisée à transmettre des informations aux médias.

Les coréens pleurent la mort de Kim Jong-il le 17 décembre 2011 sur des images de la télévision publique DPRK.
YouTube/Alex Ogle


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