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Voici les produits que l'on peut encore manger après leur date de péremption sans danger

Voici les produits que l'on peut encore manger après leur date de péremption sans danger
© Unsplash/Caroline Attwood

Chaque année en France, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont gaspillées, soit l'équivalent de 150 kg par habitant et par an, selon l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie). Les pouvoirs publics se sont saisis du sujet en votant en 2016 une loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire : sa principale mesure était notamment d'obliger les supermarchés de plus de 400 m² à ne plus détruire les invendus alimentaires mais à les donner à des associations. Une ordonnance du gouvernement du 21 octobre a étendu cette réglementation aux secteurs de la restauration collective privée et de l'industrie agroalimentaire.

Outre ces nouvelles lois, d'autres initiatives ont aussi vu le jour, notamment via des applications destinées aux particuliers comme Too Good Too Go, permettant de récupérer les invendus alimentaires des magasins. Une autre des solutions préconisées, notamment par l'Ademe suite à une "opération-témoin", est de clarifier les dates limite de consommation des aliments, afin de ne plus jeter à la poubelle ce qui peut encore être mangé. Première chose à savoir, ce sont les producteurs qui fixent les dates sur les aliments, après validation par des tests de vieillissement : sur un même type de produit, vous pouvez donc trouver des variations entre plusieurs marques.

'À consommer jusqu'au' ou 'À consommer de préférence avant' ?

Business Insider France/Claire Sicard

Seuls quelques aliments n'ont pas de dates indiquées : les fruits et légumes frais, ainsi que les produits de boulangerie ou de pâtisserie, les vins, les boissons alcoolisées à partir de 10°, les sucres, le sel de cuisine ou encore les bonbons. Pour ces produits, il faudra donc vous fier à votre bon sens. Pour les autres, il faut connaître la différence entre DLC, DLUO et DDM. On parle de DLC (Date Limite de Consommation) quand il s'agit de denrées périssables : cette limite devient du coup impérative à respecter pour la plupart des produits, sous peine de risque sanitaire. C'est le cas par exemple du jambon, de la viande fraîche, du saumon fumé, etc. Sur l'emballage du produit, on retrouve la mention "À consommer jusqu'au...".

On parlait aussi auparavant de la DLUO (Date Limite d'Utilisation Optimale) : elle n'existe plus et a été remplacée par la DDM (Date de Durabilité Minimale). La DDM s'applique par exemple sur les boîtes de conserve ou les gâteaux secs et la formule indiquée sur le produit est "À consommer de préférence avant...". Une fois la date passée, il n'y a pas de réel danger, mais le produit peut avoir perdu du goût, de la texture, etc. Attention cependant à vérifier aussi que l'aliment a été conservé de manière optimale, c'est-à-dire que l'emballage ne soit pas abîmé et que le produit semble normal d'aspect, mais aussi sans odeur. Une fois ces précautions prises, voici ce qu'il faut savoir pour manger sans risques :

La viande crue : regarder la DLC, mais...

Unsplash/Alex Pavlyuk

Lorsqu'est indiqué "À consommer jusqu'au...", il faut distinguer deux sortes de produits : la viande crue et les produits à consommer en l'état et sans cuisson, comme une tranche de jambon. Laurent Guillier, chargé de projet en appréciation des risques en microbiologie au sein de l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), a expliqué à Business Insider France que "pour les viandes fraîches de type steak haché, si la cuisson est suffisante, les bactéries qui ont pu éventuellement se multiplier vont être détruites au moment de la cuisson". Si l'on fait attention à bien cuire la viande et si l'aspect et l'odeur semble normal, on peut éventuellement manger une viande dont la DLC est dépassée de quelques jours. Mais en restant vigilant.

Les boîtes de conserve, sans risque si leur aspect est normal

Pixabay/heberhard

Il faut vérifier si les boîtes de conserve n'ont pas un aspect bombé ou inhabituel, ce qui pourrait indiquer une éventuelle prolifération de bactéries pathogènes et donc un risque pour la santé. Même chose si vous constatez un trou ou une fuite sur la boîte. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez consommer vos boîtes de conserve longtemps après la Date de Durabilité Minimale (DDM) figurant sur l'emballage.

Les yaourts, peu de risque malgré leur DLC

Pixabay/stgortol

Une Date Limite de Consommation (DLC) de type "À consommer jusqu'au..." figure sur les emballages des yaourts. Mais contrairement à certains autres produits, on peut quand même les manger sans risques, même après leur date limite. Laurent Guillier nous l'explique : "Le yaourt est un produit fermenté qui contient des micro-organismes qui produisent de l'acide lactique. Cet acide est un inhibiteur des agents pathogènes potentiels, les détruisant." Les industriels utilisant en plus généralement du lait pasteurisé, le risque est encore moindre. Attention cependant donc aux yaourts au lait cru, ainsi qu'à certains yaourts aux morceaux de fruits qui sont plus dangereux une fois la DLC passée.

Les épices, conservées à l'abri de l'humidité, elles peuvent durer des mois

Unsplash/Paolo Bendandi

Les épices ne périment jamais vraiment : la date sur l'emballage permet d'indiquer la date limite à laquelle on est sûrs qu'elles conservent leur entière saveur. On peut donc consommer des épices longtemps après la DDM et sans danger pour la santé. Comme le précise Laurent Guillier "les épices contiennent beaucoup de micro-organismes et il faut donc faire extrêmement attention à ne pas leur faire prendre l'humidité". Si vous voulez les conserver de manière optimale, mettez donc vos épices dans une boîte à l'abri de l'air et vérifiez leur aspect avant de les utiliser.

Les œufs, un cas à part

Unsplash/Caroline Attwood

Petite subtilité pour les œufs : la réglementation ne prévoit ni DLC, ni DDM mais une "Date de Consommation Recommandée" (DCR) de 28 jours après la ponte, même règle pour tous les producteurs. Normalement, on ne trouve en magasin que des œufs ayant été pondus dans les 21 jours précédents la date du jour. Si vous avez le moindre doute, vous pouvez vérifier avec une petite astuce : plongez votre œuf dans un grand bol d'eau froide. S'il reste tout au fond, c'est qu'il est encore frais. S'il remonte légèrement, vous pouvez éventuellement le consommer cuit et non à la coque, mais en étant prudent. S'il flotte en surface, ne le mangez pas. Soyez donc vigilants.

Le chocolat périmé, même blanchi, peut être consommé sans risque pour la santé

Unsplash/Charisse Kenion

Le chocolat, qu'il soit noir, au lait ou blanc, peut se consommer normalement jusqu'à plusieurs mois après sa Date de Durabilité Minimale. Le goût peut par contre devenir moins bon ou moins marqué, mais sans souci microbiologique. Souvent, le chocolat blanchit au bout de quelques temps : c'est l'oxydation des acides gras qui créé ce phénomène, mais sans aucun risque pour la santé.

Pas de danger pour la farine, mais en vérifiant quand même l'intérieur du paquet

Unsplash/Theme Photos

Normalement, il n'y a pas de soucis à utiliser une farine dont la date figurant sur l'emballage est dépassée. Seul problème potentiel, la présence de mites alimentaires au sein du paquet. À vérifier donc avant utilisation.

Le lait en brique UHT, stérilisé et donc sans risque

Pixabay/Pezibear

Le lait en brique UHT (Ultra Haute Température) est stérilisé au moment de son emballage : il n'y a donc aucun risque à le consommer après sa Date de Durabilité Minimale (DDM), à condition qu'il ne soit pas ouvert. "On n'est pas sur des produits à risques" nous précise le scientifique de l'ANSES, "les problèmes éventuels de stérilité sont extrêmement rares". Consommé après sa date limite, le lait peut seulement perdre en vitamines ou en protéines. Attention à l'inverse, pour le lait cru, il est impératif de respecter la date indiquée.

Les produits secs, comme le riz ou les pâtes, ne posent aucun problème

Unsplash/Heather Gill

Les produits sec, c'est-à-dire le riz, les pâtes ou encore les lentilles, peuvent être consommés longtemps après la Date de Durabilité Minimale figurant sur le paquet et ce, sans risque pour la santé. Leur emballage doit être bien fermé, qu'il s'agisse de carton ou de plastique, afin de garantir une meilleure conservation et les produits doivent conservés sans aucune humidité, nid potentiel à bactéries.

Les surgelés, attention aux produits maison

Unsplash/Nick Sarro

Dans le principe, les produits surgelés peuvent aussi être consommés plusieurs mois après la date figurant sur l'emballage. Attention cependant, il faut avoir respecté au maximum la chaîne du froid pour ne prendre aucun risque. Il y a quelques années, le projet européen "FRISBEE" avait permis d'établir un état des lieux du respect de la chaîne du froid par les transporteurs et distributeurs. Selon Laurent Guillier, "il existe une bonne maîtrise en France de la chaîne du froid", rassurant pour le niveau de risque potentiel. Attention cependant aux plats maison que l'on congèle : "la congélation prend du temps, souvent quelques heures, et rend possible le développement de micro-organismes". Il vaut mieux les consommer rapidement donc. Autre précaution très importante : toujours décongeler ses aliments soit au micro-ondes en quelques minutes, soit au réfrigérateur pendant quelques heures. Mais surtout pas à température ambiante, sous peine de risquer la prolifération de bactéries au moment du réchauffement des aliments.

Le miel, à consommer très longtemps après la date figurant sur l'emballage

Unsplash/Arwin Neil Baichoo

Le miel peut se consommer longtemps après la date figurant sur son emballage, normalement sans aucun souci. Attention cependant à vérifier qu'il s'agit bien de miel traditionnel, c'est-à-dire non dilué avec d'autres ingrédients. Le miel pourrait se conserver à vie sans aucun danger : sa composition, riche en sucre, lui permet de fixer l'eau et donc l'humidité du produit et de minimiser totalement le risque de développement de micro-organismes.

Les condiments, moins de piquant mais pas de risques

Unsplash/Peter Secan

Les condiments, comme la moutarde, le ketchup ou les cornichons, peuvent normalement se consommer sans risque après la date figurant sur leur emballage. Ils peuvent perdre en goût et, pour la moutarde par exemple, devenir un peu moins piquant. C'est aussi le cas pour les cornichons.

Les biscuits secs, à l'abri de la lumière et dans un endroit sec

Pixabay/silviarita

Pour les biscuits secs, si le paquet n'a pas été ouvert, aucun risque à les consommer après la Date de Durabilité Minimale. Même chose s'ils ont été conservés dans une boîte en fer hermétique. Selon Laurent Guillier, le scientifique de l'ANSES, les biscuits "doivent être conservés dans les conditions indiquées sur l'emballage", le plus souvent dans un endroit sec et à l'abri de la lumière. Histoire de pouvoir au maximum profiter de leur croquant. Leur composition, sans eau ni humidité, permet d'éviter la prolifération de bactéries et garantit donc une consommation sans risques, même quelques semaines ou mois après la date limite figurant sur l'emballage.

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Saumon fumé, tranche de jambon ou fromage au lait cru : pas au-delà de la DLC

Pixabay/mp1746

Comme pour la viande crue, une DLC figure sur l'emballage des produits qu'on sort du réfrigérateur et qu'on consomme en l'état, comme une tranche de jambon, par exemple, ou encore du saumon fumé ou un fromage au lait cru. Le risque est très faible mais comme nous le précise le scientifique de l'ANSES, "le risque de listériose existe quand même, la bactérie Listeria se multipliant au froid". Comme il n'y a pas d'action de cuisson, il faut donc être très prudent, notamment pour les femmes enceintes, les personnes âgées ou immunodéprimées, plus sensibles au risque éventuel. Mieux vaut donc ne pas dépasser la date limite de consommation.

Business Insider
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