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Voici les raisons pour lesquelles Facebook a changé de nom, devenant Meta

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Mark Zuckerberg mise beaucoup sur le métavers. © Drew Angerer/Getty Images
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Facebook a changé de nom. L’entreprise a réorganisé ses activités et promu un dirigeant clef afin d'axer son image sur le "métavers", un espace numérique connecté dans lequel on pénètre par le biais de dispositifs de réalité augmentée et de réalité virtuelle. Le géant du numérique a reconnu que ce domaine n'était pas rentable et qu'il ne le serait probablement pas pendant de nombreuses années.

Cependant, Facebook affirme que c'est une opportunité qui peut rapporter 1 000 milliards de dollars (857 milliards d’euros). La crainte de rater cette occasion a poussé la compagnie à investir massivement et publiquement dans le développement de cette technologie. L'entreprise a transformé le tout jeune Facebook Reality Labs (FRL) en une unité séparée. Cette filiale qui n'existait pas il y a encore trois ans est dirigée par le nouveau directeur de la technologie Andrew Bosworth.

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Facebook a investi 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) cette année dans le FRL. Le PDG Mark Zuckerberg a reconnu que cette technologie ne serait probablement pas rentable avant au moins une décennie. Jeudi, il a également annoncé que son groupe serait rebaptisé Meta.

Andrew Bosworth, qui travaille chez Facebook depuis plus de 15 ans, a été promu directeur technique le mois dernier après avoir dirigé le Facebook Reality Labs, qui comprend les casques Oculus appartenant au géant du numérique. Pour l'instant, avec l'objectif clair de Mark Zuckerberg de construire le métavers, Andrew Bosworth a l'avenir de l'entreprise entre ses mains.

Ce regard neuf et ce changement d’organisation pour établir la prochaine ère de l'entreprise ne vise probablement pas seulement à s'assurer que Facebook est à la pointe de l'informatique et de la technologie grand public, mais aussi à se distancier des problèmes liés aux applications principales du groupe comme Facebook, Instagram et WhatsApp.

La domination de Facebook sur les réseaux sociaux a plongé Mark Zuckerberg dans un cauchemar permanent en matière de relations publiques, récemment ravivé par la lanceuse d'alerte Frances Haugen et les enquêtes gouvernementales simultanées qu'elle a engendrées.

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Sans parler du problème du ralentissement de l'utilisation de ses applications par les jeunes et de l'insatisfaction croissante de ceux qui les utilisent. "La création de nos applications sociales sera toujours un objectif important, mais à l'heure actuelle, notre marque est si étroitement liée à un seul produit qu'elle ne peut pas représenter tout ce que nous faisons aujourd'hui, et encore moins à l'avenir", a confié Mark Zuckerberg le 28 octobre, lors de la conférence annuelle des développeurs Connect.

Promotion de la réalité augmentée

Le milliardaire reste le PDG de la nouvelle société, a rapporté le site The Information. Il n'a pas indiqué de changements dans la structure ou le modèle économique de Facebook, d'Instagram, de WhatsApp, ni des autres applications et plateformes publicitaires qui font du groupe une entreprise valant 900 milliards de dollars en Bourse.

Ce changement de nom en Meta n'est qu'un des quelques développements superficiels et financiers qui signalent un changement de priorités, du moins de la part de Mark Zuckerberg lui-même.

"La promotion du responsable de la réalité augmentée de Facebook au poste de directeur technique est une validation très forte des valeurs et de la direction que prend l'ensemble du secteur, et Facebook veut s'assurer que tous les produits à venir sont conçus dans cette direction", a déclaré Matt Miesnieks, investisseur et fondateur de l'outil de cartographie de réalité augmentée 6d.ai.

En plus de faire de Facebook Reality Labs une entité à part entière, Facebook a déclaré lundi, lors de sa conférence sur les résultats du troisième trimestre, qu'elle accordait à ce segment un financement de 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) cette année (soit le double de ce que la société a déclaré dépenser cette année pour la "sûreté et la sécurité"). La division, qui compte déjà environ 10 000 employés, en obtiendra également 10 000 de plus en Europe. La "famille d'applications" de Facebook, c'est-à-dire les produits lucratifs qui comprennent Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger, fera l'objet d'un rapport financier distinct.

"Je considère ce travail comme essentiel à notre mission, car donner un sentiment de présence — comme si vous étiez juste là avec une autre personne — c'est le Saint Graal des expériences sociales en ligne", a déclaré Mark Zuckerberg lors de la conférence sur les résultats de la société lundi. "Au cours de cette décennie, notre objectif est d'aider le métavers à atteindre un milliard de personnes et des centaines de milliards de dollars de commerce numérique", a encore ajouté le milliardaire. "Nous prévoyons d'investir plusieurs milliards de dollars pendant les années à venir avant que le métavers n'atteigne sa taille optimale", a-t-il encore déclaré.

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Le métavers semble aussi donner à Facebook un moyen de s'affranchir de sa dépendance vis-à-vis d'autres entreprises, comme Apple et son puissant App Store. Un système appartenant à Facebook permettrait à l'entreprise de contrôler plus complètement ses produits métavers, ainsi que les technologies de données et de suivi qui sont essentielles à son modèle économique.

"Vivre sous leurs règles a profondément façonné mon point de vue sur l'industrie technologique", a déclaré Mark Zuckerberg lors de la conférence Connect du 28 octobre. "J'en suis venu à croire que le manque de choix pour les consommateurs et les frais élevés pour les développeurs étouffent l'innovation et freinent toute l'économie de l'internet."

S'affranchir d'Apple

Facebook a récemment commencé à qualifier Apple de concurrent clef et à s'opposer publiquement à elle, attribuant directement le ralentissement de son taux de croissance dans ses résultats du troisième trimestre à un changement dans les contrôles de confidentialité des données du fabricant de l'iPhone, qui a réduit le suivi publicitaire. Lors d'un témoignage au Congrès en 2019 sur de potentielles pratiques anticoncurrentielles, Mark Zuckerberg a également cité le logiciel iMessage d'Apple comme concurrent de Messenger et WhatsApp.

Apple construit également ses propres casques VR et AR et investit des milliards dans leur développement, a rapporté Mark Gurman de Bloomberg, bien que la société n'ait annoncé aucun produit publiquement. Selon Bloomberg, ces appareils Apple ne seront pas disponibles avant plusieurs années, mais certains initiés ont prédit qu'ils feraient leurs débuts dès 2023.

Mark Zuckerberg a déclaré lors de la conférence qu'il ne s'attendait pas à ce que les produits métavers soient rentables tout de suite. "C'est un pari à plus long terme sur le fait d'avoir quelque chose en premier", a déclaré Ian Kahn, un spécialiste de la technologie avant d'ajouter : "Et ils ont de l'argent à brûler, assez pour expérimenter, mais aussi pour commencer à gagner des adeptes." Ian Kahn prévoit qu'un produit de consommation "utile" ne sera pas disponible avant trois à cinq ans, mais si "seulement quelques poches" des 3,6 milliards d'utilisateurs de Facebook l'utilisaient, il pourrait être viable pour l'entreprise.

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Les casques Oculus VR de Facebook représentent actuellement au moins la moitié de la part de marché totale de ce secteur, selon une étude d'Evercore ISI. L'entreprise vend environ 2 millions de casques Oculus par trimestre, ce qui correspond à 600 millions de dollars de revenus.

"Facebook pourrait en tirer 1 000 milliards de dollars d'ici cinq à dix ans", a soutenu Ian Khan à propos des technologies et des plateformes du métavers. "Et la courbe d'adoption, la vitesse, a changé. Nous devrions être prudents en comparant l'adoption des nouvelles technologies à celle des anciennes." Selon un rapport publié en octobre par Allied Market Research, le marché total des produits AR/VR atteindra près de 500 milliards de dollars (428 milliards d'euros) d'ici 2030, contre 15 milliards de dollars (12,8 milliards d'euros) en 2020.

L'investissement stratégique précoce de Facebook pourrait également l'aider à éviter de répéter une erreur passée. Matt Miesnieks, le fondateur de 6d.ai, a rappelé la précédente révolution du mobile, à laquelle Facebook a reconnu avoir participé tardivement. Cette fois-ci, la société et d'autres entreprises technologiques "ne veulent pas perdre leur position dominante sur le marché".

En 2011, environ quatre ans après la sortie du premier iPhone, Facebook se voyait encore comme un service de bureau avec des applications mobiles construites sur un logiciel axé sur le web, le HTML5. Ce n'est qu'au début de l'année suivante que Mark Zuckerberg a réalisé que l'utilisation du mobile était en pleine croissance. Sur la défensive et Facebook n'étant pas encore introduit en Bourse, il a rapidement réorienté l'ensemble de l'entreprise vers le mobile. Il a admis en 2012 que l'entreprise avait fait "un mauvais pari" en ne s'intéressant pas plus tôt au mobile.

Un nouveau Facebook, avec un nouveau nom et une nouvelle orientation, ne résoudra pas la plupart des problèmes auxquels la société est confrontée aujourd'hui en matière de confidentialité des données et de contrôle ou non de l'utilisation de ses plateformes. Lors de la conférence Connect, Mark Zuckerberg a mentionné à plusieurs reprises l'importance de la confidentialité des données et de la capacité des utilisateurs à contrôler leur expérience sur le métavers, mais il n'a donné aucune précision sur la manière dont ces protections seraient mises en œuvre. Selon Jeanine Turner, professeur de communication, de culture et de technologie à l'université de Georgetown, il est presque certain que les problèmes actuels de Facebook le suivront dans le métavers.

"Les données — quel que soit le propriétaire, c'est incroyable ce qu'il possédera", a-t-elle dit, en faisant référence au métavers et à ses applications interconnectées. "Nous pensons que ces entreprises ont accès aux données maintenant, non. C'est époustouflant ce qu'elles auront", a-t-elle conclu.

Version originale : Kali Hays / Insider

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