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Voici les vaccins potentiels contre le coronavirus et où en est leur développement


Un pharmacien injecte à Jennifer Haller, à gauche, la première dose de l'essai clinique de la première phase de l'étude de sécurité d'un potentiel vaccin contre le Covid-19, la maladie causée par le nouveau coronavirus, lundi 16 mars 2020, au Kaiser Permanente Washington Health Research Institute à Seattle. © Ted S. Warren/Associated Press

125 projets de vaccins contre le coronavirus sont actuellement en cours, selon l'Organisation mondiale de la santé. La recherche a rapidement progressé jusqu'à l'étape des essais sur l'humain, avec 10 vaccins candidats en première ligne qui sont actuellement testés sur l'humain dans le cadre d'essais cliniques dans le monde entier. Une étude de Business Insider US a révélé que ce n'est que la partie visible de l'iceberg : au moins 18 vaccins supplémentaires devraient entrer dans la phase d'essais cliniques en 2020. Des dizaines de projets supplémentaires n'ont pas encore dévoilé leur calendrier de développement.

Le développement de vaccins est historiquement un processus compliqué, qui s'étale sur plusieurs années et qui vise à garantir qu'un vaccin est sûr et efficace avant de l'injecter à des millions de personnes en bonne santé. Alors que les premiers travaux de recherche avancent à une vitesse sans précédent, les trois plus grands défis sont à venir. Il s'agit d'obtenir des données sur des humains qui montrent qu'un vaccin fonctionne, d'augmenter la production pour en produire des quantités gigantesques et de distribuer le vaccin dans le monde entier.

De hauts responsables américains de la santé, dont Anthony Fauci, et les plus grands experts en maladies infectieuses des États-Unis, ont estimé qu'il faudra au moins 12 à 18 mois pour développer et tester complètement un vaccin. Certains vaccinologues et analystes de l'industrie pharmaceutiques sont "profondément sceptiques" quant à ce calendrier.

Voici une frise chronologique de ce à quoi s'attendre dans les prochains mois pour les potentiels vaccins contre le coronavirus, de la part des entreprises et des organisations qui ont mis à disposition leur calendrier de développement.

*Collaboration avec l'Institut des produits biologiques de Wuhan **Collaboration avec l'Institut des produits biologiques de Pékin. Mis à jour le 12 juin 2020 Business Insider US. Source : communiqués et registres des laboratoires.

Printemps 2020 : les premiers essais sur l'humain commencent, tandis que la plupart des recherches sont encore en laboratoire.

La grande majorité de la centaine de projets de vaccins est encore en phase de test en laboratoire. Dix vaccins sont actuellement testés sur l'humain.

Les trois essais cliniques en cours aux États-Unis testent des vaccins des laboratoires Moderna, Pfizer et Inovio Pharmaceuticals.

Le vaccin de Moderna a été le premier à produire des résultats préliminaires sur l'humain, son essai clinique ayant débuté le 16 mars. Les personnes ayant reçu le vaccin de Moderna ont enregistré des niveaux d'anticorps qui pourraient suggérer une protection contre le virus, mais des tests supplémentaires seront nécessaires. Moderna prévoit de lancer bientôt un deuxième essai sur l'humain, en sélectionnant aléatoirement 600 personnes pour recevoir soit le vaccin, soit un placebo.

Le géant pharmaceutique Pfizer et la société biotechnologique allemande BioNTech ont fait équipe pour accélérer les travaux sur le vaccin à ARN messager (ARNm) de BioNTech, les premiers tests sur l'homme étant en cours en Allemagne et aux États-Unis.

L'ARNm est le même modèle que celui utilisé par Moderna et quelques autres laboratoires pour développer rapidement des vaccins. Cette technologie est très prometteuse car elle repose uniquement sur le code génétique d'un virus plutôt que sur des échantillons de la particule. Mais son efficacité n'est toujours pas prouvée, aucun vaccin à ARNm n'a encore été autorisé pour être lancé sur le marché.

Inovio teste un vaccin à base d'ADN, qui est entré en phase d'essai clinique le 6 avril. Novavax, une entreprise de biotechnologie du Maryland, a commencé à injecter des doses à des volontaires sains en Australie le 25 mai dernier.

La Chine est en tête des autres pays avec cinq vaccins candidats actuellement testés sur l'humain. C'est le laboratoire CanSino Biologics qui est le plus avancé, avec des essais cliniques de mi-parcours qui ont débuté en avril. Les premières données sur des humains ont été publiées le 22 mai dans The Lancet, une revue médicale de renom. Bien que les résultats soient favorables à des essais supplémentaires, ils ont également montré que la plupart des participants ont développé certains effets secondaires, environ 8 % d'entre eux souffrant d'une forte fièvre. L'essai de phase 2 de CanSino ne teste pas la dose la plus forte utilisée dans la plus petite étude de sûreté, probablement en raison du taux élevé d'effets secondaires.

Au Royaume-Uni, un vaccin mis au point par des chercheurs de l'université d'Oxford fait actuellement l'objet d'une étude sur l'humain, la moitié des sujets recevant le traitement expérimental et l'autre moitié un vaccin témoin. Le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a rejoint ce programme, prenant la tête d'une stratégie mondiale de développement et de production.

CureVac est une autre entreprise de biotechnologie allemande qui travaille sur un vaccin à ARNm. La société a pour objectif de commencer les essais sur l'humain en juin. Son vaccin candidat a montré qu'il peut produire une forte réponse immunitaire lors de tests en laboratoire, a déclaré la société le 14 mai.

Le gouvernement britannique soutient financièrement un autre programme de vaccination que celui de U-Oxford. Les chercheurs de l'Imperial College de Londres ont reçu un financement du gouvernement qui les aidera à faire avancer leur vaccin contre le coronavirus avec de premières études sur l'humain en juin, a déclaré le scientifique principal Robin Shattock.

La petite entreprise de biotechnologie Stabilitech Biopharma a également déclaré qu'elle prévoyait de commencer à tester sur des humains un vaccin expérimental sous forme de pilule d'ici juin. Mais le laboratoire britannique sollicite aussi ouvertement des fonds pour soutenir cette recherche.

Été 2020 : de nouveaux résultats devraient permettre d'en savoir plus sur la suite à donner aux projets

Dès le mois de juin, attendez-vous à une vague de premiers résultats sur l'humain. Aucun de ces essais n'est conçu pour tester l'efficacité ou non d'un vaccin de manière définitive. Ces petites études visent davantage à s'assurer qu'un vaccin est suffisamment sûr pour ensuite commencer à le tester sur des populations humaines plus importantes.

Moderna prévoit de fournir des données supplémentaires avec un suivi plus long chez un plus grand nombre de personnes, environ 100, tout au long de l'été. Son deuxième essai sur 600 personnes devrait également fournir des données préliminaires sur la sûreté du vaccin d'ici juillet, ce qui pourrait permettre au laboratoire de commencer un essai d'efficacité en phase avancée en juillet.

Moderna n'attend pas d'obtenir des résultats positifs pour augmenter sa capacité de production, l'entreprise a conclu un accord de près de 500 millions de dollars avec le gouvernement américain pour ce faire. Moderna a également signé un accord de dix ans avec un fabricant suisse pour produire davantage de lots de vaccins à partir de juillet, avec pour objectif d'augmenter la capacité de production annuelle jusqu'à un milliard de doses.

Les premières données de sûreté sur le vaccin d'Inovio devraient arriver en juin. S'ils sont positifs, ces résultats pourraient donner lieu à un essai axé sur l'efficacité débutant en juillet ou août prochain, selon le laboratoire.

Le programme AstraZeneca-Oxford obtiendra également des données préliminaires de sûreté et d'efficacité dans les prochaines semaines. Cette étude a une conception adaptative, elle peut rapidement se développer et enregistrer jusqu'à 5 000 personnes à tester au cours de l'année 2020. Les États-Unis prévoient également de lancer leur propre étude sur 30 000 personnes avec le vaccin d'AstraZeneca au cours de cette année, si les premières données sont positives.

La collaboration de Pfizer avec BioNTech devrait également permettre d'obtenir des données préliminaires sur des humains fin mai ou début juin. Les sociétés testent quatre vaccins dans le cadre de leurs premiers essais, les premiers résultats devraient donc permettre d'identifier le vaccin candidat le plus prometteur.

Novavax attend également des données sur la sûreté et l'immunogénicité en juillet provenant de sa première étude réalisée en Australie. L'entreprise de biotechnologie prévoit de commencer une deuxième partie de cette étude en juillet avec davantage de volontaires dans plusieurs pays, dont les États-Unis. Cette dernière partie permettra de vérifier si le vaccin peut réellement faire diminuer la maladie.

Tandis que ceux qui sont en tête de ces programmes progressent vers les dernières étapes des essais cliniques, de nombreux autres programmes débuteront leur phase d'essai clinique dans le monde entier cet été.

Johnson & Johnson, la plus grande entreprise pharmaceutique au monde, prévoit de commencer à tester son vaccin contre le coronavirus sur l'humain dans la seconde moitié du mois de juillet. L'essai recrutera plus de 1 000 volontaires aux États-Unis et en Belgique.

D'autres programmes de recherche sont menés par de petites entreprises de biotech ou des groupes universitaires. Sans un soutien sérieux des gouvernements ou des géants de l'industrie pharmaceutique, la manière dont ils pourraient relever le défi de la production reste incertaine, étant donné leur manque de ressources et d'expérience dans la production de masse de vaccins.

En Australie, des chercheurs de l'université du Queensland ont présenté des plans pour commencer des tests sur l'humain dès le mois de juillet.

Trois petites entreprises européennes de biotechnologie — Reithera, Leukocare et Univercells — se sont associées pour un programme de vaccination dans le but de lancer cet été un essai de sûreté sur des humains en Italie.

La société VaxArt, une entreprise de biotechnologie de San Francisco, prépare un éventuel vaccin sous forme de comprimé oral au lieu d'une injection traditionnelle, qui pourrait faire l'objet d'un essai de sûreté dès cet été.

Les sociétés de biotechnologie du Dr Patrick Soon-Shiong, ImmunityBio et NantKwest, disposent également d'un vaccin à base d'adénovirus qui devrait commencer à être testé sur l'humain cette année, probablement d'ici l'été et peut-être même dès le mois de juin.

La société canadienne Medicago vise à lancer des essais sur l'humain cet été après que son vaccin a montré qu'il pouvait produire des anticorps chez les souris après une seule dose.

Le gouvernement de Singapour travaille avec Arcturus Therapeutics, une petite entreprise de biotechnologie de San Diego, sur un vaccin à ARNm dont les essais sur l'humain devraient commencer cet été à Singapour.

Automne et hiver 2020 : les premiers programmes de vaccination envisagent la possibilité d'une utilisation d'urgence

Trois grands programmes de vaccination cherchent à obtenir une autorisation d'utilisation d'urgence cet automne. Cet accord réglementaire rendrait probablement le vaccin accessible à des populations limitées à haut risque d'infection ou de maladie grave, comme les professionnels de santé et les personnes âgées.

La Food and Drug Administration américaine, en charge de la commercialisation des médicaments, n'a jamais autorisé l'utilisation d'un vaccin en urgence auparavant, et on ne sait pas exactement ce qu'il faudrait faire pour que cela se produise. Mais les programmes de vaccination de Moderna, d'AstraZeneca et de Pfizer seront tous prêts cet automne si nécessaire.

Certains autres grands fabricants de médicaments dans le monde espèrent pouvoir amener leurs vaccins jusqu'aux essais cliniques dans le courant de l'année, ce qui constituerait un deuxième cycle de développement de vaccins.

Cela inclut une collaboration entre deux des plus grandes entreprises de vaccins au monde, Sanofi et GlaxoSmithKline (GSK). Ce duo a pour objectif d'amener un vaccin de Sanofi à base de protéines combiné à l'adjuvant de GSK, qui pourrait stimuler une réponse immunitaire, jusqu'aux tests humains au cours du second semestre 2020. Les deux entreprises prévoient que leur vaccin pourrait être largement disponible au cours du second semestre 2021.

Sanofi a une autre collaboration avec une minuscule entreprise de biotechnologie du Massachusetts pour un vaccin à ARNm dont les essais sur l'humain devraient commencer au quatrième trimestre 2020.

Mi-juin, le laboratoire français Sanofi a annoncé investir 610 millions d'euros en France, notamment pour créer un nouveau site de production de vaccins qui permettra de "sécuriser les approvisionnements en vaccins de la France et de l'Europe en cas de nouvelles pandémies."

Merck, un autre géant du secteur des vaccins, a dévoilé le 26 mai dernier deux vaccins candidats qu'il prévoit de mettre à la disposition des essais cliniques avant la fin de l'année.

Enfin, quelques petites entreprises de biotechnologie ont pour objectif de commencer les essais sur l'humain au cours du second semestre 2020 : l'entreprise AltImmune, basée à Gaithersburg, dans le Maryland, l'entreprise italienne Takis Biotech, l'entreprise européenne ExpreS2ion Biotechnologies et l'entreprise française Valneva.

En 2021 et après

D'ici 2021, près de 30 vaccins seront probablement testés sur l'humain.

Nous ne saurons toujours pas exactement à quel point ils seront sûrs et efficaces pour les humains. Face à une pandémie, les autorités de réglementation seront confrontées à des décisions difficiles sur la quantité de données suffisantes pour permettre l'utilisation des vaccins au-delà des essais cliniques.

J&J affirme que son vaccin pourrait être disponible pour une utilisation d'urgence début 2021. Les chercheurs de l'université du Queensland ont également déclaré que leur vaccin pourrait être administré aux professionnels de santé ou aux personnes vulnérables début 2021.

Le vaccin de Sanofi et GSK devrait être disponible au cours du second semestre 2021.

Cet article d'Andrew Dunn a d'abord été publié sur BI Prime.

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Business Insider
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