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Pourquoi Amazon, Apple et Alphabet veulent gagner la bataille des voitures autonomes

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Pourquoi Amazon, Apple et Alphabet veulent gagner la bataille des voitures autonomes
Waymo, d'Alphabet, a vite pris de l'avance dans le secteur des véhicules autonomes. © Waymo
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Les géants de la tech se sont développés en parallèle, réussissant à s'imposer sur des marchés à croissance rapide grâce à des produits élégants et faciles à utiliser tout en restant le plus souvent à l'écart les uns des autres.

Mais à mesure que ces entreprises se sont développées, elles se sont retrouvées plus souvent en concurrence. Alphabet, Amazon et Microsoft ont suivi l'exemple d'Apple dans les smartphones dans les années 2010. Tous les quatre ont développé un service de cloud. Aujourd'hui, leurs intérêts convergent à nouveau vers un produit qui pourrait s'avérer être leur plus grand défi à ce jour : les voitures à conduite autonome.

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Google a lancé l'industrie des véhicules autonomes en 2009 avec le "Project Chauffeur". Un projet qui, en 2016, est devenu une propre entreprise à part entière, sous l'égide d'Alphabet : Waymo. À peu près à la même époque, les investisseurs en capital-risque ont commencé à verser de l'argent dans des startups concurrentes de Google. Apple a recruté des employés de Tesla pour travailler sur son projet automobile secret. Amazon a investi dans une startup de véhicules autonomes, Aurora Innovation, dont le PDG était l'un des membres fondateurs du Project Chauffeur.

Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi ils étaient intéressés : dans le monde entier, les consommateurs et les entreprises achètent plus de 70 millions de véhicules chaque année. Toute entreprise qui maîtrise la technologie de conduite automatisée aura une énorme clientèle et un argument de vente convaincant : moins d'accidents et plus de temps pour les propriétaires de voitures pour travailler ou se détendre. En 2019, Goldman Sachs prédisait que le marché de la technologie de conduite automatisée vaudrait 290 milliards de dollars (240 milliards d'euros) d'ici 2035.

Les entreprises tech "ne s'en soucieraient pas si ce n'était pas un grand marché", confirme Gene Munster, directeur associé de Loup Ventures, à Insider. Selon lui, il n'est pas difficile d'imaginer que le marché des technologies des voitures autonomes puisse dépasser les 5 000 milliards de dollars (4142 millards d'euros environ).

Mais ces dernières années, il est apparu clairement que la création de systèmes de conduite automatisée sûrs, efficaces et polyvalents constitue un formidable défi dont la fin — ou la rentabilité — n'est pas clairement définie. Les prédictions selon lesquelles les véhicules autonomes grand public seraient prêts au début des années 2020 ont été suivies de délais dépassés et d'un nouveau ton empreint de prudence et d'humilité. Uber et Lyft ont renoncé à fabriquer leurs propres systèmes de conduite automatisée, confiant respectivement leurs divisions à Aurora et à Woven Planet, filiale de Toyota.

Alors qu'une poignée de véhicules autonomes de covoiturage circulent en Arizona et au Nevada (États-Unis), la rapidité avec laquelle les véhicules à conduite autonome se généraliseront est une question à laquelle personne ne peut répondre avec certitude. Selon le cabinet d'études Gartner, le battage médiatique autour des véhicules autonomes s'est estompé, l'industrie étant tombée dans le redoutable "creux de la désillusion".

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Les grandes entreprises ont été patientes avec les véhicules autonomes

Pourtant, les géants de la tech n'a pas renoncé à la course aux voitures autonomes. À certains égards, elle semble plus engagée que jamais.

Waymo s'est imposé comme un leader précoce du secteur, lançant le premier service de transport autonome en Arizona en 2018. Mais ce service, Waymo One, doit encore s'étendre à travers les États-Unis, et l'entreprise de logistique et de livraisons de Waymo, Waymo Via, en est à ses débuts. Pourtant, Alphabet a continué à signaler son engagement dans la technologie de conduite automatisée.

"Nous adoptons une approche itérative à long terme axée sur l'obtention d'une bonne expérience et d'une bonne sécurité", a déclaré Sundar Pichai, PDG d'Alphabet, lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de la société en 2020.

Amazon a suivi son investissement dans Aurora en acquérant une startup rivale, Zoox, en 2020. Alors que certains prédisaient qu'Amazon ferait passer Zoox des robotsaxis aux véhicules de livraison — qui, selon les experts, présentent moins de défis technologiques — les dirigeants de Zoox ont déclaré qu'Amazon n'avait pas interféré avec leurs plans.

Apple n'a fait qu'effleurer ses ambitions dans le domaine de l'automobile, mais des médias comme Bloomberg et Reuters ont rapporté que la société continue de travailler sur une technologie de conduite automatisée. Et Microsoft a fait ses premiers pas dans le secteur en janvier en investissant dans Cruise, la filiale de General Motors spécialisée dans les véhicules autonomes.

La patience des géants de la technologie n'est pas une surprise, selon Munster, car ils sont connus pour leur réflexion à long terme et leurs longs cycles de développement de produits. Apple construisait des prototypes d'iPad au moins six ans avant de présenter son premier modèle au public.

Cette patience a deux sources. Tout d'abord, le succès qu'Alphabet, Amazon et Apple ont rencontré dans leurs activités principales leur a permis de constituer d'énormes réserves de liquidités qu'ils peuvent utiliser pour financer les coûts de développement élevés qu'exigent les voitures à conduite autonome, explique Rachel Binder, analyste chez CB Insights, à Insider. Et, selon Gene Munster, alors que ces entreprises continuent à augmenter leurs ventes, il y a moins d'opportunités de trouver de nouveaux clients pour leurs produits actuels.

"Ces entreprises n'ont tout simplement pas le même potentiel de croissance qu'il y a dix ans, alors elles doivent en chercher d'autres", résume Gene Munster.

Les véhicules autonomes pourraient donc être plus qu'un projet de vanité tape-à-l'œil. Pour les géants de la tech d'aujourd'hui, ils pourraient être la clé pour tenir à distance une nouvelle génération d'innovateurs.

Version originale : Mark Matousek/Insider Premium

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