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Voici pourquoi ces 5 petits épargnants ont décidé d'investir dans le bitcoin

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Voici pourquoi ces 5 petits épargnants ont décidé d'investir dans le bitcoin
Le bitcoin suscite de plus en plus d'intérêt alors que son cours flambe depuis plusieurs mois. © Hektor Ehring Jeppesen/ Flickr

Le cours du bitcoin a connu une ascension fulgurante ces derniers mois, jusqu'à franchir les 60 000 dollars l'unité. L'assurance vie, affectée par les taux bas, et le Livret A, offrant un rendement de seulement 0,5% par an, font pâle figure à côté. De quoi inciter nombre d'épargnants à franchir le pas et à se lancer dans la cryptomonnaie. Les profils des investisseurs particuliers dans le bitcoin sont plus ou moins variés. Les femmes se font rares, 90% des épargnants étant des hommes, selon un sondage réalisé auprès de 680 clients du site Stackinsat, qui commercialise des plans épargne bitcoin.

Les investisseurs restent en moyenne assez jeunes, dans la mesure où un peu plus de 30% ont entre 25 et 34 ans et 34% entre 35 et 44 ans. La plupart d'entre eux souhaitent, comme pour d'autres placements, investir des montants mesurés dans le bitcoin, la moitié des clients de Stackinsat envisageant acheter pour 1 200 à 5 000 euros de la monnaie numérique par an et 38,5% moins de 1 200 euros. Si l'étude ne fournit pas de données sur les professions exercées, les investisseurs particuliers dans le bitcoin semblent comprendre de nombreux développeurs et informaticiens dans leurs rangs.

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Des personnes baignant dans le codage qui parviennent à mieux décrypter l'écosystème crypto et son fonctionnement concret via la technologie de la blockchain. Les motivations conduisant à acheter du bitcoin ne se résument pas à l'appât du gain. Seuls 15,5% assurent investir dans le bitcoin "pour l'aspect spéculatif, une espérance de gain élevé, sans vraiment comprendre à quoi sert le bitcoin", selon l'étude de Stackinsat. D'autres s'intéressent notamment à la philosophie derrière la cryptomonnaie, 37% indiquant avoir été séduit par "l'aspect monétaire décentralisé et l'indépendance vis-à-vis du système financier traditionnel".

Enfin, 47% ont fait l'acquisition de bitcoins pour son "aspect réserve de valeur, protection contre l'inflation et la perte de pouvoir d'achat", la monnaie numérique servant en quelque sorte de valeur refuge, comme l'or.

Cinq épargnants nous ont livrés plus en détail les raisons qui les ont amenés à se lancer dans le bitcoin. Voici leurs témoignages :

Nicolas, gendarme de 35 ans, a troqué son assurance vie pour un plan épargne bitcoin

"J'ai connu le bitcoin il y a environ six ans. Mais à l'époque je trouvais ça hyper complexe. Je me suis lancé il y a seulement trois mois", raconte Nicolas, gendarme de 35 ans à Paris. Il a profité des offres plus accessibles qui se développent sur le marché. L'Autorité des marchés financiers (AMF) a de plus commencé depuis l'année dernière a accorder des agréments aux courtiers et acteurs du secteur dignes de confiance. La simplicité, le niveau de sécurité et la nationalité française de Stackinsat ont rassuré et convaincu le gendarme.

"Je vois ça comme un pur placement, dans une optique long terme, comme une assurance vie", explique-t-il. Nicolas ne souhaite pas se livrer à de la spéculation comme il peut y en avoir en Bourse. "J'ai mis tout l'argent que j'avais sur une assurance vie dans un plan épargne bitcoin, après avoir vu que le rendement net de mon placement était extrêmement faible", détaille-t-il. Au total, il a progressivement réinvesti un peu moins de 3 000 euros.

Il compte laisser son argent dans la cryptomonnaie, pour dans l'idéal financer sa retraite à partir de 2040. Le bitcoin s'est apprécié de plus de 35% depuis qu'il s'est lancé. Mais il n'ignore pas la forte volatilité du cours de la monnaie numérique. "J'ai conscience des risques, je suis prêt à potentiellement tout perdre. C'est aussi pour ça que je ne mets pas 20 000 euros d'un coup, plutôt 150 à 200 euros par mois", explique Nicolas. Il a en parallèle investi dans l'immobilier ces dernières années. De quoi assurer ses arrières.

Bastien, informaticien de 23 ans, suit les cours et l'actualité des crypto pendant qu'il travaille

"Je suis les cours des cryptomonnaies presque quotidiennement, j'y consacre deux-trois heures par jour. Mais je peux ouvrir un écran sur mon ordinateur à côté de mon travail", explique Bastien. Cet informaticien de 23 ans a commencé un peu avant 2016 à s'intéresser au bitcoin, sans vraiment pouvoir mettre de l'argent dedans. "J'étais alors mineur, je n'ai pas pu investir avant septembre 2020, faute de gagner ma vie auparavant."

Outre le suivi des cours, Bastien prend le temps de lire des articles sur de nouveaux protocoles de blockchains, sur lesquelles reposent les cryptomonnaies. "J'ai été amené à travailler sur les bases de la blockchain. Je comprends son intérêt technique et fonctionnel, la philosophie derrière le bitcoin, son fonctionnement en autonomie complète, en communauté", explique-t-il.

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Bastien s'est aussi rendu compte que son Livret A rapportait très peu. "L'aspect technologique me fascine beaucoup, c'est un peu mon métier, ça m'amuse et ça confère en plus de la rentabilité." Le jeune homme a également placé un peu d'argent dans d'autres cryptomonnaies, "qui peuvent être intéressantes à long terme". Il possède par exemple un peu d'ether et d'elrond. Des investissements qui à court terme affichent de plus grandes plus-values que le bitcoin.

L'ether, l'autre cryptomonnaie phare après le bitcoin, qui repose sur la blockchain Ethereum. vjkombajn/Pixabay

Mais le bitcoin reste "l'initiateur de cette course à la blockchain". Bastien pense "qu'il a une valeur sur le long terme qui peut augmenter". Il vise pour le moment un horizon de 5 à 10 ans pour son placement avant d'éventuellement récupérer l'argent. En attendant, l'informaticien investit environ 20% chaque mois de son salaire dans la cryptomonnaie. "Mais selon les mois et mon humeur, je peux mettre plus."

Marie, styliste de 45 ans, achète des satoshis avec l'argent du Livret A de ses enfants car les banques la dégoûtent

"Le banquier est un voleur quoi qu'il arrive, qu'on est de l'argent ou pas. Tous les mois, j'envoie un mail à ma banque au sujet des frais prélevés", s'emporte Marie, styliste dans la décoration de 45 ans. Depuis décembre 2020, elle a décidé de placer son argent dans le bitcoin, notamment pour "contourner les banques" et financer sa retraite d'auto-entrepreneuse, d'autant que la pandémie a mis un coup d'arrêt à son activité. Elle investit environ 15 euros par semaine dans la cryptomonnaie.

"Je place exactement la somme que je suis prête à perdre. Les 15 euros représentent le montant que je mettais avant dans le tabac, je ne fume plus aujourd'hui", précise-t-elle. En investissant un petit montant chaque semaine, elle explique lisser le prix auquel elle achète des satoshis. Acquérir de la cryptomonnaie via de petits versements réguliers permet en effet de limiter son exposition à la forte volatilité du bitcoin. Le satoshi est la plus petite division de la monnaie numérique, qui vaut aujourd'hui plus de 58 000 dollars. Un satoshi équivaut ainsi à 0,00000001 bitcoin.

Marie aurait voulu investir dans le bitcoin il y a déjà cinq ans, mais elle n'avait pas l'argent pour. "Le bitcoin est une mine d'or depuis le début", estime-t-elle. Son conjoint, qui connaît bien le codage informatique de par son métier et a un temps miné du bitcoin, l'a notamment initié à l'univers crypto. "Je n'ai pas d'autre placement, je mets tout sur le bitcoin. Le système bancaire me dégoûte, une fois que j'aurai débloqué les Livrets A de mes enfants, j'achèterai des satoshis avec", insiste-t-elle.

Antoine*, informaticien et mineur de bitcoin, a des sueurs froides avant d'acquérir une maison grâce à ses bénéfices

"J'ai acheté mon premier bitcoin en mai 2017. Mais ce fut une mauvaise expérience", déplore Antoine, informaticien de 32 ans. À l'époque, sa banque en ligne lui avait refusé un virement effectué vers la plateforme d'échange de cryptomonnaies Kraken, basée à San Francisco. Ce n'est qu'en changeant de banque qu'il a pu enfin acquérir du bitcoin. Entre-temps, la valeur de la monnaie numérique avait doublé : "je voulais acheter un bitcoin à 1 000 dollars, j'ai pu l'avoir à 2 000, j'ai perdu 1 000 dollars dans l'histoire", résume Antoine.

Il ne s'est pas arrêté pour autant. "J'ai investi environ 30 000 euros au total dans le bitcoin et les cryptomonnaies", précise-t-il. L'informaticien a placé son argent au fil de l'eau, alimentant son investissement avec des primes perçues au travail notamment. "J'ai juste 5 000 euros sur un Livret A à côté en cas de besoin", ajoute-t-il. Il a aussi diversifié son portefeuille avec d'autres cryptomonnaies, comme le dogecoin ou l'ether. Au bout du compte, ses investissements lui ont permis de se constituer un bel apport — supérieur à 110 000 euros — pour s'acheter une maison avec sa femme.

Mais cela n'a pas été de tout repos. "J'ai fait énormément d'erreurs, mais j'ai appris avec le temps. Je n'ai malheureusement pas gardé tout ce que j'avais investi. J'aurais pu gagner beaucoup plus." Antoine a notamment appris à ne plus faire de "all-in", c'est-à-dire tout investir ou tout retirer d'un coup. "En 2017, le bitcoin était passé en une nuit de 6 000 à 4 000 dollars. Du coup, le matin, j'avais paniqué et tout revendu. Or, 4-5 heures plus tard, il était revenu à 6 000 dollars", se souvient-t-il.

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Aujourd'hui, il a parfois encore des sueurs froides et se demande, avec la folle ascension du bitcoin, s'il doit continuer à investir son argent ou tout récupérer pour ne pas risquer de voir son apport partir en fumée. Il se rappelle alors la chute des cours après les sommets atteints fin 2017. "En 2018, le crack m'a fait un peu mal, j'ai perdu de l'argent."

Antoine s'est par ailleurs lancé dans le minage, le système de validation des transactions sur la blockchain, qui permet d'obtenir en échange une récompense en bitcoin.

Machines pour miner des cryptomonnaies. rebcenter-moscow/Pixabay

Il a investi pas moins de 10 000 euros pour cinq machines dédiées à cette activité. Mais les ordinateurs qui tournent pompent énormément d'énergie. "La facture d'électricité était devenue plus élevée que ce que je réussissais à gagner. Elle atteignait jusqu'à 800 euros par mois." Heureusement, il a trouvé l'astuce pour rendre le minage rentable : il a obtenu un tarif très préférentiel en travaillant pour un fournisseur d'électricité.

Pierre, développeur de 32 ans, est presque devenu trader après avoir été attiré par la philosophie de la blockchain

"Au début, c'était l'aspect philosophique qui m'intéressait, la finance décentralisée. Puis, très vite, tu te rends compte que tu peux te faire de l'argent", explique Pierre. Ce développeur de 32 ans pour une grande entreprise tech française a commencé peu avant l'été 2020 à investir dans le bitcoin, avant de s'y remettre plus sérieusement en novembre. Il s'est depuis diversifié dans plein d'autres cryptomonnaies, y compris des très peu connues, "qui viennent d'arriver". "Tu mets 100 euros dedans et elles prennent beaucoup de valeur ensuite en à peine trois mois", assure-t-il.

Aujourd'hui, Pierre place aussi son argent dans des contrats à terme. Il passe entre une demi-heure et une heure chaque matin et chaque soir pour prendre des positions sur les cryptomonnaies, tel un trader. "J'ai aussi un projet à côté pour créer des bots qui pourront trader à ma place", confie-t-il. Mais il ne compte pas pour autant quitter son entreprise. "Je travaille toujours, les crypto, ce n'est pas la même assurance de gain qu'avec un salaire."

Il a pour le moment investi autour de 13 000 euros dans des cryptomonnaies. Et a gagné environ trois fois plus depuis novembre. "J'ai envie de placer tout l'argent de mon Livret A. Il n'y a pas de risque, à moins d'un gros hacking d'une plateforme." Pierre dit avoir appris à gérer ses émotions pour ne pas commettre d'erreur face à la volatilité des cours. Il échange des bons plans et des conseils dans un groupe de la messagerie Telegram, comprenant d'autres adeptes des cryptomonnaies, dont un est allé jusqu'à s'exiler au Portugal pour profiter d'une fiscalité plus avantageuse sur ses investissements.

*Le prénom a été modifié.

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