Le monde est entré dans une 'Guerre Froide 2.0' selon un ancien membre de l'administration Clinton — voici pourquoi le conflit pourrait être plus grave aujourd'hui

Vladimir Poutine et Donald Trump lors du G20 à Hambourg (Allemagne), le 7 juillet 2017. REUTERS/Carlos Barria

  • Strobe Talbott, ancien secrétaire d'Etat adjoint des Etats-Unis, affirme que nous sommes entrés dans une "Guerre Froide 2.0".
  • Il pense que la situation est plus grave aujourd'hui car il n'y a pas de discussions entre les Etats-Unis et la Russie pour atténuer le risque d'un conflit ouvert.
  • Les cyber-attaques ne sont limitées par aucun texte international.

Les tensions diplomatiques entre l'Occident et la Russie sont en pleine escalade. Comme le rappelle le site Axios, il y a un mois, l'ancien agent double russe Sergei Skripal et sa fille étaient empoisonnés dans une ville d'Angleterre. En réaction, une vingtaine de pays — dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France — ont expulsé des diplomates russes.

Ce vendredi 6 avril, des diplomates américains ont dû quitter l'ambassade des Etats-Unis à Moscou, rapporte l'agence AP. Et Donald Trump devrait très prochainement annoncer de nouvelles sanctions économiques contre des oligarques russes liés à Vladimir Poutine, selon le Washington Post.

Ces développements récents poussent Strobe Talbott, ancien secrétaire d'Etat adjoint des États-Unis sous Bill Clinton, à qualifier la période actuelle de "Guerre Froide 2.0". La Guerre Froide est une période de tension entre les Etats-Unis, l'URSS et leurs alliés respectifs qui s'est étendue durant 45 ans, entre 1947 et 1991.

Strobe Talbott, aujourd'hui membre du think thank Brookings Institution, a déclaré mercredi 4 avril lors d'une table ronde que le conflit pourrait cette fois-ci être plus dévastateur, et pour une raison simple: les cyber-attaques qui impliquent des pays ne sont réglementées par aucun texte international.

"Les différences entre la Guerre Froide I et la Guerre Froide II rendent la situation bien plus grave. Cette fois-ci, contrairement au premier conflit, il n'y a pas de processus en cours pour atténuer le risque d'un conflit ouvert."

En effet, entre 1947 et 1991, les Etats-Unis et l'URSS ont par exemple signé plusieurs Conventions de Genève dans le but de protéger les civils lors de conflits armés, le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, ou encore plusieurs traités limitant la fabrication de missiles.

Pour Strobe Talbott, "ce que nous devons faire, c'est relancer les traités, s'intéresser à des nouveaux champs, comme le numérique, mais rien de tout cela ne se passe, et les vieux traités dépérissent", s'alarme Strobe Talbott.

"On voit des deux côtés, particulièrement du côté russe, une surenchère dans la course à l'armement, mais rien ne se passe du côté du contrôle de ces armes. Et cet aspect extraordinairement important de la vieille Guerre Froide est presque abandonné", a-t-il dit.

Pendant longtemps, la Russie accusait un retard technologique important face aux Etats-Unis. En 2009, elle a suggéré, par voie diplomatique, d'établir des règles pour limiter les cyberattaques, selon le TIME.

Mais comme le rappelle le magazine, ces discussions n'ont pas abouties et la Russie a depuis développé grandement son arsenal numérique, si bien qu'aujourd'hui le pays bloque les tentatives des Nations Unies d'appliquer les lois internationales au cyber-espace.

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