L'un des plus gros soutiens financiers de la tech dans le monde est directement touché par une affaire qui mêle Donald Trump, l'Arabie saoudite et un journaliste disparu — voici pourquoi

Le PDG de SoftBank Group Corp Masayoshi Son, le 4 octobre 2018. REUTERS/Issei Kato

  • La disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a provoqué des tensions internationales avec des conséquences géopolitiques, macro-économiques mais aussi dans le secteur de la tech.
  • L'un des plus grands soutiens des startups en forte croissance — le japonais SoftBank Group — a ainsi lourdement chuté en Bourse lundi.
  • La raison? Les liens entre le conglomérat et le royaume saoudien qui dirigent ensemble le plus grand fonds d'investissement technologique au monde, doté de près de 100 milliards de dollars (86,4 milliards d'euros), et actionnaire d'Uber ou de Slack.

La disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui vivait en exil aux Etats-Unis, le 2 octobre après s'être rendu au consulat saoudien, connaît un retentissement international, jusque dans le secteur de la tech.

Si Ryad dément toute implication, sa stratégie d'influence en a pris un coup. Plusieurs entreprises ont renoncé à participer à un sommet économique, "le Davos du désert", organisé par l'Arabie saoudite la semaine prochaine, à l'instar de Dara Khosrowshahi, directeur général d'Uber. Le royaume saoudien est un investisseur d'Uber avec l'un de ses partenaires privilégiés en affaires — SoftBank.

Et le conglomérat japonais SoftBank Group, dont le fonds Vision est financé pour près de moitié par l'Arabie saoudite, a subi de plein fouet les menaces des Etats-Unis envers l'Arabie saoudite.

L'entreprise a dégringolé de plus de 7% à la Bourse de Tokyo, à 10h20 ce matin, heure de Paris.

Capture d'écran Investing.com de l'action Softbank le lundi 15 octobre 2018.Investing.com/Softbank

Les liens les plus visibles entre le conglomérat et le royaume saoudien sont financiers. Ils ont créé ensemble le plus grand fonds d'investissement technologique au monde — Vision Fund — doté de près de 100 milliards de dollars (86,4 milliards d'euros), avec l'aide également du fonds souverain des Émirats arabes unis (Mubadala), d'Apple, Foxconn, Qualcomm Incorporated et Sharp.

La semaine dernière encore, le fonds souverain saoudien annonçait qu'il allait investir 45 milliards de dollars supplémentaires dans Vision Fund.

Vision Fund avait 32,5 milliards de dollars d'actifs, selon Softbank, dans près de 30 sociétés, parmi les startups connaissant les plus fortes croissances dans le monde. Parmi elles: 

Cet été, enfin, Vision Fund a procédé à sa première cession en vendant sa participation dans le distributeur en ligne Flipkart, dopant les bénéfices de SoftBank Group de 49% au passage.

La plus grande ferme solaire au monde 

Mais les liens qui unissent SoftBank et l'Arabie saoudite vont plus loin que des investissements en cash dans des sociétés tierces.

Les deux partenaires ont annoncé en mars qu'ils projetaient de construire la plus grande ferme solaire du monde sur place. La capacité de production de ce groupe devrait représenter jusqu'à 200 gigawatts d'ici 2030.

Preuve des liens étroits, Ryad a aussi nommé Masayoshi Son, le fondateur et PDG de SoftBank, conseiller pour son projet de ville futuriste high-tech Neom et a annoncé en octobre 2017 qu'il envisageait de vendre une part importante de la compagnie Saudi Electricity au fonds Vision.

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Lire aussi : La Bourse de Ryad s'est effondrée après la menace d'un 'châtiment sévère' des Etats-Unis suite à la disparition d'un journaliste saoudien

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  1. Businesswoman

    Taper au portefeuille est la seule solution pour se faire entendre aujourd'hui. Après la chute boursière et les premières sueurs pour les entreprises étrangères trop proches de l'Arabie Saoudite, les investisseurs vont réfléchir à deux fois avant de laisser leurs fonds au soleil. Le risque de fonte ou de désagrégation par un missile n'a jamais été aussi fort. Les Saoudiens en ont certainement conscience malgré leur confiance affichée dans toute cette affaire.

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