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Voici pourquoi vous devriez trouver moins de prospectus dans votre boîte aux lettres dès 2021

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Voici pourquoi vous devriez trouver moins de prospectus dans votre boîte aux lettres dès 2021
© Pixabay/Wolfgang Eckert
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Flyers, brochures, catalogues : près de 20 milliards de prospectus en format papier seraient déposés chaque année dans les boîtes aux lettres des Français par la grande distribution. C'est encore plus si on ajoute ceux des enseignes non-alimentaires comme But, Conforama ou encore Leroy-Merlin par exemple. Mais ce chiffre est amené à diminuer dans les années qui viennent. Depuis le 1er janvier 2021, dans le cadre de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et l'économie circulaire adoptée en 2020, le dépôt de prospectus publicitaires sur les boîtes aux lettres affichant une mention "Stop pub" sera plus durement sanctionné. Les personnes constatant un non-respect de leur volonté de ne pas recevoir de flyers ou autres catalogues pourront ainsi rappeler aux enseignes concernées ce qu'elles risquent, à savoir un contravention de 5ème classe pouvant aller jusqu'à une amende maximale de 1 500 euros, voire 3 000 euros en cas de récidive.

Si cette mesure est d'ores et déjà effective, d'autres dispositions ont également été prises à compter du 1er janvier dernier. Les brochures et autres papiers "à visée commerciale" seront désormais interdits sur les véhicules et leur distribution prohibée. Autre mesure, l'interdiction dans les boîtes aux lettres des "cadeaux non sollicités visant à faire de la promotion commerciale" : exit donc les stylos et autres porte-clés qu'on pouvait parfois y trouver. Ces deux autres interdictions sont elles aussi soumises, à cas de non-respect, à une amende de 5ème classe d'un montant maximal de 1 500 euros.

À lire aussi — Ikea arrête d'imprimer son célèbre catalogue

D'autres dispositions seront mises en place, cette fois-ci à compter du 1er janvier 2023 : les prospectus publicitaires et catalogues faisant de "la promotion commerciale à l'attention des consommateurs" devront alors être imprimés uniquement sur du papier recyclé ou issu de forêts gérées durablement. Ils ne pourront plus non plus contenir d'huiles minérales pour l'impression des textes. Dès 2017, l'Anses, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, mettait en garde les consommateurs contre les huiles minérales (MOH), possédant un caractères "génotoxique et mutagène", dangereux pour la santé.

Ikea et Monoprix ont décidé de supprimer leurs catalogues et prospectus sous format papier

Mais toutes ces nouvelles mesures réglementaires ne sont pas les seules explications à une future baisse du nombre de prospectus dans votre boîte aux lettres. De plus en plus d'enseignes décident elles-mêmes d'arrêter leur diffusion. Dernier exemple en date ? Ikea et son emblématique catalogue qui était pourtant diffusé depuis 70 ans. En 2016, il avait même été distribué à 200 millions d'exemplaires, en 32 langues et dans près de 50 pays. Pour le groupe suédois, "le comportement des consommateurs a changé". Difficile de continuer à imprimer des millions de catalogues pour Ikea qui affiche dans le même temps des ambitions de plus en plus fortes dans le développement durable et la protection de l'environnement.

Du côté de la grande distribution, principal pourvoyeur de catalogues dans les boîtes aux lettres, seule l'enseigne Monoprix a pour le moment fait le choix de s'en priver totalement : début 2019, le distributeur avait annoncé la suppression de toute communication sous format papier, soit environ 30 millions de publicités qui représentaient chaque année 2 400 tonnes de papier.

La fin des prospectus programmée en 2020 par Leclerc, qui continue toujours d'en distribuer en boîtes aux lettres

Si la décision a été facile à prendre pour Monoprix, chez qui le poids des ventes de produits en promotion est dix fois moins important, pour les autres distributeurs, c'est plus compliqué. Interrogé en juin dernier, Emmanuel Fournet, directeur Insight Nielsen France, nous l'avait confié : "15 à 20% du trafic en supermarchés serait lié aux prospectus en moyenne sur toutes les enseignes". Outre leur effet bénéfique sur le nombre de visiteurs en magasin, ils permettent également d'augmenter le chiffre d'affaires du supermarché. "Si un produit lambda est mis en avant sur un prospectus, il se vend quatre fois plus qu'un autre article vendu de manière classique", nous avait précisé le spécialiste.

De quoi rendre frileux les groupes Carrefour ou Leclerc, principaux utilisateurs de prospectus. Le groupe E.Leclerc, par l'intermédiaire de son président Michel-Édouard Leclerc, avait pourtant annoncé en 2010 la fin des catalogues papiers pour l'enseigne... d'ici 2020. Le principe de réalité semble donc avoir été le plus fort jusqu'ici. A voir maintenant s'il résistera longtemps à la pression des consommateurs inquiets sur l'impact environnemental de ces communications.

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