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Voyage, bricolage, vêtements... Michel-Édouard Leclerc veut 'aller chercher 1 Md€ de chiffre d'affaires sur le net'

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Voyage, bricolage, vêtements... Michel-Édouard Leclerc veut 'aller chercher 1 Md€ de chiffre d'affaires sur le net'
"Tout le monde est sur le pont", a affirmé Michel-Édouard Leclerc à l'occasion de l'assemblée générale annuelle du groupe E.Leclerc. © Domine Jerome/ABACA
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"Chez E. Leclerc, une rentrée axée sur les prix bas, encore et toujours !", claironnait Michel-Édouard Leclerc sur son blog lundi 20 septembre, à l'occasion de l'assemblée générale du groupement E.Leclerc. S'il y a bien une chose qui ne change pas pour l'enseigne leader de la grande distribution en France, c'est son positionnement sur les prix. Une stratégie menée depuis toujours et qui semble encore fonctionner aujourd'hui : Leclerc a été une nouvelle fois élue en 2021 enseigne préférée des Français pour faire leurs courses.

Un succès qui se lit aussi dans les parts de marché du secteur où le distributeur d'origine bretonne fait la course en tête avec plus de 22% de parts de marché. "Tout le monde est sur le pont", assure ainsi Michel-Edouard Leclerc. L'enseigne ne souhaite pas se contenter d'être le numéro un des courses pour les Français. Elle veut aussi devenir incontournable sur les ventes de produits non alimentaires : textile, produits culturels, jardinage, bricolage, voyages, etc.

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À l'heure où les hypermarchés voient leur fréquentation baisser, où la concurrence des discounters comme Action ou GiFi se fait de plus en plus importante et où internet est devenu incontournable, Leclerc souhaite plus que jamais continuer à faire la course en tête.

Business Insider France : Comment se porte aujourd'hui les ventes des secteurs non alimentaires pour l'enseigne E.Leclerc ?

Michel-Édouard Leclerc : En 2020, Leclerc a réalisé 7,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur le non alimentaire. Ce qui représente 18% du chiffre d'affaire total de l'enseigne, sans l'énergie et les services. Et si on rajoute ces deux éléments, 30% du chiffre d'affaires. Un petit tiers de l'activité de Leclerc aujourd'hui est sur le non alimentaire.

La pandémie de Covid-19 a-t-elle impacté les ventes de produits non alimentaires au sein de votre enseigne ?

Oui, forcément. Le tourisme a par exemple été sinistré. En 2020, les ventes de produits textiles ont reculé de 6,5% chez Leclerc, même si cela représentait encore 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires. À l'inverse, le bricolage, le jardinage et l'animalerie ont connu une croissance de + 17% l'année dernière.

Le non alimentaire va-t-il continuer de progresser dans les années à venir chez Leclerc ?

Oui. On a tenu ce matin (ndlr : lundi 20 septembre 2021) notre Assemblée Générale, j'ai beaucoup insisté sur le fait que c'était un facteur différenciant par rapport à Lidl, Aldi, Netto et même Système U par exemple, dont la taille moyenne des magasins ne permet pas d'avoir une offre aussi conséquente que chez nous.

Dans les années à venir, la part du budget consacré par les Français à l'alimentaire va continuer de baisser, de mon point de vue. À cause notamment des dépenses contraintes, comme le transport, le logement, etc. Mais aussi du fait que les aspirations de vie se déplacent vers le cadre de vie lui-même : les arts de la table, le bricolage, le jardinage... Le développement des ventes de produits non alimentaires et des services va donc devenir un vrai relai de croissance à l'avenir.

La part de marché sur l'alimentaire de Leclerc a-t-elle atteint un plafond ?

Nous sommes actuellement à environ 22% de part de marché sur les produits alimentaires destinés aux courses du quotidien. Nous avons des relais de croissance externes, avec, par exemple, l'ouverture de relais piéton en centre-ville. Mais le coût d'accès au foncier grève la performance. Alors que sur les produits non alimentaires, on part de plus bas. On peut donc doubler notre part de marché plus facilement avec un coût de développement plus faible que sur l'alimentaire.

Quels sont les objectifs de Leclerc sur le non alimentaire pour les années à venir ?

Des objectifs chiffrés existent bien sûr, mais nous ne souhaitons pas communiquer dessus. Pour le moment, nous souhaitons travailler trois axes en priorité : les hypermarchés, nos magasins spécialisés et internet.

Pour nos hypermarchés, on a identifié sept catégories prioritaires à développer : le textile, la décoration, le petit électroménager, le multimédia, l'animalerie, le jardinage et le bricolage. On travaille du coup à faire venir nos clients dans nos magasins de villes moyennes et à éviter leur évasion vers les grands centres commerciaux et les magasins comme Ikea, Leroy Merlin, etc.

Et pour vos magasins spécialisés ?

Nous avons actuellement 1 200 magasins de ce type. Cela comprend la parapharmacie, les espaces culturels, les magasins Leclerc Occasion ou Leclerc Voyages, ou encore nos points de vente spécialisés dans le jardinage par exemple. On aimerait pouvoir en ouvrir plus, on a des ambitions, mais les ouvertures se font au gré des autorisations administratives. On n'est pas maître du temps.

Votre dernier axe de développement sur le non alimentaire est sur internet. Ne craignez-vous pas de concurrencer vos ventes en magasins ?

Sur les cinq ans qui viennent, nous avons un milliard d'euros de chiffre d'affaires à aller chercher sur le non alimentaire, en majorité sur le net. On n'est pas forcément pressés de cannibaliser nos hypermarchés effectivement, mais les investissements d'Amazon, de Cdiscount et de quelques autres concurrents, ainsi que l'émergence de plateformes multi-produits sont comme une invitation à développer l'omnicanalité (ndlr : l'intégration de tous les canaux de vente, magasin, internet...) pour Leclerc.

Comment comptez-vous procéder ?

Proposer la globalité de notre offre sur un portail, ce n'est pas encore gagné, on doit y travailler. Cela permettra ne serait-ce que de se faire livrer dans un hyper ou un relais, et donc de compléter l'offre du magasin sans le coût de gestion du stock et du foncier. Cela pour donner les moyens à nos moyennes surfaces de rivaliser avec les grandes plateformes.

Vous allez donc lancer un site internet unique pour Leclerc, comprenant les courses alimentaires, la billetterie, l'occasion, les bijoux, etc ?

Ce n'est pas tranché. Pour le moment, nous avons 2 canaux : le site du drive et le site e.leclerc. À la fin du mois d'octobre, c'est une nouveauté, les clients de l'enseigne pourront utiliser le même compte pour se rendre sur le site du drive ou sur le site e.leclerc.

Sur votre blog, vous avez parlé de la création d'une gamme de produits non alimentaires plus durables. Comment comptez-vous procéder ?

Chaque chef de marché intègre dans sa feuille de route un cahier des charges RSE (ndlr : Responsabilité Sociétale des Entreprises) qui couvre à la fois la composition des produits, les conditions de production, la moindre émission de CO2, etc. Mais aussi les possibilités de relocalisation.

Est-ce que cela signifie que Leclerc veut tendre vers la fin des produits "Made in China" ?

Oui, si on peut fabriquer au Portugal, par exemple, plutôt qu'en Chine, cela réduit les émissions de CO2. On part de loin sur le non alimentaire, mais la flambée des prix des transport sur la route de la Soie, comme la croissance des coûts de production sur le marché chinois qui veut monter en gamme, nous encourage à une relocalisation européenne.

Craignez-vous la concurrence des discounters comme Action sur le non alimentaire, voire de Lidl qui a de très bons résultats sur ce secteur ?

Il n'y a pas de petits concurrents, nous on s'intéresse à tout le monde. Parce que petit deviendra grand, on l'a démontré chez Leclerc avec notre propre évolution. Mais Action ou Lidl agissent comme des banderilles sur le non alimentaire. Ce n'est pas eux la vraie menace. La vraie menace, c'est par rapport à l'ampleur du marché. Sur internet notamment, les vrais concurrents se sont Boulanger, Leroy Merlin, en passant par Cdiscount, Veepee ou Rakuten. Tout ce marché se développe et voit un nombre d'acteur se multiplier, y compris pour les grandes marques qui pourraient se mettre à livrer directement. L'Oréal serait par exemple tout à fait capable de créer son propre site de vente de maquillage. C'est donc à nous de montrer plus que jamais aux industriels notre utilité, mais aussi le rapport de confiance que l'on a avec nos clients. Pour leur prouver qu'on est incontournables.

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