Une menace à 226.000Mds$ plane sur les marchés financiers, selon l'économiste française Hélène Rey

L'économiste Hélène Rey au Forum économique mondial de Davos, 24 janvier 2018. WEF/Capture d'écran

DAVOS, Suisse — Les patrons réunis à Davos cette semaine pour le Forum économique mondial (WEF) ont le moral. Et pour cause: les marchés se portent très bien et les indicateurs macro-économiques sont dans le vert.

Deux questions se posent donc aux participants présents dans la station de ski suisse: comment mieux répartir ces richesses et quand est-ce que la fête sera finie

Interrogée lors d'un panel sur une possible crise financière en 2018, l'économiste française Hélène Rey, professeur à la London School of Economics, s'est bien gardée de faire un pronostic. Mais elle a mis en exergue une menace réelle pour les marchés aujourd'hui:

"Ce qui reste un facteur important de risque, c'est le montant de la dette dans l'économie".

L'Institute of International Finance estimait fin 2017 que l'ensemble des dettes accumulées dans le monde s'élevait à 226.000 milliards de dollars (192.000 milliards d'euros), un montant équivalent à plus de trois fois l'activité économique annuelle de la planète.

Hélène Rey estime que cette dette colossale est un "facteur de risque élevé":

"Cette dette publique et privée est un héritage de la crise précédente. Or, parfois une dette privée devient une dette publique — on l'a vu dans le passé. Ce qui est frappant, à ce jour, est que nous sommes toujours dans une économie qui a beaucoup de dette. Selon les pays, c'est surtout une dette publique, une dette des ménages ou des entreprises. Mais c'est un facteur de risque élevé. Surtout après une période de boom des crédits. (...) Nous sommes dans une phase de taux d'intérêts qui remontent, c'est bon signe car ça veut dire que l'on se porte mieux. Mais il y a toujours un danger que les taux d'intérêt augmentent plus vite que d'autre."

Plutôt qu'à une crise, il faudrait donc s'attendre à une grosse correction. Et si les marchés ont plutôt réagi positivement à ce qui était envisagé encore comme des risques géopolitiques — l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, le vote en faveur du Brexit au Royaume-Uni — les économistes sont moins sereins vis-à-vis du risque technologique et d'une cyberattaque globale.

"Les algorithmes sont un facteur de risque majeur. C'est un sujet — et la cybersécurité en général — dont on parle énormément dans les milieux universitaires, mais ça ne veut pas dire qu'on a des solutions. Je le rajouterai aux grandes menaces qui pourraient faire dérailler les marchés financiers", a ainsi ajouté Hélène Rey.

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