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'White Lines' sur Netflix : la nouvelle série du créateur de 'La Casa de Papel' est un thriller qui sent le réchauffé

'White Lines' sur Netflix : la nouvelle série du créateur de 'La Casa de Papel' est un thriller qui sent le réchauffé
"White Lines' d'Alex Pina, sur Netflix. © Netflix

Netflix unit les esprits créatifs de deux de ses séries européennes les plus emblématiques dans “White Lines”, qui débarque ce vendredi 15 mai sur la plateforme. Alex Pina, créateur de “La Casa de Papel”, fait équipe avec Left Bank Pictures, la société de production de “The Crown”, pour créer ce thriller en 10 épisodes qui — sur le papier — réunit tous les ingrédients pour en faire un divertissement estival palpitant, avec du soleil, des fêtes et de l'action.

“White Lines” se déroule à travers deux décennies (les années 1990 et 2020), deux pays, et deux langues (la VO est autant en anglais qu'en espagnol). Elle raconte le séjour à Ibiza de Zoe Walker, une Britannique proche de la quarantaine, qui se rend sur l’île espagnole pour enquêter sur la disparition, 20 ans plus tôt, de son frère Axel, dont le corps vient d’être retrouvé. Le jeune homme avait quitté Manchester avec ses amis pour refaire sa vie et devenir DJ dans la capitale de la fête. Evidemment, les circonstances de son décès sont floues, et Zoe va découvrir que le groupe d’amis, qui vit toujours sur l’île, garde de nombreux secrets.

Deux d’entre eux se sont mariés et ont eu des enfants, avant de divorcer. Un autre organise des séances de méditation et des retraites spirituelles. Quant à l’héritier de la famille à la tête de plusieurs établissements sur l’île, il doit négocier avec des trafiquants de drogue afin de convaincre les autorités d’autoriser son projet de casino.

Dès le premier épisode, la série nous bombarde d’images tape à l’oeil : des grandes villas avec piscine dans les collines, des fêtes géantes en plein air, des scènes de sexe, de la drogue… La série tient son nom des rails de cocaïne, comme nous le rappelle le générique. On a l’impression que les auteurs de la série souhaitent cocher toutes les cases de ce que représente Ibiza dans l’imaginaire collectif, sans vraiment chercher à faire un portrait authentique de l’île. Heureusement, les nombreux flashbacks dans les années 90 donnent un peu d’âme à la série, qui regarde cette époque avec nostalgie, notamment grâce à sa bande-son qui fait la part belle à la house music.

Une fin satisfaisante si vous arrivez à tenir jusque là

Mais malheureusement, “White Lines” ressort trop souvent les vieilles recettes du thriller : les trafiquants parlent avec un accent d’Europe de l’Est, les hommes d’affaires corrompus ont des hommes de main aux lunettes noires et gros bras, la nudité est souvent présente et rarement justifiée.

La série abuse également d’un procédé trop souvent utilisé en télé pour maintenir artificiellement le suspense. Ainsi, la plupart des épisodes débutent par un bond en avant dans le temps, avant de revenir en arrière pour découvrir comment l’intrigue en est arrivée là, sans vraiment que ça soit justifié.

On aurait quand même pu passer un bon moment si les tentatives d’humour n’était pas aussi lourdes, et si les scènes d’action étaient un peu plus palpitantes. Mais, en dehors d’une course poursuite au début du troisième épisode, elles peinent à nous tenir en haleine.

Au-delà du thriller et de l’enquête, “White Lines” s’avère en fait être une quête initiatique — sous forme de crise de la quarantaine — pour son héroïne, Zoe. Ces moments introspectifs sont appuyés par des dialogues avec sa psy (en visio), qui certes alourdissent la narration, mais qui permettent de donner du sens à cette histoire. Zoe finira par comprendre la source de son mal être et quel type de personne était réellement son grand frère, qu’elle idolâtrait adolescente. Sur ce point, la série offre une conclusion satisfaisante, si vous arrivez au bout des dix épisodes.

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