L'épicerie bio achetée près de 14 Mds$ par Amazon arrive discrètement en France — et c'est un signe de plus qui montre les ambitions alimentaires du e-commerçant

Dans un supermarché Whole Foods. Facebook/Whole Foods Market

Une sélection de produits Whole Foods est désormais disponible sur Amazon en France, mais aussi en Allemagne, en Italie et en Espagne. C'est la première fois que la marque est disponible sur le continent européen, hors Royaume-Uni où elle exploite sept supermarchés.

Rachetée par Amazon en juin 2017, pour 13,7 milliards de dollars, la chaîne Whole Foods est un distributeur spécialisé dans l'épicerie bio haut de gamme et compte aujourd'hui près de 475 magasins aux Etats-Unis principalement, mais aussi au Canada et au Royaume-Uni.

Depuis quelques jours, des produits alimentaires secs estampillés Whole Foods sont présentés sur Amazon, comme le révèle le site belge spécialisé Retail Detail. On trouve ainsi des noix de cajou, des amandes entières, des raisins secs, du riz... des produits qui n'entraînent pas une logistique très contraignante.

Capture d'écran du site amazon.fr mercredi 16 janvier 2019.

Un kilo de "quinoa biologique" est ainsi affiché à 11,20 euros et la livraison est gratuite dès 25 euros d'achat en France. L'emballage, plutôt épuré, présente des informations en cinq langues : anglais, allemand, français, italien et espagnol. On y découvre par exemple que le conditionnement est réalisé au Royaume-Uni.

Whole Foods se sert donc de sa tête de pont britannique pour s'introduire en Europe continentale, une zone où il n'a pas de magasins physiques. Comme Mark&Spencer avant lui, Whole Foods expédiera les commandes depuis le Royaume-Uni.

"C'est un système qui coûte plus cher mais qui en contrepartie est facile à mettre en place", a expliqué Yves Marin, associé chez Bartle et spécialiste de la distribution, à Business Insider France. 

"Amazon est dans un processus malin de 'test&learn'. En commençant par les produits secs, il évite les produits à contraintes et peut mener son expérimentation facilement."

"L'idée est de tester le potentiel de marque de Whole Foods, méconnue en Europe, tout en poussant sa stratégie omnicanale."

Amazon joue ainsi sur deux tableaux. D'un côté le 'web to store', c'est-à-dire l'utilisation des magasins physiques de Whole Foods pour servir de point de retrait de marchandises achetées en ligne. De l'autre le 'store to web', qui utilise le magasin physique comme un entrepôt pour ensuite envoyer la marchandise aux clients. 

"Amazon est en phase de test et si ce test est concluant, il n'aura aucun mal à organiser une supply chain par la suite", ajoute Yves Marin.  

"Cela ne doit pas faire peur pour autant à la grande distribution traditionnelle. En parallèle Amazon discute avec tout le monde — et pas uniquement avec son partenaire Monoprix (groupe Casino). La logique d'Amazon est de créer des effets de leviers, en poussant sa marque tout en multipliant les points de contacts avec des partenaires. C'est une logique de ET et pas de OU", estime encore Yves Marin. 

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