Le fondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg. REUTERS/Jose Miguel Gomez

La Commission européenne a imposé une amende de 110 millions d'euros à Facebook pour avoir fourni des informations trompeuses sur son projet d'acquisition de la messagerie mobile WhatsApp en 2014, annonce l'exécutif européen.

C'est la première fois que la Commission adopte une décision infligeant des amendes à une entreprise pour la fourniture d'un renseignement inexact ou dénaturé depuis l'entrée en vigueur du règlement sur les concentrations de 2004, précise Bruxelles.

Cette décision intervient à l'issue de six mois d'enquête mais elle n'a aucune incidence sur la décision de la Commission d'octobre 2014 d'autoriser l'opération de rachat.

C'est un sérieux avertissement pour les autres sociétés susceptibles d'avoir le même type de pratiques.

"La décision d'aujourd'hui envoie un signal fort aux entreprises, montrant qu'elles doivent respecter tous les aspects du règlement de l'UE sur les concentrations, y compris l'obligation de fournir des informations exactes. Et elle impose à Facebook une amende proportionnée et dissuasive. La Commission doit être en mesure de prendre des décisions en pleine connaissance de cause", explique Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la politique de concurrence, citée dans un communiqué.

Facebook avait, lors de l'enquête sur le projet de rachat de WhatsApp, affirmé à la Commission européenne que la société ne "serait pas en mesure d'associer automatiquement et de manière fiable les comptes d'utilisateurs des deux sociétés".

Or, en août 2016, WhatsApp a annoncé des mises à jour de ses conditions générales d'utilisation et de sa politique de confidentialité, y compris la possibilité d'associer les numéros de téléphone des utilisateurs de WhatsApp aux profils d'utilisateur de Facebook.

"L'annonce d'aujourd'hui met un point final à cette affaire", a dit Facebook.

Bruxelles a donc découvert que cela était techniquement possible à ce moment-là.

Margrethe Vestager, a déclaré en mars lors d'une conférence de presse, qu'une petite poignée d'entreprises ont pu fournir des informations trompeuses dans le cadre de leur demande d'autorisation d'un projet de fusion.

En France, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) vient de prononcer mardi une sanction de 150.000 euros à l'encontre de Facebook et de sa filiale européenne Facebook Ireland pour avoir pister ses utilisateurs sur d'autres sites à des fins publicitaires.

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