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  • L'application Messenger Kids de Facebook va être lancée en dehors des États-Unis pour la première fois, au Canada et au Pérou.
  • L'application de messagerie destinée aux enfants a été très critiquée par des lobbys qui estiment que les enfants ne sont pas prêts pour les réseaux sociaux.
  • Facebook ajoute également de nouvelles fonctionnalités à l'application, censées promouvoir "la gentillesse".

Au moment de l'annonce par Facebook du lancement de Messenger Kids, une application de messagerie destinée aux enfants, les lobbys de protection de l'enfance sont largement montés au créneau — mais le groupe américain n'a pas fait machine arrière.

Facebook lance maintenant l'application dans d'autres pays que les États-Unis, pour la première fois, comme cela a été annoncé vendredi 22 juin, et lui ajoute de nouvelles fonctionnalités, censées encourager "la gentillesse" et la bonne conduite. L'application est maintenant disponible au Canada et au Pérou, et des versions en espagnol et en français ont été introduites. 

Messenger Kids est en fait une version modifiée de l'application Facebook Messenger pour que les plus jeunes enfants puissent s'inscrire sur Facebook. Les parents gèrent les comptes de leurs enfants et leurs demandes d'ajouts d'amis. Il n'y a pas de publicité et les enfants ne sont pas obligés d'utiliser leurs vrais noms et prénoms.

En janvier 2018, une coalition de groupes de pression et de chercheurs comme l'Association pour une enfance sans publicité (Campaign for a Commercial-Free Childhood), l'Union pour les libertés publiques américaines du Massachussets (ACLU of Massachusetts) et la Coalition des parents pour la protection de la vie privée des élèves (Parent Coalition for Student Privacy) ont écrit une lettre à Mark Zuckerberg lui demandant de retirer l'application.

"De plus en plus de recherches démontrent que l'utilisation excessive des dispositifs numériques et des réseaux sociaux est néfaste pour les enfants et les adolescents, donc il est fort probable que cette application déstabilise le bon développement des enfants," ont-ils écrit.

"Les jeunes enfants ne sont tout simplement pas prêts à avoir des comptes sur les réseaux sociaux. Ils ne sont pas assez mâtures pour saisir la complexité des relations virtuelles, qui mènent parfois aux malentendus et aux conflits même chez les utilisateurs plus âgés. Ils ne saisissent pas bien non plus la notion de vie privée, comme ce qu'on peut partager avec autrui et qui peut avoir accès à nos conversations, nos photos, et nos vidéos".

D'autres sont plus optimistes et estiment que l'application permet aux enfants d'avoir un espace protégé pour se familiariser aux réseaux sociaux. Sarah Perez de TechCrunch a écrit: "Beaucoup de parents choisissent l'autre alternative à Messenger Kids— ils refusent toutes les applications de réseaux sociaux jusqu'à ce que leur enfant atteigne un certain âge puis ils le jettent dans la fosse aux lions qu'est internet. Est-ce vraiment mieux?"

Dans l'annonce de vendredi, Facebook a dit: "On a conçu Messenger Kids à partir de rien, avec des éléments qui apprennent aux enfants à mieux comprendre et exprimer leurs émotions avec créativité, qui encouragent et favorisent des comportements sociaux sains et qui renforcent des liens positifs entre les enfants et leurs plus proches amis et familles".

De nombreuses nouvelles fonctionnalités ont été annoncées. Il y a désormais un "règlement" que les parents doivent lire et accepter avec leurs enfants, qui "les protège" et les engage à être "respectueux". Des "Stickers Gentillesse" seront aussi ajoutés qui "sont conçus pour inspirer la gentillesse envers les autres" et une Mission Gratitude, "un guide interactif, dans l'application, qui encouragera les enfants à découvrir et à exprimer leur gratitude à leurs amis et à leur famille".

"Nous nous sommes engagés à créer de meilleurs produits pour les familles, dont Messenger Kids. Cela signifie qu'il faut écouter les parents, les experts et les détracteurs. C'est ce pour quoi nous avons engagé la discussion avec de nombreux groupes de pression l'année précédent le lancement et qu'on a continué à le faire cette année, pendant qu'on se préparait pour apporter Messenger Kids aux familles canadiennes et péruviennes," a déclaré un porte-parole de Facebook à Business Insider US.

Version originale: Rob Price/Business Insider

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