Les aurores boréales et d'autres disparaissent de certaines parties de la Terre — mais les scientifiques anticipent déjà leur grand retour

L'aurore australe le 25 juin 2017, vue de la Station Spatiale Internationale. NASA

On commence d'abord par la mauvaise nouvelle pour les observateurs d'étoiles: les aurores s'évanouissent dans plusieurs parties du monde. 

Le nombre de ces spectacles de lumières atmosphériques ne diminuera pas pendant plusieurs années, ce qui signifie que les lieux éloignés des pôles terrestres — comme le Royaume-Uni et le nord des Etats-Unis — ne verront rarement voire jamais d'aurores boréales pendant cette période. Une étude publiée plus tôt cette année fait allusion à cette pénurie d'aurores qui pourrait durer des décennies.

Mais il y a aussi beaucoup de bonnes nouvelles. 

Cette diminution des aurores est normale et prévue, puisqu'elle est liée à un cycle de 11 années d'activité solaire qui connaît des fluctuations. Le soleil vient juste de terminer son dernier pic, appelé "maximum solaire", en 2014, une période durant laquelle les chercheurs ont aperçu plus de taches solaires, d'éclats de particules solaires, et d'aurores sur Terre. Quand le minimum solaire arrivera — aux alentours de 2020 ou 2021 — l'inverse se produira. 

"Ma prédiction personnelle est que, durant les prochaines années, nous verrons une forte diminution de l'activité solaire jusqu'à un minimum solaire, et nous apercevrons de moins en moins d'aurores", a dit Doug Biesecker, un physicien au Space Weather Prediction Center de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), à Business Insider.

Aurora Borealis près du village de Pallas, en Laponie. Thomson Reuters

Cela ne veut pas dire que la Terre sera privée d'aurores; n'importe qui peut voyager vers les régions Arctique et Antarctique où les aurores sont récurrentes la nuit. 

De plus, Business Insider a appris que le prochain maximum solaire, attendu en 2025, devrait être aussi puissant voire plus que celui que nous venons juste d'apercevoir, ce qui pourrait provoquer une éventuelle augmentation du nombre d'aurores à des latitudes plus basses.

"Il y a aura une croissance de l'activité solaire quelques années après le minimum solaire, et il devrait y avoir une augmentation de la fréquence des aurores," a dit Dean Pesnell, physicien solaire au Goddard Space Flight Center de la NASA, à Business Insider.

Dean Pesnell et ses collègues viennent tout juste de soumettre une étude jusqu'à maintenant inédite au sujet de cette prédiction, qui se base sur l'activité magnétique aux pôles du soleil. Mais Biesecker dit qu'en se basant sur les fluctuations historiques du cycle solaire, "j'ai pu prévoir un minimum au plus tôt en 2019 et un maximum au plus tôt en 2022."

Et l'autre bonne nouvelle? La décennie sans d'aurores pourrait ne jamais arriver. 

Le problème avec la prédiction des aurores

Le soleil montrant des niveaux d'activité élevés. NASA/SDO

Le soleil envoie constamment des protons et autres particules dans l'espace, et quand elles atteignent la Terre, elles sont captées par le champ magnétique de la planète et projetées vers les pôles. Quand ces particules entrent en collision avec l'atmosphère, elles illuminent ses gaz comme des néons. 

Cela arrive chaque nuit près des pôles terrestres, mais de puissantes éjections de particules solaires, comme les éjections de masse coronale, peuvent parfois étendre les aurores plus bas vers des états comme le Maine, au Dakota du Nord, à New York et même dans le Colorado. Et durant un maximum solaire, de telles éjections de particules sont plus fréquentes (mais pas nécessairement plus intenses). 

"Les endroits où les aurores sont fréquentes, elle continueront à y être fréquentes. C'est plus un cas de, "est-ce-qu'au Colorado et en Dakota du Nord, ça sera visible?'" dit Biesecker. "Malheureusement, pas tellement durant un minimum solaire."

Plus tôt cette année, une étude en janvier dans Nature Scientific Reports a fait allusion à la prochaine baisse d'activité solaire qui pourrait durer des décennies. Les chercheurs ont examiné les dernières 400 années d'enregistrements de l'activité solaire, et un modèle informatique a indiqué que la Terre devrait avoir quelques cycles solaires de 11 ans en plus — et une pénurie d'aurores qui en résulterait. 

Pourtant, les chercheurs Biesecker et Pesnell disent qu'il est affreusement difficile de faire confiance aux prédictions sur le long terme. 

Sunspots, like the one shown here are cooler than their surroundings, which is why they appear dark. NASA Goddard on YouTube

Les enregistrements plus vieux que 250 ans ne sont pas très fiables, dit Biesecker. 

Il est même difficile de faire confiance aux observations des taches solaires — la marque de l'activité solaire — des dernières 250 années, en partie parce qu'elles sont subjectives; un astronome pouvait voir une tache solaire et un autre en observer deux. Mais les physiciens solaires peuvent toujours contacter quiconque ayant enregistré les observations précédentes.

"Une nouvelle valeur apparaît essentiellement une fois tous les onze ans. Donc très peu de gens ont l'occasion d'observer deux ou trois cycles solaires durant leur recherche," dit Pesnell. "Soit ils passent à autre chose, soit ils meurent."

Ensuite, il y a le chaos du soleil en lui-même. 

Une rotation d'environ 25 jours ou une "journée" du soleil est ce qui stimule l'activité solaire. Cette rotation modifie progressivement les lignes du champ magnétique de l'étoile comme un élastique, formant des noeuds qui peuvent conduire à des taches solaires et des éjections solaires. Pourtant, ces acrobaties en surface ne semblent pas affecter quoi que ce soit à l'intérieur même du soleil — la pression et la densité semblent contrebalancer entièrement l'influence sur la surface. 

Cela veut dire que l'étoile n'a aucune sorte de "mémoire" à long terme que les scientifiques peuvent exploiter pour prédire son comportement plus que de quelques années. 

"Il n'y a pas de preuve tangible que le soleil 'sache' qu'il est supposé s'affaiblir ou retourner à la normale dans un futur cycle de 11 ans," dit Biesecker.

Pour l'instant, les chercheurs disent que tout ce qu'ils peuvent faire est d'attendre pour voir s'il y a autant ou plus d'aurores tandis que le soleil arrive à son prochain maximum en 2025. "D'ici huit ans," dit Pesnell, "nous saurons si notre prédiction était bonne."

Version originale: Dave Mosher/Business Insider

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  1. Vincent

    Le soleil annonce un nouveau refroidissement climatique. Depuis la nuit des temps, il y a des changements climatiques. Des périodes de froid succèdent à des périodes chaudes. Depuis peu, les changements climatiques sont attribués à l’homme! L’homme jouerait un rôle néfaste en multipliant les émissions de CO2. Le CO2 aurait pour effet de provoquer un réchauffement. Pourtant, un refroidissement se prépare. Il découle de la découverte de l’astronome Valentina Zharkova. Cette découverte est capitale : les taches solaires peuvent être prédites et elles sont signe de réchauffement s’il y en a beaucoup, de refroidissement s’il y en a peu.

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